Soutenu par l’Ademe dans le cadre du programme Extrême Défi Mobilité, Décarmob’Reizh s’est concrétisé dès 2025 par cinq expérimentations en Bretagne où des utilitaires diesel ont été remplacés par des véhicules intermédiaires légers (vélis). Dans sa lettre d’information du 11 juin 2026, l’agence de la transition écologique en donne des échos en interrogeant Alexis Avenel, chargé de mission aux Boîtes à Vélo Bretagne.
A deux, trois ou quatre roues, les vélis sont le plus souvent des véhicules légers électriques à batterie qui peuvent adopter différentes formes pour répondre au plus près des besoins très divers des utilisateurs. Pour nombre d’applications, ils peuvent remplacer de bruyants et polluants utilitaires diesel. Par exemple, pour l’entretien des espaces verts, la propreté urbaine, des interventions de maintenance, etc.
« L’idée, c’est vraiment de trouver le bon véhicule pour le bon usage », a expliqué Alexis Avenel à travers la lettre d’information de l’Ademe. En prolongement, le dispositif d’accompagnement lancé en 2026 dans le pays espère développer l’usage des vélis pour les flottes de collectivités et des entreprises, le tourisme, la logistique, la santé et la mobilité inclusive.
La liste des bienfaits est longue : tranquillité des riverains et promeneurs, diminution des coûts d’usage, suppression de la pollution locale, grosse réduction de l’empreinte carbone sur le cycle de vie, image de la structure qui exploite ces véhicules, exemple concret de sobriété énergétique qui fonctionne, sérénité du personnel, etc.
En Bretagne, le programme Décarmob’Reizh s’est concrétisé sur le terrain avec cinq expérimentations, dans trois regroupées sur le secteur de Rennes. Pour la métropole, plusieurs vélis fabriqués en France, et dont certains capables de tracter des remorques pour loger par exemple des outils, ont été testés dans des situations réelles. Ils ont ainsi servi dans les parcs et jardins du territoire (1 000 hectares) pour les tailles végétales, le désherbage et l’entretien de massifs floraux.
Entre le vélo et l’utilitaire classique, les vélis s’utilisent en pédalant. Grâce à leurs dimensions réduites, ils circulent aisément sur les sentiers. De son côté, la Région a testé ces mêmes engins le long des canaux (600 km) en empruntant silencieusement les chemins de hallage sans poser problème aux cyclistes qui arrivaient en sens inverse. Là aussi il s’agissait d’effectuer des opérations d’entretien des espaces verts, mais aussi d’ouvrir et fermer les écluses en fonction des besoins.
Une troisième expérimentation s’est déroulé dans le cadre du technicentre industriel de la SNCF. Ici sont rénovées des pièces des systèmes de freinage, mais aussi transformés ou modernisés des wagons et motrices de TGV. L’établissement est à cheval sur deux sites distants de 1,5 km. D’où des besoins très fréquents d’aller de l’un à l’autre pour amener des outils, des pièces et divers autres éléments sur les différents chantiers. Les vélis ont ici remplacé autant des utilitaires diesel que des voitures électriques habituellement en service.
La plupart des vélis sont alignés sur la directive européenne de référence pour les vélos à assistance électrique. D’où l’obligation de pédalage et une vitesse limitée à 25 km/h. Avec d’autres, cette dernière est relevée à 45. C’est le cas du modèle en bois Woodytruck fabriqué par Humbird et exploité dans le Finistère par l’association des Genêts d’Or pour l’ESAT de Ploudalmézeau. Pouvant transporter trois personnes toutes appelées à pédaler, l’engin a été à l’arrière équipé d’une volumineuse caisse pour embarquer plein de matériel, par exemple des tondeuses et débroussailleuses.
Le constructeur a réalisé sur mesure ce véli à partir d’un cahier des charges précis. Ici , « les véhicules ont permis à de petites équipes de gagner en autonomie et d’intervenir plus facilement sur des chantiers locaux sans dépendre systématiquement d’un gros véhicule ni d’un accompagnateur disposant du permis », a souligné l’Ademe.
Pour la collectivité de Lorient, des équipements de nettoyage basse pression ont été intégrés aux véhicules pour le nettoyage des corbeilles urbaines après collecte des déchets également pris en charge par l’engin adapté à ces besoins.
Au total, Pour les cinq expérimentations bretonnes, une vingtaine de véhicules (10 modèles différents) ont été testés pendant un mois. En amont, il y a eu un travail d’identification des besoins (nombre de personnes à transporter, outils et matériels embarqués, fréquence des déplacements, type de terrain) pour choisir les modèles les plus adaptés et d’éventuelles modifications. Ont participé à cette phase aussi bien les responsables des structures que les agents de terrain, avec l’aide du cabinet « Dessine-moi demain ».
L’acceptabilité avec les utilisateurs n’a pas toujours été très simple. C’est ce qu’a indiqué Alexis Avenel : « On a vu des agents démarrer l’expérimentation les bras croisés en disant ‘Jamais de la vie’. Et puis, à la fin, la plupart reconnaissent finalement qu’ils seraient prêts à utiliser ce type de véhicule dans leur quotidien ». Ensuite sont remonté différents points positifs parmi lesquels la maniabilité, le silence, des déplacements facilités entre des sites, une réduction de la pénibilité de certaines tâches, etc.
Ne pas oublier l’intérêt économique : « Aujourd’hui, un véhicule utilitaire multiservice peut coûter autour de 60 000 euros. A ce prix-là, une collectivité peut se procurer deux ou trois vélis ». En outre, les coûts de maintenance sont également réduits, car ces véhicules sont plus simples techniquement.
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