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Les flottes de véhicules se mettent progressivement au vert Rédigé par Sandrine Henry le 25 Mar 2021 à 00:00 0 commentaires

L’année 2020 a été une année record en termes d’immatriculations de véhicules électriques et de véhicules hybrides rechargeables en France. Pour savoir comment s’est comporté le marché professionnel sur cette même période en termes de ventes de véhicules électrifiés et de comportements des gestionnaires de flottes, nous avons interrogé François Piot d’Arval Mobility Observatory, nouvel adhérent à l’AVEM.

Monsieur Piot, pouvez-vous, en quelques mots, nous présenter la société Arval ?

Arval, leader européen de la location longue durée et des nouvelles solutions de mobilité, possède une flotte de près de 1,4 million de véhicules loués, dont près de 340 000 en France, mais entend surtout devenir la référence de la mobilité apportant des solutions flexibles et une expérience fluide, de manière responsable, pour tous les multiples trajets de la vie. Dans 27 pays, 7 500 collaborateurs apportent leur expérience au service de clients, entreprises de toutes tailles et particuliers.

Des professionnels encore très tournés vers les hybrides rechargeables

Vers quels types de véhicules les professionnels se sont-ils orientés en 2020 ?

13,52 % : c’est la part de marché en entreprise du total des véhicules électrifiés en 2020. A savoir, les véhicules particuliers (VP) et véhicules utilitaires légers (VUL) 100 % électriques et hybrides simples et rechargeables soit un total de 102 164 unités. Dans la famille des électrifiés, ce sont les hybrides rechargeables qui font la course en tête. Il s’est en effet immatriculé l’année dernière davantage d’hybrides rechargeables (32 490 VP + VUL) que de 100 % électriques (29 782 unités).

Comment expliquez-vous cet engouement pour les modèles hybrides rechargeables ?

L’engouement pour les modèles hybrides rechargeables s’illustre à travers l’explosion de la demande sur 12 mois (+ 276 %), alors que l’électrique affiche une progression de + 42,94 %. Pour ancrer leur expansion dans le temps, ces motorisations devront toutefois continuer à bénéficier des incitations publiques à l’achat ou à la location, sous peine de voir leur intérêt baisser. Il est probable que le choix porté sur les hybrides rechargeables soit une réponse face à l’inquiétude persistante autour de l’autonomie des véhicules 100% électriques. Avec l’expérience et le déploiement attendu du réseau de recharge, ces inquiétudes vont s’estomper et la proportion de 100% électriques augmenter significativement à l’avenir.

Les entreprises se tournent de plus en plus vers les énergies alternatives

Où se situe la France par rapport aux autres pays européens ?

Du fait de sa production très décarbonée d’électricité (nucléaire, hydraulique, éolienne et solaire) la France se situe dans une position favorable au sein des pays européens. Certes d’autres pays comme la Norvège dont la production est à 94 % hydraulique, ont fait de la mise à la route de véhicules électriques une plus grande priorité. Mais notamment sous l’impulsion des constructeurs nationaux, on peut penser que notre pays se classera rapidement parmi les références en matière d’électrification de véhicules.

Selon le dernier Baromètre des Flottes et de la Mobilité de l’Arval Mobility Observatory (édition 2021) réalisé par l’institut Kantar, on voit que l’adoption des énergies alternatives dans les entreprises passe clairement à la vitesse supérieure en France :

57% des responsables de flotte déclarent utiliser au moins une technologie alternative (hybride ou 100% électrique), contre 30 % en 2020 et 42 % pour l’Europe. Cet accroissement très rapide place désormais la France dans le trio de tête des pays européens, derrière les Pays-Bas et l’Italie
• Ils pourraient être 80% à utiliser au moins une énergie alternative d’ici 3 ans.
Ce dynamisme concerne désormais l’ensemble des entreprises, même si les TPE restent moins bien équipées. En un an, le segment des entreprises de moins de 10 salariés a pourtant vu ses intentions progresser de 26 points pour atteindre 57 % (contre 31 % en 2020). C’est toutefois le segment des entreprises de taille moyenne qui progresse le plus avec 90 % de réponses favorables à 3 ans, contre 42 % il y a un an (+ 48 points).
• Par type d’énergies : l’hybride et l’hybride rechargeable enregistrent chacun un potentiel de 7 entreprises sur 10 utilisatrices d’ici 3 ans, contre 4 sur 10 il y a un an. Le 100% électrique progresse aussi, puisqu’en 2023, il pourrait être utilisé par 2/3 des entreprises (contre un tiers en 2020) et représenter près d’1 véhicule de flotte sur 2.

Avez-vous observé des changements de comportement au niveau des gestionnaires de flottes ?

Nous voyons clairement l’impact de la prise de conscience environnementale chez les décideurs d’entreprises qui ont ou envisagent sérieusement la transition énergétique de leur flotte. Selon le Baromètre des Flottes et de la Mobilité 2021, les gestionnaires de parcs interrogés estiment, en moyenne, que 46 % de leurs flottes de VP seront 100 % électriques d’ici 3 ans ; pour les VUL, ils évaluent cette part à 43 %. Dans les deux cas, ces taux sont significativement supérieurs à ceux observés en Europe.

