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Ufeel, un vélo électrique français sans batterie et qu’on ne branche pas Rédigé par Philippe Schwoerer le 02 Avr 2019 à 00:00 0 commentaires

Comment ce vélo pourrait-il fournir au moteur de l’énergie électrique au pédalage s’il n’est pas équipé de batteries et qu’il ne se branche pas sur une prise de courant ? Tout simplement parce qu’il embarque des supercondensateurs qui se régénèrent très rapidement en pédalant et/ou lors des phases de freinage. L’engin serait commercialisé dès le printemps 2020.

Vélo électrique

Concernant l’Ufeel, une précision s’impose avant de le présenter davantage : Ce n’est pas un vélo à assistance électrique, mais un vélo électrique, sans aucune transmission mécanique. « C’est un concept innovant, car pour la première fois, on ne pédale plus pour déplacer le vélo, mais bien pour générer de l’électricité », confirme dans une vidéo Adrien Lelièvre, à la tête de la startup STEE, filiale de Veloci Industries, qui travaille sur ce programme. Il précise : « Cette nouvelle façon de pédaler permet de découpler l’effort de l’utilisateur avec le relief du terrain ». Le dirigeant souligne qu’il serait même possible d’envisager un niveau d’effort différent d’une pédale à l’autre, pour certaines personnes à mobilité réduite.

Architecture

Concrètement, l’effort du cycliste actionne directement au niveau du pédalier une génératrice chargée de produire de l’électricité. Cette énergie va alimenter le moteur électrique via un ensemble de supercondensateurs qui forment une petite unité de stockage tampon de l’énergie. Ces derniers ont en particulier pour rôle de lisser les variations de puissance. On oublie la chimie à l’œuvre dans les batteries : le dispositif s’appuie sur un principe électrostatique. Pas de lithium, mais du carbone, de l’aluminium et du sel qui dotent les supercondensateurs d’au moins 3 avantages environnementaux d’importance : une longévité qui dépassera celle du vélo lui-même, l’absence de matériaux rares et/ou sensibles, et un recyclage facile qui ne pose pas de problèmes majeurs.

Pour tous, ou presque

Plus encore qu’un vélo à assistance électrique, l’Ufeel ne nécessite pas un gros effort au pédalage. D’où la possibilité d’être utilisé par des personnes pour lesquelles une activité physique relativement intense est déconseillée. « Pédalez comme vous respirez et choisissez votre vitesse par une simple pression du pouce au guidon », est-il expliqué sur le site dédié à cet engin. Une telle architecture donne à ce vélo électrique une autonomie illimitée, ou, plutôt, seulement limitée à la capacité de pédalage de son utilisateur. La pratique de l’Ufeel sera facilitée par un poids qui devrait se situer autour des 15 kilos, bien plus proche de celui d’un vélo classique que de celui d’un VAE.

3 projets

En fouillant sur le site Internet consacré à l’Ufeel, il est possible de découvrir différents prototypes, parmi lesquels un modèle à 3 roues, 2 à l’avant et 1 à l’arrière. « Un confort inégalé : Sa structure à trois roues rend le vélo très confortable et sécurisant ; Pas besoin de poser le pied à terre ! », rapporte l’équipe installée à Olivet (45), en périphérie d’Orléans. Egalement une version « Overboard » a priori gyroscopique, équipée de 2 roues côte à côte, à la manière des gyropodes classiques. La silhouette de l’engin rappelle alors les concepts de motos monoroues. Enfin, le dernier prototype se veut moins en décalage avec un vélo classique, si ce n’est qu’il dispose d’une structure relativement imposante qui tire sa ligne et son centre de gravité vers le bas, et offre un enjambement facile. Un vote est encore proposé sur le Web pour élire son concept préféré. Toutefois la communication dans les médias est actuellement centrée sur cette dernière version dont le design a été « travaillé par des ergonomes pour plus de confort à l’usage : une position de pédalage agréable et calculée pour optimiser votre action musculaire en respectant la positon naturelle du dos », détaille la startup.

Accessoires et équipements

STEE a déjà pensé à une liste d’équipements et d’accessoires, dans laquelle on trouve un siège enfant et une remorque adaptable, un freinage assisté, un éclairage puissant qui se passe de batterie et de dynamo, des espaces de rangement avec serrure pour stocker un casque et transporter des sacs sans risque de chute, une prise USB pour recharger de petits appareils électroniques nomades, et un système de verrouillage à distance. « Plus d’angoisse de se faire voler son vélo, une alerte vous prévient sur votre smartphone lorsqu’il sort d’un périmètre défini. Vous pouvez alors le localiser et le bloquer à distance », souligne STEE. Une fourchette de prix a déjà été communiquée, entre 1.500 et 2.000 euros. Ce qui ne paraît pas excessif au regard des tarifs de vente de certaines trottinettes et autres petits engins de mobilité douce et branchée.

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