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Le combat pour l’industrie automobile française passe par l’électrique Rédigé par Philippe Schwoerer le 20 Oct 2026 à 06:00 0 commentaires

Deux jours avant d’annoncer la deuxième phase du plan d’électrification français, le gouvernement a diffusé un dossier de presse de 19 pages concernant « Notre combat pour l’industrie automobile ». Une part importante est consacrée aux véhicules électriques, lourds et légers. En voici quelques passages intéressants, avec des chiffres parfois bien plus parlants que de longues explications.

 

Aider les ménages modestes…

Selon les estimations de la DGE, les ventes de véhicules électriques passeront en France de 25 000 à 550 000 unités entre 2017 et 2026. Rien qu’en septembre dernier, près d’un achat de véhicules particuliers sur deux effectué par les personnes physiques a porté sur un modèle électrique. A l’échelle de l’Europe, on assiste également à une progression qui, cette année, est de 4 points de pourcentage par rapport à 2025.

Globalement, ces chiffres sont positifs pour la décarbonation du transport sur le territoire le l’UE, mais aussi pour réduire la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles importés. En souhaitant équiper de VE les ménages modestes et ceux qui dépendent quotidiennement de leurs véhicules, le gouvernement veux également doper le Made in France. On le voit déjà avec le leasing social qui fait la part belle aux modèles éco-scorés.

D’une certaine manière, il pousse à acquérir des voitures électriques assemblées dans l’Hexagone, au moins pour le véhicule sans la batterie, et encore mieux si la pack lithium bénéficie du même traitement. Par l’intermédiaire du leasing social, ce sont déjà 135 000 foyers qui ont pu s’équiper d’un VE neuf. Grâce à la troisième édition lancée en juillet dernier, ils peuvent en disposer contre un loyer mensuel de moins de 200 euros, et parfois même en dessous de 100.

Avec la prime coup de pouce qui s’appuie sur les CEE (certificats d’économies d’énergie), les ménages précaires ont à leur disposition une aide qui peut aller jusqu’à 5 700 euros, et même 7 700 si le modèle électrique choisi embarque une batterie européenne. Sans compter les petits suppléments permis par les alliances entre constructeurs et énergéticiens.

 

…en faisant progresser le Made in France

Le gouvernement précise : « 35 % des aides financées par les CEE ont profité aux ménages des 5 premiers déciles de revenus, qui représentent pourtant moins de 25 % des achats de véhicules neufs ». On peut aussi lire dans le dossier de presse daté du 13 octobre 2026 que « cette année, un véhicule électrique sur quatre (26 %) est désormais Made in France sur le marché français (+16 points de pourcentage par rapport à 2023) ». Pour comparaison, cette part de fabrication nationale n’est que de 4 % pour les modèles thermiques.

La crise du Covid a marqué une rupture dans l’évolution des ventes des véhicules assemblés en France, toutes énergies confondues. Les VE aident très activement à redresser la barre. L’année dernière, 290 000 véhicules électriques ont été produits en France, contre 80 000 en 2019. Des chiffres à mettre en perspective avec la production automobile nationale VE/VT qui a progressé de 140 000 exemplaires en 2025 avec 1,48 million d’unités, contre 1,34 million l’année précédente.

Si la part du Made in France progresse fortement pour les VE, les chiffres reculent très nettement concernant les modèles assemblés en dehors de l’Europe. On était à 45 % de volume des ventes en 2023, contre 16 % cette année. Et ce, malgré l’arrivée des marques chinoises en particulier. C’est le fruit d’investissements importants réalisés par les constructeurs et des aides distribuées par l’Etat.

 

Investissements France 2030

Grâce à une enveloppe de 4,5 milliards d’euros marquée France 2030, 600 projets sont ou ont été soutenus, y compris chez les sous-traitants (209 projets, 1,9 milliards) et les fabricants de batteries. Le dossier de presse cite une étude de la DGE indiquant 40 000 emplois menacés dans la filière, mais 35 000 directement créés par la transition énergétique. Et cela, dans un contexte de « concurrence chinoise accrue et parfois déloyale, caractérisée par des surcapacités industrielles ».

A Douai, le site de Renault ne construisait encore que des modèles thermiques en 2019. Pourtant, depuis 2024, il n’en sort plus que des électriques. Malgré cela, dès 2025, le volume de production a dépassé celui d’avant Covid. En particulier grâce au succès de la 5 E-Tech. Chez Stellantis, parmi les investissements majeurs annoncés en rapport avec les électriques et hybrides : un milliard d’euros pour le site de Mulhouse, et 500 millions pour la production de véhicules utilitaires. En France, Toyota bat des records de production depuis cinq ans dans son usine d’Onnaing. Ce ne sont cependant que des hybrides qui en sortent, et pas des électriques.

Trois entreprises s’activent dans l’Hexagone pour fournir des batteries aux constructeurs de VE : Verkor à Dunkerque livre des packs pour l’Alpine A390, ACC (Automotive Cells Company) à Douvrin monte actuellement en cadence afin d’approvisionner Stellantis, et Envision AESC à Douai fournit Renault en particulier pour la 5 E-Tech.

 

Made in Europe

Selon le gouvernement, la fabrication française passe aussi par un « cadre européen nécessaire pour protéger notre chaîne de valeur et donner de la visibilité à la filière ». Le Made in France apparaît dépendant d’un plus global Made in Europe que l’on observe déjà dans le calcul de l’éco-score des VE pour le leasing social et décrocher les aides à l’achat.

Il est indiqué dans le dossier de presse que « le gouvernement est désormais mobilisé pour obtenir un compromis équilibré avec ses partenaires européens ». Ainsi en accompagnant l’évolution du règlement CAFE pour le maintien d’une trajectoire ambitieuse d’électrification de la mobilité, et en préservant déjà quelques années en arrière les intérêts de l’industrie automobile française dans le Plan d’action pour l’industrie automobile européenne (2024) et le Paquet automobile européen (2025).

Comme on a pu le voir avec les mesures de la deuxième phase du plan d’électrification français, une attention est accordée aux utilitaires légers électriques dont le développement n’est pas aujourd’hui au niveau de celui des voitures particulières.

 

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