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La Green Expedition de Paris au Cap Nord : Un nouveau défi réussi Rédigé par Philippe Schwoerer le 13 Mar 2019 à 00:00 0 commentaires

Après une douzaine de jours de route, les participants à cette seconde édition de la Green Expedition sont arrivés au Cap Nord le samedi 23 février dernier en dépit des épreuves subies (neige, routes verglacées, vents, températures en dessous de -25 °C, etc.). Atypik Travel Organisation qui, avec le soutien principal de Sojasun, a monté cette aventure, se réjouit de pouvoir affirmer que « les objectifs d’endurance, de persévérance, d’ingéniosité et d’éco-conduite ont été atteints ».

Des équipages motivés en Zoé…

Au départ du Futuroscope, le 10 février 2019, 4 équipages particulièrement motivés. Dans une première Renault Zoé, le navigateur, alpiniste et fondateur de Race for Water, Eric Loizeau, qui avait déjà participé en avril 2018 à la première édition de The Green Expedition, en Argentine. Deux autres personnes formaient avec lui la Team Télématin : Laurence de La Ferrière, alpiniste et aventurière, et Laurent Bignolas, présentateur de l’émission Télématin sur France 2. Dans une seconde Zoé, la Team Futuroscope, composée de Marcel Cabdevila et Olivier Héral, respectivement responsable des partenariats et directeur de la création de cet établissement.

…et autres VE

Fondateur de l’association « Voitures hybrides et électriques », Fredéric Mlynarsczyk, et sa compagne Corinne Jamier, participaient à l’aventure dans une BMW i3 aux couleurs de la Team Exxotest. Tous les 2 enseignants en moto-école et réunis dans la Team Mutuelle des Motards, Sacha Cerveira et Sébastien Sohier ont suivi le parcours sur une moto électrique Zero Motorcycles DS de 2017 avec Powertank (batterie additionnelle en prolongateur d’autonomie). Bien connu pour relever de nombreux défis en voiture électrique, Jérôme Fresnay assurait le support technique pour la recharge des véhicules.

350 kilomètres par jour

Les 4 équipages ont parcouru une moyenne journalière de 350 kilomètres. Une performance qu’ATO attribue à 4 facteurs : « l’éco-conduite des pilotes, indispensable pour réaliser de grandes distances par temps froid », des recharges intermédiaires bien planifiées et « effectuées sur les bornes repérées le long du parcours par l’organisation en novembre-décembre 2018 », l’assistance efficace de Jérôme Fresnay, et des pneumatiques adaptés à la neige et fournis par Michelin, également partenaire de la Green Expedition Paris – Cap Nord.

La recharge selon les véhicules engagés, voitures…

« Les pilotes des 2 Renault Zoé pouvaient assez régulièrement, avec une conduite adaptée, effectuer des trajets de plus 200 kilomètres, sans avoir à réaliser de recharge partielle malgré des conditions climatiques extrêmes », rapporte ATO. Sur le terrain, la vitesse moyenne s’inscrivait dans une fourchette de 60 à 80 km/h, avec une consommation qui oscillait entre 19 et 22 kWh aux 100 km. En raison d’un pack d’une capacité énergétique moindre par rapport aux citadines branchées du Losange, 33 contre 41 kWh, il a fallu programmer davantage de recharges intermédiaires pour la BMW i3 et avoir un pied encore plus léger sur l’accélérateur. D’où une consommation moyenne réduite entre 16 et 19 kWh/100 km.

