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Faut-il une crise des carburants pour rendre l’électrique désirable ? Rédigé par Philippe Schwoerer le 20 Mar 2026 à 06:00 0 commentaires

Avec l’augmentation du prix des carburants, la proportion des électriques dans les voitures vendues en concessions a tendance à augmenter. Un phénomène durable ?

 

Phénomènes rodés

Il y a encore quelques semaines, bien des électromobilistes pouvaient témoigner de petites plaisanteries habituelles parce qu’ils roulent en voitures électriques. Entre collègues ou dans les réunions de famille, les discours ne sont plus tout à fait les mêmes aujourd’hui.

En consultant la carte des prix des carburants, on s’aperçoit que l’essence et/ou le gazole sont parfois déjà au-dessus des 2,25 euros. Ce ne sont encore que des cas rares, mais l’on sait comment ça se passe quand les automobilistes craignent de fortes augmentations des tarifs à la pompe et/ou des pénurie dans les stations : c’est la queue pour avoir quasi en permanence le plein.

Un réflexe qui se comprend, mais qui amplifie plutôt ces phénomènes. En parallèle, le covoiturage, les transports en commun, le vélo, la marche, la multi-modalité pour les déplacements quotidiens retrouvent de l’intérêt auprès des automobilistes. Les voitures électriques aussi.

 

Arguments à géométrie variable

Lorsque l’essence ou le gazole sont au plus bas à la pompe, vers 1,60 euros comme c’était encore le cas il y a peu, pourquoi se presser à adopter l’électrique ? Au fur et à mesure que les VE rendent totalement dépassés la plupart des véritables freins à leur adoption, les propos à la machine à café ou sur les réseaux sociaux restent toujours à peu près les mêmes.

L’on entend que la voiture électrique, pour beaucoup, ce ne sera pas tant qu’elle ne permettra pas de parcourir 1 000 km sur l’autoroute sans s’arrêter, tant que la recharge prendra plus de temps que de faire un plein d’essence, tant que leurs prix seront plus élevés que pour les thermiques, etc.

Mais voilà qu’avec une petite flambée des prix, ces arguments passent au second plan. Et là, on prend sa calculette et on fait des estimations sur le long terme. Et pour qui peut recharger à la maison et/ou sur le parking de l’entreprise est possible, passer au VE pourrait permettre de conserver son train de vie et sauver les vacances de l’été prochain.

 

Les multiples vertus du VE

L’électrique, c’est pourtant bien plus que des véhicules dont l’intérêt n’existerait que par rapport à l’essence ou au diesel. C’est d’abord une autre conduite, plus cool ou plus sportive, selon les tempéraments. Mais c’est aussi et surtout un moyen d’apporter du positif dans des enjeux majeurs de notre société, et même de notre civilisation.

Depuis la COP21, ce qui est régulièrement mis en avant, c’est de faire le maximum pour freiner le réchauffement climatique et les dérèglements qu’il engendre. Avec une consommation plus raisonnée, l’électrique est effectivement un autre maillon incontournable de cette lutte de niveau mondial et de gravité maximale.

Ce point ne résume cependant pas à lui seul ce que l’électrique peut apporter de vertueux. Il y a aussi l’impact très positif pour la santé publique et l’environnement. Et encore une recherche de moindre dépendance à d’autres pays pour l’énergie. Tout cela est régulièrement oublié quand la seule préoccupation est de préserver son confort personnel.

 

Pour un avenir acceptable

Parmi les améliorations les plus notables ces dernières années concernant les voitures électriques : le réseau de recharge en particulier sur les autoroutes, la capacité des batteries et la vitesse pour les régénérer. La bascule est très nette depuis environ deux ans. C’est ce qui a décidé de nouveaux automobilistes à passer à l’électrique.

L’originalité de cette nouvelle crise des prix des carburants, c’est qu’il y a désormais bien plus d’électromobilistes qui peuvent montrer l’exemple d’une utilisation épanouie des VE. Le potentiel de nouvelles adoptions s’en trouve enrichi. Un phénomène qui pourrait durer et se développer.

Si les actuelles crises géopolitiques perduraient et s’amplifiaient -ce qui n’est bien sûr pas à espérer-, l’année 2026 pourrait devenir celle où la voiture électrique serait beaucoup plus largement perçue comme désirable. Ce qui ferait davantage d’ambassadeurs du VE.

N’oublions pas cependant que, derrière les conflits qui se déroulent en Iran, Ukraine, Russie et Palestine, ce sont des volumes colossaux de CO2 qui sont relâchés dans l’atmosphère. Notre civilisation n’avait vraiment pas besoin de cela alors que les sonneurs d’alertes nous demandent de faire des efforts personnels pour assurer aux jeunes générations et aux générations futures un avenir acceptable.

 

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