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Un nouveau souffle pour Borne Recharge Service Rédigé par Emmanuel Maumon le 18 Fév 2021 à 00:00 0 commentaires

Fondée par John Honoré au tout début de l’aventure de la mobilité électrique, Borne Recharge Service (BRS) est devenue l’un des acteurs majeurs de l’installation de bornes de recharge en copropriété. Au moment où ce marché est sur le point de décoller, BRS a décidé de se restructurer en recrutant Bastien Batt au poste de Directeur Général. Interview de John Honoré et de Bastien Batt pour en savoir plus sur cette société qui s’est mise en ordre de marche pour conquérir une bonne part de ce marché très porteur.

Pouvez-vous d’abord présenter brièvement la société Borne Recharge Service, ainsi que son champ d’activité ?

John Honoré : La société a été créée en 2012 en ciblant particulièrement la recharge en copropriété qui, surtout à l’époque, était difficile à mettre en œuvre. La montée en puissance a donc été assez lente puisque même aujourd’hui il n’y a encore que 2 400 installations recensées. De notre côté, nous allons faire la 600ème prochainement. Nous installons également des bornes au sein de PME/PMI et surtout nous sommes présents sur le marché des Offices HLM avec un contrat de concession signé avec CDC Habitat qui porte sur l’ensemble du parc de stationnement du groupe qui représente près de 9 000 bâtiments sur lesquels nous pourrons installer des bornes à la demande au cours des 20 prochaines années.

Bastien Batt : Ce partenariat avec l’un des plus grands bailleurs sociaux représente une chance exceptionnelle. Avec eux, nous co-construisons un nouvel objet : le modèle concessif appliqué à la recharge dans cet environnement-là. C’est particulièrement intéressant de travailler avec un tel acteur car il nous donne accès à un vivier d’utilisateurs en puissance qu’il nous faut convaincre. C’est une population exigeante qui a l’habitude que le bailleur prenne un grand nombre de choses à sa charge, alors que là on doit redoubler d’efforts de pédagogie pour expliquer notre offre, mais aussi mettre en place une organisation qui fonctionne sur l’ensemble du territoire en s’adaptant aux particularités de chacune des résidences. C’est un beau défi que nous souhaitons relever.

En quoi les différentes solutions de recharge que vous proposez sont-elles véritablement innovantes ?

John Honoré : En 2012, nous avons créé un modèle de base sur lequel nous nous appuyons toujours. Il prévoit notamment que les consommations d’énergie sont remboursées au kWh et à l’euro. Nous ne pratiquons donc pas de forfaits de consommation, mais une tarification précise de ce qui est effectivement consommé. Par ailleurs, nos installations ne génèrent pas de frais pour les autres copropriétaires, ni pour le syndic. Enfin, notre solution est évolutive. Nous accompagnons la résidence au fur et à mesure des demandes client.

Bastien Batt : L’innovation que nous souhaitons amener ne réside pas tant sur la solution de recharge en elle-même (une borne et un câble de recharge), mais plus sur la structuration autour pour améliorer le package afin qu’il soit le plus simple, clair et prédictible possible pour nos prospects et après pour nos clients à qui nous souhaitons simplifier la vie dans la mise en place, puis dans l’utilisation des bornes. C’est vraiment sur ce point que nous nous différencions.

Vous installez des bornes principalement dans les copropriétés, mais pouvez-vous également intervenir dans les maisons individuelles ?

Bastien Batt : Si les copropriétés constituent notre métier historique et que c’est sur ce créneau que nous avons le plus de légitimité, elles n’ont pas vocation à être le seul segment sur lequel nous intervenons et nous acceptons d’accompagner tous les clients qui nous contactent. D’ailleurs, le marché des entreprises et celui des particuliers en maison individuelles constitueront l’un des axes de notre futur développement.

Notre activité n’a pas été réduite durant la crise sanitaire, mais il est probable que sans cette crise elle aurait été plus forte

Quel est le bilan de vos activités en 2020. La crise sanitaire vous a-t-elle pénalisé ou au contraire avez-vous été portés par la forte progression des ventes de véhicules électriques ?

Bastien Batt : Nous avons la chance d’être positionné dans l’écosystème du véhicule électrique pour lequel l’intérêt des Français et des Européens ne se dément pas et qui bénéficie de circonstances favorables comme l’obligation pour les constructeurs automobiles de respecter de nouvelles normes d’émission de C02, ce qui les contraints à pousser les ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables. Derrière, cela entraîne de facto un surcroît d’intérêt pour les bornes de recharge qui vont avec. Donc, notre activité n’a pas été réduite durant la crise sanitaire et elle est toujours sur la pente ascendante, mais il est probable que sans cette crise elle aurait été plus forte.

John Honoré : Notre exercice se terminant au 31 mars, les comptes ne sont pas encore bouclés mais nous recevons aujourd’hui près de 25 demandes par jour avec un taux d’acceptation plutôt élevé qui tourne autour de 80%. Dans ces demandes, nous avons plus de 80 % d’habitat collectif, près de 5% de maisons individuelles, 5% d’entreprises, plus quelques demandes particulières comme celles provenant de campings, de chambres d’hôtes ou de golfs.

Installer une borne de recharge en copropriété est-il toujours un chemin de croix ?