…et moto

Grâce à la batterie additionnelle qui dotait la Zero DS d’une capacité énergétique totale embarquée de 16 kWh, et à une consommation moyenne comprise entre 8 et 10 kWh/100 km, La Team Mutuelle des Motards pouvait rejoindre des étapes à 170-180 km de distance sans recharge intermédiaire. Au-delà, avec une puissance de ravitaillement ne pouvant dépasser les 3 kW, il fallait à cette équipe patienter de 4 à 5 heures pour la recharge intermédiaire médiane quotidienne indispensable au bouclage des 350 kilomètres de route au programme. Pas plus de 65-70 km/h de vitesse pour préserver l’autonomie et piloter sur des chaussées parfois verglacées la moto équipée de pneus cloutés. Pour tenir, Sacha Cerveira et Sébastien Sohier avaient misé sur des équipements adaptés : combinaison X-warm et bottes motoneige, poignées chauffantes, pare-jambes avant supportant 2 phares supplémentaires halogènes.

Compenser la perte de capacité par le froid

Atypik Travel Organisation révèle que « le froid et la neige ont finalement assez peu impacté l’autonomie des véhicules (perte de 15 à 20% au démarrage). En adaptant la vitesse et en privilégiant les phases de récupération (descente, freinage, etc.), il était plutôt aisé de compenser en partie cette diminution de capacité ». Comme en France, la vitesse est limitée à 80 km/h en Norvège : une condition qui joue en faveur d’un meilleur rayon d’action après recharge des batteries. « C’est plutôt la vitesse des recharges qui fut parfois problématique par grand froid. Lors des journées à -20/-25° C, les pilotes pouvaient passer jusqu’à 50% de temps supplémentaire sur une borne afin de faire le plein d’énergie. Il fallait vraiment veiller à arriver avec les batteries chaudes sur les points de recharge intermédiaire pour limiter cet effet », témoigne ATO.

Une première

L’organisation se réjouit de pouvoir annoncer : « Un pays nordique qui accueille, pour la première fois en plein hiver, un raid de véhicules électriques ». Pour les participants, cette aventure a permis de découvrir « un pays fortement ancré dans le développement électrique, écologique, social et durable », explique ATO qui assure que, « d’ici 2025, il ne sera plus possible de rouler avec des véhicules thermiques en Norvège ». Le froid glacial, les points de recharge défectueux, le maillage inadapté et bien d’autres épreuves semblent avoir été le ciment à la création d’un esprit de groupe solide. Un bon point pour les nombreuses bornes disponibles en Norvège.

Un sentiment de réussite

« Les participants sont arrivés à la fin du périple avec un sentiment incroyable de réussite, en sachant que les objectifs avaient été atteints. Ils étaient surtout fiers de ne pas avoir pollué l’environnement ni l’écosystème norvégien. La moto, par exemple, fut autorisée à rouler aux côtés des chiens de traineaux, alors qu’en temps normal aucun véhicule thermique ne peut circuler en compagnie des “mushers” », souligne ATO. Et plein de souvenirs dans la tête des participants après avoir traversé des paysages à la « beauté magique » : « fjords magnifiques, lacs gelés, paysages lunaires du cercle polaire et du Cap Nord, routes enneigées au milieu des forêts, aurores boréales, etc. ». Le meilleur pour la fin ? « Le périple s’est terminé par une expérience immersive incroyable où les baroudeurs ont pu tester la pêche au King Crab et découvrir le peuple Sami, des éleveurs de rennes restés fidèles à leurs traditions et qui vivent en harmonie avec la nature sauvage du Grand Nord norvégien ».

Pourquoi cette expédition ?

« C’est venu d’une volonté, celle de démontrer que nous pouvions pousser toujours plus loin les limites d’utilisation des véhicules électriques. En roulant au-delà du cercle arctique par des températures ultra-négatives, nous démontrons encore une fois que les voitures et motos électriques de série sont prêtes pour effectuer de longs voyages, et cela, même dans des conditions extrêmes. Nous devons donc pousser plus loin l’industrie de l’électrique et nous affranchir des limites présumées pour ce type de véhicules. Et surtout, nous devons sortir le VE de son usage urbain, dans lequel il est encore trop souvent cantonné aujourd’hui. L’impossible n’est pas électrique ! », répond Bruno Ricordeau, organisateur de la Green Expedition.

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