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Les planificateurs de trajets inciteront à des déplacements plus vertueux Rédigé par Philippe Schwoerer le 27 Août 2022 à 17:09 0 commentaires

Un décret daté du 3 août 2022 vise « à accompagner d’une part la transition des usages vers une mobilité décarbonée, en agissant notamment sur les services numériques d’assistance aux déplacements, et d’autre part, à réguler les externalités négatives de l’usage de ces services numériques ».

En plus de fournir pour cela des données à leurs utilisateurs, ces planificateurs de trajets parmi lesquels on trouve Waze, Mappy et ViaMichelin devront tenir compte d’une certaine hiérarchisation des tronçons routiers et encourager le report modal vers de meilleures solutions que la voiture individuelle concernant l’environnement et la santé publique.

 

Impacts des déplacements

Conséquence directe des dispositions du décret n°2022-1119 relatif aux services numériques d’assistance aux déplacements, leurs utilisateurs ne pourront plus passer à côté de l’impact de leurs voyages lorsqu’ils chercheront à planifier leurs trajets. Avec les propositions de guidage routier devront être indiquées clairement et finement une estimation des émissions de polluants (oxydes d’azote et particules fines) et de CO2 qui en découleraient.

Le texte officiel ne l’indique pas, mais il deviendra sans doute nécessaire de préciser des éléments à minima concernant le véhicule utilisé, en particulier son carburant d’alimentation. A moins de recourir à des valeurs moyennes. Les calculs devront d’ailleurs tenir compte de « l’extraction, la culture des biocarburants, le raffinage, la transformation, le transport et la distribution des sources d’énergie », précise le texte officiel.

 

Incitation au report modal

A partir de décembre 2022, en consultant un planificateur d’itinéraires, vous devriez tomber sur des messages incitant à privilégier d’autres moyens de se déplacer que la voiture individuelle.

D’ailleurs d’autres applications également concernées par le décret, et qui ont pour objectif de faciliter a minima les déplacements en exploitant des services de transport, devront intégrer et restituer des informations complètes au sujet « des services de partage de véhicules, de cycles, de cyclomobiles légers, d’engins de déplacement personnels, ou sur les déplacements à pied ».

A la fin de la présente année, nous n’en serons pas encore là pour les sites du style ViaMichelin. Les concernant, ils devront fournir « des données relatives au réseau cyclable, aux aires de covoiturage et au stationnement ». Dans les 2 cas, les plateformes auront comme source le « point d’accès national » mentionné à l’article D. 1115-1 du code des transports.

 

Choix des tronçons routiers

Les services numériques d’assistance aux déplacements que sont les planificateurs de trajets devront en outre proposer des itinéraires alternatifs aux portions à 110 km/h et plus permettant de diminuer la vitesse maximale de 20 km/h, et donc, sur le papier, les émissions de CO2 et de polluants. Ne risque-t-on pas ainsi de redéplacer les rejets nocifs vers davantage d’habitations ?

Le législateur semble avoir pris en compte la question, au moins au sujet des zones à faibles émissions. Ce n’est que par l’exemple qu’il sera possible de juger de l’efficacité réelle de la mesure qui cible les voies rapides et autoroutes.

A la lecture des diverses contraintes imposées aux opérateurs, il semble à peu près certains que les voitures électriques ressortiront gagnantes face aux modèles thermiques. Ce qui n’empêche pas de s’essayer aussi au jeu du report modal.

 

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