Le 18 février 2026, le Sénat a adopté le projet de loi dit « Ddadue 2026 » avec notamment l‘article 42 qui crée un nouveau dispositif de réduction de l’intensité carbone des carburants. Le texte doit maintenant être relu par l’Assemblée Nationale. Afin de bien comprendre ce mécanisme en devenir, nous avons interrogé Fabien HILLAIRET, fondateur de GREENEA, entreprise adhérente à l’AVEM.
L’IRICC (l’Incitation à la Réduction de l’Intensité Carbone des Carburants) est l’application de la REDIII qui est une directive européenne(1). Concrètement, nous assistons à un changement de paradigme. Dans le passé, les obligés devaient incorporer de l’énergie renouvelable à hauteur d’environ 10% sans se préoccuper du « poids carbone ». Aujourd’hui cette composante est ajoutée dans le calcul de l’objectif : autour de 7,3% à l’horizon 2027 de réduction de CO2, qui devrait doubler d’ici 2035. L’objectif est de challenger les obligés à aller plus loin car aujourd’hui la plupart atteignent les objectifs prévus par la TIRUERT.
Source : direction générale de l’énergie et du climat (DGEC)
Il faut noter que pour le moment l’IRICC n’est pas encore adoptée. Comme vous l’avez dit le Senat l’a votée. La loi DADDUe va ensuite passer sur T3-2026 en relecture à l’Assemblée Nationale, puis il y aura des textes règlementaires émanant de décrets et/ou arrêtés qui donneront les précisions les plus importantes pour la filière et viendront aussi préciser le volet opérationnel.
Nous allons continuer notre rôle de courtier mais aussi aider le marché à s’adapter à ces nouvelles contraintes comme par exemple comprendre ce que cela veut dire en €/kWh en sortie de borne (unité qui parle aux investisseurs) mais aussi faire un travail auprès des obligés qui voient encore l’achat de certificat électricité comme un risque. La DGEC a par ailleurs mis à jour la plateforme CarbuRe où les certificats sont déclarés, en prenant en compte ces changements de législation pour que le marché puisse faire ses premiers pas. GREENEA sera toujours là pour conseiller si besoin.
Le prix va concrètement changer la donne. Pour le moment, le marché est dans l’incertitude ce qui crée une baisse des prix en réaction. Cependant, nous restons optimistes et pensons que cela est « passager ». L’objectif du gouvernement reste d’électrifier les usages et nous attendons des signaux positifs, pouvant venir d’une meilleure pédagogie à laquelle nous nous devons de participer.
Oui mais il faut noter que nous constatons en parallèle une consolidation du secteur des acteurs des IRVE. Heureusement, l’électrification du transport ne dépendra pas que de l’IRICC mais il est vrai que beaucoup d’acteurs comptent sur des prix élevés tels qu’ils les ont budgétisé avec le mécanisme actuel et en cohérence avec les autres pays européens.
En regardant uniquement l’énergie produite pour la consommation des véhicules, cela veut dire concrètement que pour 1 unité d’énergie produite, l’empreinte carbone doit décroitre dans le temps. L’électricité dispose de nombreux atout à ce titre car elle permet à l’unité d’électricité produite de réduire de près de 4 fois environ l’équivalent en solutions carburant liquide.
Pour décarboner, il est important que toutes les filières participent et ne se challengent pas entre elles. En effet le but est de réduire les émissions de 100%. Nous sommes à peine à 7% donc la question se posera lorsque nous serons dans des proportions plus élevées de réduction où nous devrons effectivement intégrer les questions économiques, de disponibilité et tout élément jugé important pour la société.
L’effort doit donc se concentrer sur l’augmentation des objectifs et l’atteinte de ceux-ci.
Energy Risk organise chaque année une enquête de référence, les Commodity Rankings, qui évaluent les principaux acteurs du trading de matières premières à l’échelle internationale. Ce classement repose sur les votes des professionnels du secteur ce qui en fait un indicateur particulièrement représentatif de la perception du marché.
En 2026, dans la catégorie biocarburants, GREENEA s’est distingué en étant reconnu leader dans plusieurs segments clés :
Cette reconnaissance est d’autant plus significative qu’elle émane directement des acteurs de la filière, dans un environnement très compétitif et en constante évolution.
Pour GREENEA, cela confirme la pertinence de notre positionnement à la fois en courtage, en conseil et en analyse de marché. C’est également une fierté particulière dans un secteur du négoce des matières premières de plus en plus dominé par des acteurs anglo-saxons, suisses ou du Moyen-Orient et où les entreprises françaises sont moins représentées.
Merci à Fabien HILLAIRET & Arezki DJELOUADJI pour le temps qu’ils ont consacré à répondre à nos questions.
(1) La directive « RED III » (Renewable Energy Directive) demande aux États membres de se fixer, pour 2030, soit un objectif de réduction de l’intensité carbone99(*) d’au moins 14,5 %100(*) s’appliquant à l’ensemble du secteur des transports, soit un objectif de 29 % d’énergies renouvelables incorporées dans l’ensemble du secteur. En outre, à la même date, les biocarburants avancés et les carburants de synthèse101(*) devront représenter 5,5 % de la consommation énergétique des transports dans les États membres.
INFOS
GREENEA
5, chemin des Perrières
17330 COIVERT
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *
Constructeurs, importateurs, collectivités, entreprises ou particuliers, rejoignez-nous et bénéficiez des nombreux avantages accordés à nos membres.
Vous souhaitez rester au courant des dernières nouveautés et recevoir une notification dès qu'un article est publié, inscrivez-vous à notre newsletter !