Annoncée le 21 mai 2026 par Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports de France, la prime qui doit permettre aux taxis de préférer l’électrique au thermique a été avancée au 1er septembre. En choisissant un modèle avec batterie également assemblée en Europe, il sera possible de décrocher l’aide maximale de 5 500 euros.
C’est lors de la conférence de presse sur « l’impact de la guerre en Iran » que plusieurs ministres ont annoncé diverses mesures de soutien à l’activité économique. Pour sa part, Philippe Tabarot avait alors dévoilé ce jeudi 21 mai quelques actions en rapport avec les transports.
Dont cette aide dédiée aux taxis : « Dans l’idée de réduire la vulnérabilité du secteur aux hausses des prix des carburants, notamment pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et donc augmenter le nombre de taxis électriques en circulation, nous allons mettre en place, et cela pour la première fois, un bonus écologique spécifiquement dédié aux chauffeurs de taxi, adapté à leurs besoins spécifiques, et notamment en matière de taille de véhicule ».
Une première date avait été avancée par le ministre chargé des Transports de France : « A partir du 1er octobre prochain, et pour une durée d’au moins trois mois, il pourront bénéficier d’une aide à l’achat allant jusqu’à 5 500 euros pour un véhicule électrique, s’il est assemblé au sein de l’espace économique européen et dont la batterie serait fabriquée dans un de ses pays ».
Pour ce secteur, la limite de prix pour les voitures éligibles à la prime a été relevée à 65 000 euros, avec une masse à vide qui doit être inférieure à 2,4 tonnes. Environ 60 000 taxis sont concernés.
Derrière cette nouvelle aide, il y a aussi l’idée de faciliter la conversion dans les territoires les moins denses : « L’objectif est notamment d’équiper les chauffeurs de taxi en zones rurales pour lesquelles le parc de véhicules électriques n’est que de 4 % et où il y a une véritable attente des représentants de la profession ».
Qu’apprend-on de plus dans le communiqué diffusé par le gouvernement ce mercredi 12 août 2026 ? Tout d’abord que la date de début d’accessibilité pour cette aide a été avancée d’un mois, au 1er septembre de cette année 2026, avec une durée étendue à quatre mois.
Cette opération en faveur des chauffeurs de taxi est aujourd’hui ainsi justifiée : « L’entrée en vigueur de cette mesure leur permettra de réduire leur facture de carburant et d’entretien ainsi que leur dépendance aux énergies fossiles, notamment dans le contexte géopolitique actuel. Leur passage à l’électrique contribuera également à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, aux objectifs de décarbonation et de transition énergétique du secteur des transports, et à l’amélioration de la qualité de l’air ».
Le montant de l’aide ne sera pas systématiquement de 5 500 euros, débutant autour de 3 500 si la batterie n’est pas d’origine européenne. Les bornes de cette mesure ne sont pas fixées dans le roc : « Les montants des primes peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse en fonction de l’évolution des cours du CEE [NDLR : Certificat d’économie d’énergie] et des contrats de financement passés entre les obligés et les constructeurs automobiles ».
Personnes physiques ou morales devront fournir un certain nombre de justificatifs pour pouvoir bénéficier de cette première aide directe en direction des taxis pour s’équiper de véhicules électriques. Il s’agit de : la copie d’autorisation de stationnement ; la facture de mise en place du taximètre par un organisme agréé, comportant le numéro d’immatriculation du véhicule acheté ou loué ; la copie du certificat provisoire ou définitif d’immatriculation du véhicule acheté ou loué comportant la mention « taxi ».
Bien des artisans taxis n’ont pas attendu une telle aide pour passer à l’électrique, témoignant déjà depuis plusieurs années que ce choix est vite amorti par les économies réalisées sur l’entretien et le carburant. Comme pour les électromobilistes particuliers, le gain sera d’autant plus net et rapide qu’il sera possible de recharger ces voitures au domicile ou à l’entreprise si elle possède des locaux en propre.
S’ils effectuent leurs courses avec des VE, ces professionnels sont de parfaits ambassadeurs de l’électromobilité, et ceux ayant pu décrocher cette nouvelle aide recentreront l’intérêt de leurs clients vers les modèles produits en Europe, l’offre s’étant beaucoup élargie ces dernières années.
Trois éléments plaident de plus en plus pour une conversion dès maintenant : un retour sur plus de dix ans qui montre la durabilité des VE, un réseau national qui s’est bien étoffé pour la recharge, et des autonomies qui autorisent de plus en plus à faire de la longue distance, y compris en passant par les autoroutes.
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