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Si Carrefour avait raison de bannir les voitures électriques de certains parkings Rédigé par Philippe Schwoerer le 20 Août 2026 à 06:00 0 commentaires

Depuis quelques jours l’informations se propage dans les médias et sur Internet : Carrefour Belgique a décidé d’interdire le stationnement des voitures électriques en toiture d’une vingtaine de ses magasins. Sont évoqués le surpoids et surtout les difficultés d’intervention en cas d’incendie.

Ces raisons rejoignent un rapport diffusé en France en 2023 et produit par le Conseil général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD) et l’Inspection générale de l’Administration (IGA) qui dépendent respectivement du ministère chargé de l’Ecologie et de celui de l’Intérieur.

Toutefois, du côté de la grande enseigne, quelques progrès semblent être à réaliser au niveau de la communication et du renforcement des structures concernées.

 

Les VE trop lourds ?

Pour bien comprendre cette affaire, le mieux est de remonter aux quelques questions posées par Laxmi Lota de RTL Info à Damien Bytebier, porte-parole de Carrefour Belgique. Bannir les voitures électriques sur ces parkings en toiture des magasins serait à voir comme une mesure de sécurité pour les collaborateurs et clients.

Première raison mise en avant, le surpoids des voitures électriques sur des structures qui ne seraient pas prévues pour cela risquant de provoquer des fissures. Ce premier argument est particulièrement discutable, quand on sait que la mode des monospaces puis des SUV est la première cause de surpoids des véhicules, toutes énergies confondues.

D’ailleurs le rapport du CGEDD et de l’IGA intitulé « Le renforcement de la protection incendie dans les parkings couverts et le déploiement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques » souligne que ces véhicule surdimensionnés sont susceptibles de faciliter la propagation d’un incendie d’un engin à un autre car plus proches dans les travées.

Ici, la communication de Carrefour est au minimum très maladroite. On peut espérer qu’il ne s’agit pas d’un mouvement anti-VE primaire qui se traduirait au final par une légère réduction de la clientèle. Ce ne serait donc pas dans l’intérêt de l’enseigne.

 

Incohérences

Le plus grand nombre des lecteurs des médias ayant diffusé l’information auront sans doute bien compris qu’une Dacia Spring, une Leapmotor T03, une Kia EV2, et une Smart ForTwo ED sont forcément bien moins que les lourds SUV de Mercedes, BMW et quelques marques asiatiques.

Avec plus de 2,5 tonnes, un Mercedes GLS pèse plus de deux fois plus que la nouvelle Renault Twingo E-Tech. Cette dernière est donc interdite de parking en toiture en particulier pour son poids, mais le gros SUV allemand est accepté sans condition. Pour sa crédibilité, Carrefour Belgique doit absolument revoir sa copie et formuler déjà une interdiction d’accès selon le poids du véhicule.

Dans le cas contraire, cela signifierait que cette histoire de poids ne serait qu’un prétexte pour mieux faire passer la pilule. Si problème de poids il y a vraiment, alors, pour la cohérence et la sécurité des collaborateurs comme des client, le défaut d’interdiction d’accès aux parkings en toiture nécessite des travaux très urgents de renforcement de la structure. Ce que Damien Bytebier a pourtant écarté à court terme lors de son entretien avec Laxmi Lota.

 

Difficulté d’intervention en cas d’incendie

Mais peut-être que la seule est vraie raison du bannissement des véhicules électriques dans ces espaces est la difficulté à maîtriser un incendie les concernant. Rappelons déjà, qu’en proportion, les VE s’enflamment moins souvent que les VT. Moins souvent ne veut toutefois pas dire jamais. Et c’est là, justement, que le rapport du CGEDD et de l’IGA donne raison à Carrefour Belgique de s’inquiéter, pointant la violence inhabituelle des incendies de VE.

Le document met également en avant que les moyens d’interventions en extérieur ne peuvent pas toujours être exploités dans les parkings souterrains en particulier. Par exemple plonger le véhicule dans un bac individuel contenant plusieurs dizaines de milliers de litres d’eau. Pas simple non plus en toiture. Et c’est bien cela que Damien Bytebier explique en deuxième raison : « C’est plus difficile pour les véhicules des services de secours d’intervenir en cas d’incendie sur le toit d’un bâtiment que sur le parking au sol ».

Sans compter le surpoids de ce dispositif à un endroit du parking dont la structure peut aussi se fragiliser avec les très fortes températures et la masse des véhicules de secours. D’ailleurs, du fait du volume de ces engins, leur accès est-il simplement possible en toiture ? Se pose également la question d’avoir déjà sur place un ou plusieurs bacs individuels avec la possibilité d’y déposer des véhicules électriques en flamme.

 

Développer de nouveaux moyens d’intervention

Pour cette difficulté à gérer les incendies de VE, on ne peut pas donner tout à fait tort à Carrefour Belgique de se montrer prudent. Il serait tout de même intéressant de savoir comment l’enseigne en est arrivée à se poser cette question : Cas réellement rencontré, par exemple ?

Au-delà de la polémique, cette affaire repose la question du développement de moyens plus performants pour éteindre les incendies des véhicules électriques. Comme par exemple des couvertures anti-feu efficaces, mais coûteuses.

Le CGEDD et l’IGA préconisait un travail de la part des constructeurs pour trouver un moyen d’éteindre en quelques minutes et avec seulement quelques centaines de litres d’eau un feu se déclarant dans une batterie de VE. Un peu comme la soupape qui a été ajoutée sur les réservoirs des voitures au GPL aussi exclues un temps de certains parkings.

D’autres établissements vont-ils emboîter le pas de Carrefour Belgique pour ce problème à ne pas prendre à la légère ?

 

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