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Une étude détaillée des freins au développement de la mobilité électrique Rédigé par Emmanuel Maumon le 02 Mar 2026 à 06:00 0 commentaires

Malgré une progression indéniable de la mobilité électrique en 2025, de nombreux freins à son développement subsistent. BNP Paribas Mobility vient de publier une étude détaillée sur ces freins au développement de la mobilité  électrique. Des freins qui divergent selon les publics concernés. L’étude s’appuie sur trois indicateurs mesurant le niveau de bascule vers la mobilité électrique selon les principales catégories d’usagers. Pour les particuliers, le prix demeure le principal frein à l’adoption de la voiture électrique. Le coût de l’investissement initial reste un frein pour les entreprises. Néanmoins, le TCO du véhicule électrique est aujourd’hui inférieur à celui des véhicules thermiques. Cela explique la forte accélération du verdissement des flottes d’entreprises. Avec retard, la bascule vers l’électrique commence aussi à se dessiner pour les véhicules industriels. L’insuffisance d’infrastructures de recharge pour les poids lourds constitue néanmoins un frein important.

Le prix principal frein pour les particuliers

En 2025, l’indicateur de bascule vers la mobilité électrique pour les particuliers gagne 0,3 points pour atteindre 4,9/10. Une progression qui s’explique par l’amélioration des conditions d’usage. Ainsi, le nombre de points de charge augmente et ces derniers gagnent en fiabilité. L’autonomie des véhicules progresse mais demeure un frein psychologique tenace avec peu de modèles ayant plus de 500 km d’autonomie. Cependant, le prix des véhicules électriques reste le frein principal au passage à la mobilité électrique. 49% des non-acheteurs citent ainsi le prix comme frein à l’achat. Il faut dire que l’écart de prix avec un modèle thermique reste élevé, surtout en entrée de gamme (+55%). La hausse des aides de l’Etat pour l’achat de véhicules électriques n’a pas fait disparaître ce frein. Pourtant, le  bonus écologique moyen a progressé de 22%, passant de 3 250 à 3 980 euros.

Le coût de l’investissement initial reste un frein pour les entreprises

En hausse de 0.5 point en un an, l’indicateur de bascule pour les flottes d’entreprise atteint lui 4,5/10 en 2025. La part des véhicules électriques dans les immatriculations neuves des entreprises fait un bond spectaculaire. Elle passe de 14% en 2024 à 24% en 2025. Cette progression supérieure à celle des particuliers confirme le rôle moteur des entreprises dans la transition vers la mobilité électrique. Un argument économique fort explique en grande partie l’accélération du verdissement des flottes d’entreprise. Le TCO du véhicule électrique sur 4 ans s’avère en effet inférieur à celui des véhicules thermiques. Pourtant l’écart de prix à l’achat reste important et le coût de l’investissement initial demeure un frein pour les entreprises. Par contre, la chute du temps moyen de charge rapide (de 30 à 22 minutes) facilite l’usage professionnel intensif.

Des infrastructures de recharge à développer pour les poids lourds

S’élevant à 3/10, l’indicateur de bascule des véhicules industriels est encore assez faible en 2025. Néanmoins, il augmente de 0,7 point en un an, affichant ainsi la plus nette progression. Le signe que ce secteur entre dans une phase d’amorçage. Le nombre d’immatriculations a été multiplié par 2,5 par rapport à 2024. Une augmentation due principalement aux véhicules utilitaires de plus de 3,5 tonnes. Cette montée en puissance témoigne de l’arrivée de nouveaux modèles adaptés aux besoins des professionnels. Elle résulte aussi de l’amélioration du TCO et d’une réponse des entreprises à la pression réglementaire croissante. Cependant, le prix d’achat encore très élevé des camions électriques constitue une barrière majeure pour les PME. De même, bien qu’ayant doublé en 2025, le nombre d’IRVE accessibles aux poids lourds reste nettement insuffisant.

Les pistes pour accélérer le développement de la mobilité électrique

Renault R5 image bank media Test-Drive, from September 21 to 23th 2024 at Nice, France – Photo Yannick Brossard / DPPI

Après avoir analysé les freins au développement de la mobilité électrique, BNP Paribas Mobility délivre quelques pistes pour les lever. Pour accélérer la bascule chez les particuliers, cet organisme préconise la réduction de l’écart de prix à l’achat. Un effort doit surtout être entrepris sur les segments d’entrée de gamme. Seul vecteur de démocratisation réelle, il suggère aussi le développement massif du marché de l’occasion du véhicule électrique. Il prône également l’équipement systématique des copropriétés en IRVE. Concernant les flottes d’entreprise, BNP Paribas Mobility distingue plusieurs leviers pour agir. La stabilisation de la fiscalité permettrait en particulier de sécuriser les plans de verdissement des flottes. La massification de l’installation de bornes sur les sites professionnels constituerait une piste complémentaire. Enfin, concernant les utilitaires lourds, il préconise en priorité une forte augmentation du soutien à l’investissement initial pour les PME.

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