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Posté le 31/01/2018 à 06:00 par EMMANUEL MAUMON - Lu 2107 fois - 7 commentaires


Bus électriques en Ile de France : l’appel d’offres est lancé


Dans le cadre de leur plan « Bus 2025 » visant à rendre propre l’ensemble de leur flotte de bus avec pour cible 2/3 de bus électriques et 1/3 de bus électriques, la RATP et Ile-de-France Mobilités (la nouvelle dénomination du STIF) viennent de passer à la vitesse supérieure en lançant le plus important appel d’offres d’Europe pour l’achat de bus électriques. Un marché représentant un potentiel de commande de 1 000 bus. De quoi faire de Paris et des villes de la petite couronne une référence mondiale du transport urbain public routier très bas carbone. Pour la Présidente de la Région Valérie Pécresse, qui souhaite faire de l’Ile-de-France une métropole attractive et écologique, il s’agit là d’un enjeu de santé publique doublé d’un enjeu industriel majeur. Outre cet appel d’offres lancé avec la RATP, Ile-de-France Mobilités travaille également, pour la grande couronne, au lancement d’un autre appel d’offres d’environ 450 bus sur 3 ans pour accompagner les améliorations de lignes mises en places depuis 2016 et poursuivre l’équipement en bus propres des autres opérateurs d’Ile-de-France (Transdev, Keolis, Car Lacroix…)

Les enseignements des premières expérimentations

Avant de lancer cet appel d’offres pour un déploiement massif de bus électriques, la RATP a mis en œuvre plusieurs expérimentations de bus électriques en conditions réelles au cours des deux dernières années. Des tests réalisés notamment avec les Bluebus de Bolloré sur la ligne 341, mais aussi sur d’autres lignes de référence avec trois autres constructeurs européens : Heuliez Bus, Irizar et Solaris, ainsi que deux constructeurs chinois : Yutong et BYD. Pour Alain Batier (Directeur du matériel roulant bus), ces expérimentations ont servi à vérifier que les industriels étaient bien capables de répondre aux besoins de la RATP, à savoir 180 km d’autonomie par jour avec des profils de ligne très différents. Pour l’instant, la RATP semble privilégier la recharge des bus la nuit au dépôt, ce qui nécessite d’adapter, dans des délais très contraints, ses 25 centres bus. Un véritable défi technologique pour la PDG de la RATP, Catherine Guillouard, qui indique que toute l’entreprise est mobilisée pour relever ce challenge.



Les contours de l’appel d’offres

D’une durée de deux ans, le marché délimité par l’appel d’offres représente un potentiel de commande de 1 000 bus (dont 250 en commande ferme) pour un montant maximum de 400 millions d’euros avec un financement partagé entre la RATP et Ile-de-France Mobilités. Ces deux entités attendent des constructeurs qu’ils proposent des bus standards de 12 mètres de long. Le marché est composé de trois lots, ce qui permettra sans doute à la RATP de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et de traiter avec plusieurs fournisseurs. Il a par ailleurs été dimensionné pour assurer les premiers déploiements de bus électriques. Les premières livraisons « séries » de bus électriques devraient être effectuées fin 2020, mais d’ici-là les expérimentations se poursuivront sur de nouvelles lignes en testant également différents modes de recharge, ce qui permettra à la RATP de maîtriser plusieurs technologies et de disposer ainsi d’un éventail de possibilités.



Les expérimentations se poursuivent

La RATP a en effet annoncé fin décembre qu’après avoir entièrement équipé les 23 véhicules de la ligne 341 en propulsion électriques, ce serait au tour des 15 00 voyageurs quotidiens de la ligne 115 de découvrir ces bus propres et silencieux conçus par le Groupe Bolloré. 10 nouveaux bus électriques circuleront sur cette ligne qui dessert une partie de la Seine-Saint Denis entre la Porte des Lilas et Château de Vincennes. Des bus qui seront rechargeables au terminus avec une prise électrique normalisée. 10 autres bus électriques sont également mis en service sur la ligne 126 (Parc de St Cloud - Porte d’Orléans). Ils sont eux équipés d’un système de recharge partielle en terminus par pantographe inversé. Enfin, trois autres lignes accueilleront prochainement des bus électriques. Il s’agit de la ligne 1 du réseau R’Bus à Argenteuil qui bénéficiera de 4 bus Ebusco supplémentaires, de la ligne 23 du réseau de Versailles qui sera équipée du Bus Aptis du groupe Alstom, et de la Ligne 72 dans Paris qui accueillera 5 Bluebus.



Les bus chinois bien placés

Dominateurs sur le marché du bus électrique (95% des 120 000 bus électriques vendus l’an dernier l’ont été en Chine), les constructeurs chinois semblent être les mieux placés pour se tailler la part du lion dans cette commande de la RATP et d’Ile-de-France Mobilités. Ceci d’autant plus que, bénéficiant d’importantes subventions publiques en Chine, ils sont généralement très bien placés au niveau tarifaire. Conscients que leur nationalité pourrait cependant être un handicap, Ils ont cherché à se franciser. Ainsi, Yutong s’est associé à Dietrich Carebus qui adaptera ses bus en Alsace, tandis que BYD a annoncé un investissement de 10 millions d’euros dans usine implantée dans l’Oise où seraient assemblés ses bus zéro émission à partir de composants importés de Chine. Face à cette forte concurrence, les constructeurs français et européens parviendront-ils à tirer leur épingle du jeu ? Le fait que le marché soit divisé en trois lots semble leur laisser un espoir. Pour certains comme Bolloré, l’enjeu est d’importance et ce dernier compte sans doute tirer profit de plusieurs expérimentations menées avec ses Bluebus.