Quid du partage de véhicules au sein des entreprises ?

Les solutions d’autopartage proposées par les principaux loueurs peuvent s’adapter aussi bien aux véhicules thermiques qu’aux véhicules électriques. Il serait inexact de prétendre que les VE sont majoritairement utilisés en autopartage, cela dit cette option est assez fréquemment souscrite.

TCO ou coût d’usage des véhicules

Depuis plusieurs années et afin d’aider les entreprises dans leurs prises de décision, l’Arval Mobility Observatory suit en France l’évolution du coût d’usage des véhicules, plus communément nommée TCO en anglais (Total Cost of Ownership) et publie chaque année un cahier dédié intitulé le « TCO Scope ».

Comment abordez-vous cette notion de TCO ? Quels paramètres prenez-vous en compte ?

Calculer un TCO est complexe, notamment parce qu’il fait intervenir des notions fiscales et sociales multiples et qu’il doit prendre en compte l’intégralité des coûts d’un véhicule ou d’une flotte pour être complet, y compris les coûts relatifs à l’utilisation éventuelle à titre privé des véhicules par les collaborateurs. A l’Arval Mobility Observatory, nous avons pris le parti de calculer des TCO aussi complets que possible et de les suivre dans le temps dans notre étude statistique annuelle le TCO Scope.

Comment se situent les véhicules électriques par rapport aux véhicules thermiques ?

Jusqu’à une date récente, les études sur les coûts d’usage de véhicules portaient principalement sur les véhicules thermiques, l’offre de véhicules électriques du fait d’un marché étroit, n’était pas assez significative pour pouvoir déterminer des indicateurs agrégés. A présent l’offre des véhicules électriques s’est largement étoffée et nous étudions également de manière approfondie les véhicules particuliers (VP) et utilitaires (VUL) électriques.
Dans le TCO Scope, nous effectuons des calculs de TCO de ces nouvelles énergies (en incluant un coût forfaitaire normatif de l’infrastructure et de la recharge) que nous comparons aux TCO de leurs homologues thermiques. Bien que les véhicules électriques restent plus chers à l’achat, certains VE remportent les matchs face aux motorisations thermiques, en raison notamment d’avantages fiscaux importants qui les favorisent (bonus, exonération de taxe sur les véhicules de sociétés [TVS], Amortissements non déductibles [AND] très inférieurs, abattements sur les avantages en nature [AEN]…), et d’un moindre coup de l’énergie et de l’entretien.
La part des énergies alternatives devrait encore augmenter significativement sous la pression des contraintes environnementales et économiques. Le véhicule électrique notamment devrait sans doute connaître un essor important dans les agglomérations de moins en moins ouvertes aux véhicules émetteurs de CO2, de NOx ou de particules, et il trouve également toute sa place dans des parcs publics ou privés autopartagés.

La location longue durée (LLD) est-elle un choix pertinent pour l’acquisition de Véhicules Utilitaires Légers (VUL) électriques ?

Tous les avantages qui ont fait le succès croissant de la LLD depuis une cinquantaine d’année sont aussi valables pour les véhicules électriques.
L’externalisation de l’ensemble des risques liés à la gestion et à l’utilisation d’une flotte de véhicules (financiers, techniques, revente…) permet à l’entreprise de se concentrer sur son cœur de métier sans acquérir en interne les compétences nécessaires à cette activité. Dans le cas des véhicules électriques qui sont un domaine nouveau pour beaucoup d’acteurs professionnels ou particuliers, cet avantage est encore plus justifié.

Quel conseil donneriez-vous aux professionnels qui souhaitent verdir leur flotte de véhicules ?

Verdir sa flotte est un louable objectif mais il est nécessaire de faire une étude un peu structurée qui permettra d’analyser la situation actuelle, les ambitions de l’entreprise et les moyens qu’elle est disposée à y consacrer, les objectifs quantitatifs qu’elle veut se fixer, les leviers pour y parvenir et, enfin, les indicateurs qui permettent de suivre leur bonne réalisation.
Arval Consulting par exemple, effectue de nombreuses missions pour soutenir les entreprises qui sont dans cette démarche en les conseillant sur l’élaboration et la mise en œuvre de leur stratégie de transition énergétique et de mobilité.

De nouvelles publications à venir

Vous réalisez régulièrement des publications sur des thèmes précis, quels sont les prochains sujets que vous allez aborder ?

En plus de nos publications annuelles (Memento des flottes et des mobilités, TCO Scope) nous avons publié l’an dernier un cahier intitulé « Le véhicule électrique est-il si vertueux ? ».
Notre prochain cahier fera le point sur les avancées de l’hydrogène et tentera de montrer si cette technologie s’annonce complémentaire ou alternative par rapport aux véhicules électriques à batterie. Le suivant portera sur le recyclage de matériaux concourant à la production des véhicules électriques, et de leurs batteries.

Nous remercions vivement François Piot pour cet échange très enrichissant ainsi que ses collaboratrices Christine Lagoutte et Monique Buntic pour les éléments qu’elles nous ont apportés sur le marché des flottes.

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Arval Mobility Observatory

22, rue des Deux Gares

92564 Rueil-Malmaison Cedex


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