Bastien Batt : C’est toujours un peu compliqué mais la situation s’améliore. Les décrets publiés en fin d’année dernière permettent d’accélérer le processus puisque la présentation en assemblée générale ne nécessite plus un vote, mais une simple information qui peut se faire a posteriori et avec des délais raccourcis. Nous sentons également un changement du niveau de maturité avec un intérêt croissant de l’ensemble de la copropriété pour la notion de pré-équipement plus large et non plus limité au premier demandeur.

John Honoré : Ces décrets marquent une véritable évolution. Nous venons par exemple d’avoir une demande pour une installation simple qui a été validée en 10 jours et pour laquelle le client a pu avoir sa borne en 3 semaines. Nous voyons également fleurir des demandes, non plus pour une borne dans un immeuble, mais pour 3 ou 4. Nous en avons même eu une pour 6 bornes. Cette évolution des mentalités facilite de plus en plus une recharge au juste prix.

Les dispositifs d’aide à l’équipement de bornes de recharge fonctionnent-ils bien et sont-ils suffisants ?

Bastien Batt : Clairement, l’essentiel du marché en habitat collectif est construit aujourd’hui autour du dispositif CEE Advenir, surtout pour les demandes individuelles. Pour ce qui est de la demande collective via le programme Advenir « 3000 Copros », il n’y a pas encore aujourd’hui consensus dans la filière autour du mécanisme. Il y a toujours des débats internes autour de la notion de pré-équipement pour savoir si c’est un point de livraison dédié et des armoires dédiées ou s’il faut mettre des chemins de câbles partout, ce qui est bien en théorie mais plus problématique en pratique. Par ailleurs, même si cette dernière solution semble plus économique, cela ne résout pas le problème du financement car cela implique que tout le monde participe, y compris ceux qui n’en auront pas l’usage. Nous souhaitons participer à ce débat et nous espérons pouvoir proposer une solution sur le marché dans peu de temps.

« J’ai rejoint BRS car je suis persuadé que le segment de la copropriété est celui pour lequel on n’a pas craqué le code »

Bastien Batt, vous venez d’être recruté en tant que Directeur Général. Quel était votre parcours avant votre arrivée au sein de BRS et qu’est-ce que vous comptez apporter à cette société ?

Bastien Batt : Je suis dans la mobilité électrique depuis 2013. J’ai passé un certain nombre d’année chez Nissan où j’ai notamment eu l’honneur, à l’époque du lancement la Leaf, de déployer les programmes de charge rapide en particulier chez Auchan, Ikea et certains syndicats d’énergie. Je développais également pour Nissan les offres de recharge à domicile et c’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai rencontré Borne Recharge Service. J’ai ensuite quitté Nissan en 2018 pour travailler pour un énergéticien allemand qui s’appelle E.ON et qui avait un projet de déploiement de stations de charge ultra-rapide sur autoroute en Europe et en France. J’ai rejoint BRS car je suis persuadé que le segment de la copropriété est celui pour lequel on n’a pas craqué le code.

Pour la recharge en maison individuelle, les choses sont claires : soit on ne met rien, soit on installe une prise Green ’up ou une borne 7 kW si on veut aller un peu plus vite. Les coûts sont connus et maîtrisés. Sur la recharge publique, on a besoin de la recharge ultra rapide sur les grands axes pour l’itinérance et sur ce marché les acteurs doivent pouvoir maîtriser le foncier et avoir du temps pour rentabiliser des investissements très importants. Sur les copropriétés, les barrières sont en train de tomber et on est en train de résoudre le bon vieux dilemme de l’œuf ou de la poule : est-ce que je mets une voiture ou une borne d’abord et puis qui paye. Mon ambition en rejoignant BRS est de contribuer avec le reste de l’équipe à craquer ce code en apportant mon expérience des grands groupes.

De votre côté, John Honoré, qu’est-ce qui vous a poussé à recruter Bastien Batt ?

John Honoré : Tout le monde sait que je suis à l’origine de Borne Recharge Service. La première réflexion pour créer cette entreprise date de 2011, cela fait tout de même 10 ans. J’ai eu peur de tourner en rond et j’avais besoin de renouveau. Avec Bastien on se connait, c’est quelqu’un d’organisé qui a toutes les capacités pour prendre la direction de BRS et mieux structurer l’entreprise. Il arrive avec un œil neuf et des propositions que nous sommes en train de finaliser pour, comme il le dit, craquer le code de la copropriété. Il va sans doute bousculer pas mal de choses au sein de la société et moi le premier, mais c’est important car sinon elle restera une structure figée et une petite boite.

Quelles sont vos perspectives de développement en 2021 et à plus long terme ?

John Honoré : Cette année, si tout se passe bien avec nos nouvelles offres qui vont sortir prochainement, nous devrions être quelque part entre 5 000 et 10 000 installations en copropriété par rapport à un marché actuel de près de 2 400, soit un doublement ou un quadruplement. Je souhaite que BRS en prenne une très large part. Dans ce marché qui est sur le point de décoller, je pense qu’en tant qu’acteur historique, nous avons une belle carte à jouer et nous nous sommes mis en ordre de bataille.

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Borne Recharge Service

18 bis rue Molitor

75016 Paris


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