Mots clés : Mobilité électrique | Véhicules électriques | Bus électriques | RATP | Bluebus | Yutong | BYD
Catégories : Bus électrique et hybride |

Commentaires

Posté le 31-01-2018 à 06:48:54 par Christophe

http://www.airparif.fr/calculateur-emissions/resultats.php
Sur ce calculateur de l’impact de chaque moyen de déplacements, il y a une partie information (i en bas à droite).
http://www.airparif.fr/calculateur-emissions/biblio.html
"Cas particuliers des bus et cars : l’année de mise en circulation des transports en commun n’étant généralement pas connue par les utilisateurs, un facteur d’émissions correspondant au parc roulant moyen de bus et cars en Île-de-France en 2017 est proposé. Afin de rapporter les émissions kilométriques des bus à leur capacité, Airparif a considéré un taux de remplissage de 2/3 d’un bus moyen (12 mètres) soit 60 personnes."
On en déduit donc que les bus parisiens accueillent en moyenne 60 personnes pour une capacité de 90 personnes.
Certains bus électriques sont loin de cette capacité de 90 personnes, notamment ceux embarquant une technologie de batteries à faible densité ; un bus ayant des limites pour la masse, la masse maxi. à l’essieu qui détermine la masse maxi.

Mettre en place des bus électriques, c’est bien mais augmenter leur fréquentation c’est encore mieux pour réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre donc à ce titre les bus doivent avoir la capacité la plus grande possible sachant que le surpoids de batterie impacte la charge utile.

Posté le 31-01-2018 à 07:49:49 par Didier pour Christophe

Un grand bus électrique sans le surpoid des batteries c’est possible, ça s’appelle un trolley bus. Ça nécessite l’installation de caténaires mais je ne suis pas sûr que cet investissement soit si élevé par rapport à l’achat de toute une ligne de bus à batterie, notamment à capacité égale ce qui impliquerait à vous lire davantage de bus. Hélas je trouve que le nombre de lignes de trolley diminue, du moins à Lyon.

Sinon après il y a le tram, c’est plus cher mais la capacité explose, ainsi que la fréquence, et toujours pas de batteries.

Perso je suis pour la mobilité électrique, mais si on peut se passer des batteries c’est aussi bien. Et à mon avis pour une ligne de transport en commun soit des bus qui suivent toujours le même trajet, c’est tout à fait possible.

Posté le 31-01-2018 à 09:08:23 par Henri

Et pourquoi ne pas partir sur des bus à hydrogène comme à Pau ou d’autres villes en Europe ?
Les batteries, c’est de la pollution pour l’extraction du lithium, ce sont des heures d’immobilisation pour recharger (et donc des aires à prévoir pour cela) alors qu’une seule station hydrogène (avec de l’hydrogène "vert" bien sûr) permet d’alimenter une flotte complète

Posté le 31-01-2018 à 09:37:48 par ZoéT

1.000 bus, c’est une autre dimension !

Posté le 02-02-2018 à 14:15:52 par nouh

Ce qui me gêne dans ce programme, ce sont les "non-dit". En effet, les besoins de la RATP pour les bus électriques,à savoir 180 km d’autonomie par jour sont inférieurs à l’autonomie des bus actuels Donc la RATP va se résoudre à biberonner en Terminus ou à mi parcours car j’espère que les lignes ne seront pas réduites en km....
Ces infrastructures en milieu urbains, ajoutées à celles dans les centres bus va avoir un coût énorme qui va amplifier l’ardoise de l’électrification du réseau sachant que les bus au gaz de ville comprimé continueront à circuler en proche couronne comme à Créteil par exemple.
Cette volonté politique de vouloir basculer pratiquement exclusivement vers du bus électrique uniquement sur batterie me semble aussi dangereuse, couteuse que le tout diésel précédemment.
L’avenir sera très certainement à l’électrique mais pas fourni exclusivement par de lourdes batteries. Les PAC et l’hydrogène évoluent à grand pas et les sacrifier reflète la frilosité de la RATP exclusivement dirigée par des politiques qui, le plus souvent, haïssent la technique.

Encore une fois, combien va couter ce passage brutale à l’électrique tant en investissement de matériel roulant que d’investissement en infrastructures lourde et délicate(installations classées pour certaines peut-être).

Que vont devenir les batteries incompatibles avec les besoins d’autonomie mais encore capables de travailler en mode stationnaire.
Y aura-t-il des marchés d’entretiens(coûteux) pour les chargeurs, les batteries ou bien seront-ils maintenus en interne par du personnel recyclé. Qui s’occupera du recyclage à mi-vie et des déchets définitifs?

Toute ces questions sont sans réponses actuellement........

Posté le 05-02-2018 à 17:10:47 par Arnaud

"1/3 de bus électrique et 2/3 de bus électrique" ca fait 100% de la flotte ? Quelle est la quantité requise dans l’appel d’offre ?

Posté le 05-02-2018 à 20:16:45 par Philippe Schwoerer

@Arnaud

Bien vu ! Et merci de nous l’avoir signalé !

Je viens de vérifier : C’est 1/3 de bus au biogaz, et 2/3 de bus électriques.



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