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Filière automobile : Véhicules électriques, innovation et relocalisation Rédigé par Philippe Schwoerer le 28 Avr 2021 à 09:13 0 commentaires

Pour Bruno Le Maire, les délocalisations massives ont été « une erreur politique » et « une faute économique » avec un « coût social considérable » et un « coût environnemental considérable ».

Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance a commenté le programme inverse qui vient de faire l’objet d’un avenant avec la filière automobile sur fond de relance.

Les véhicules électriques sont au cœur de cette stratégie.

 

Un plan à 8 milliards d’euros

 

En mai 2020, il a été décidé d’injecter 8 milliards d’euros dans le cadre du plan France relance. Une part de cette enveloppe vise à « relocaliser la production automobile à valeur ajoutée sur le sol français », a souligné Bruno Le Maire.

Ce scénario a un autre objectif : « l’accompagnement de la transition vers le véhicule électrique ». Le ministre veut que « la France soit en tête des pays européens sur le développement de sa stratégie » pour ces engins.

Pour lui, les actions du gouvernement en faveur de la mobilité branchée, notamment avec les aides à l’achat (bonus gouvernemental et prime à la conversion), se révèlent efficaces. « Plus de 107 000 véhicules électriques ont été immatriculés en 2020. C’est une part de marché qui a triplé par rapport à 2019. Nous sommes décidés à maintenir ce soutien au véhicule électrique, et même à l’élargir, s’agissant des véhicules utilitaires », a-t-il assuré.

 

Forte croissance des véhicules électriques

 

Même constat de la part de Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), qui a dressé un petit bilan le l’engagement pris en 2018 par les constructeurs : « Multiplier par 5 en 5 ans le nombre de véhicules électriques en France ».

Rappelant l’exceptionnelle crise sanitaire que le monde traverse actuellement, et qui « nous a ramenés presque 50 ans en arrière sur les volumes vendus en Europe, et en France en particulier », il répond à cette question « Où en sommes-nous depuis 3 ans ? » : « Les industriels de l’automobile sont en avance sur la feuille de route prise en 2018. Les modèles disponibles chez nos constructeurs ont été multipliés par 3 depuis 2018 ».

Il justifie aussi, plus globalement : « En 2020, les émissions moyennes de véhicules vendus était de 91 grammes de CO2 au kilomètres. C’est la moitié de ce que c’était il y a 15 ans. C’est 20% de moins que ce que c’était en 2019 ».

 

Gigafactory de batteries

 

« Si nous voulons réussir cette transition, il faut financer massivement l’innovation dans le véhicule électrique, le véhicule hybride rechargeable, et également le véhicule autonome », a mis en avant Bruno Le Maire.

Le ministre a rappelé le soutien du gouvernement « à hauteur de 700 millions d’euros pour développer une filière de batteries électriques européenne. La première usine ouvrira à Douvrin dans le Nord avec près de 2 000 emplois qui devraient être créés à terme. C’est une des meilleures illustrations de la capacité que nous avons à relocaliser des productions qui auparavant se faisaient en Chine ou en Corée du Sud. Sur le territoire français, nous pourrons désormais produire nos propres batteries ».

Luc Chatel s’est montré plus nuancé, citant plus de 25 projets de gigafactories de batteries en Europe, et la nécessité d’intéresser les investisseurs au programme français. « Dans les 10 prochaines années, il y aura en Europe plusieurs centaines de milliards d’euros d’investissements dans l’automobile. Comment la France est-elle capable de capter sa part sur ce nouveau marché de l’automobile ? », s’est-il interrogé.

 

Exemples de relocalisation

 

Bruno Le Maire a mis en avant que le soutien de l’Etat cible particulièrement les constructeurs Stellantis et Renault afin de « relocaliser certaines activités de territoires européens ou de territoires asiatiques vers le territoire français ».

En exemple, il a cité : « Stellantis fabriquera des moteurs électriques à Trémery, Valeo des moteurs 48 volts à Etaples, Faurecia des réservoirs hydrogène à Bavans ou des piles avec Michelin à Saint-Fons. Et Renault fera du Nord de la France le premier pôle européen pour la production de véhicules électriques ».

De son côté, le président de la PFA espère : « Je pense que si la France pouvait porter un projet de zone dédiée à l’industrie du futur pour être plus compétitive, ce serait une vraie réponse au défi qui se pose aujourd’hui à nous ».

 

17 nouveaux projets sélectionnés

 

« Le comité d’orientation pour la recherche automobile et les mobilités a permis de soutenir la filière à hauteur de 150 millions d’euros en juillet 2020. Je vous annonce que ce dispositif sera pérennisé de fin 2021 au moins jusqu’à fin 2022 », a annoncé Bruno Le Maire. Il a révélé que « 17 nouveaux projets viennent d’être sélectionnés pour la prochaine vague et sont en instruction approfondie chez BPI. Ils représentent 150 millions d’euros de soutien public ».

Le ministre a également insisté sur la nécessité de traiter le cas des semi-conducteurs. Il s’est avancé sur un deuxième projet d’intérêt collectif commun les concernant. Et ce, afin de « garantir l’indépendance de l’Europe et l’indépendance de la France » à ce niveau.

Les sous-traitants devraient profiter du contexte qui s’installe en France. Le ministre a promis une attention de l’Etat au sujet des relations qu’ils entretiennent avec les constructeurs.

 

Ne pas oublier les camions et l’hydrogène

 

Selon Luc Chatel, les camions et les véhicules à hydrogène sont à intégrer aux efforts des constructeurs et des pouvoirs publics pour la mobilité durable. Pour Bruno Le Maire, il y a effectivement des raisons de s’atteler à un « développement industriel rapide de l’hydrogène », mais « d’abord dans les transports de masse : les trains, les bus, éventuellement les camions ».

Pour le ministre, c’est dans un deuxième temps que cette solution de mobilité durable pourra être proposée aux automobilistes. « Pour l’instant ça reste très coûteux. Nous ne sommes pas pour un calendrier qui soit trop rapide en la matière », a-t-il défendu. Non sans mentionner une autre piste, celle de l’avion gros porteur à hydrogène attendu pour 2035.

 

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