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Corinne Frasson (EVBox) commente la fin du maintien du CHAdeMO Rédigé par Philippe Schwoerer le 28 Mai 2021 à 12:30 0 commentaires

A la direction du fabricant en bornes EVBox France pour véhicules électriques, Corinne Frasson explique au lecteur de l’Avem comment elle perçoit la fin du maintien concernant le standard de recharge rapide CHAdeMO.

 

CHAdeMO

 

Au début du présent mois de mai 2021, le décret n°2017-26 du 12 janvier 2017, relatif aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques, a été modifié. Surprenant nombre d’acteurs et usagers de la mobilité, l’obligation de maintien du tri-standard (Combo CCS2, CHAdeMO, 43 kW AC) jusque fin 2024 a été supprimée, au détriment du connecteur japonais.

Minoritaire, il équipe cependant plusieurs milliers de véhicules électriques qui circulent en France. Si l’on peut mettre de côté les vieillissantes Citroën C-Zero, Peugeot iOn et Mitsubishi i-MiEV qui ne doivent plus se rencontrer très souvent devant les chargeurs rapides, les utilisateurs des Kia Soul EV encore récents, et surtout des Nissan Leaf et e-NV200 toujours livrés neufs dans l’Hexagone avec ce standard, font grise mine.

En particulier les entrepreneurs qui exploitent et apprécient l’utilitaire branché du constructeur japonais.

 

Une évolution cohérente

 

« Nous ne nous attendions pas à cette modification. Le standard CHAdeMO n’est pas abandonné, mais les opérateurs de recharge n’ont plus l’obligation de le maintenir », commente Corinne Frasson.

« Il s’agit d’une évolution très cohérente pour les industries en général et la nôtre en particulier. De la même façon le format Beta pour les magnétoscopes a disparu pour ne conserver que le VHS. En 2014, l’Europe a tranché pour la prise Type 2 au niveau de la recharge AC, et le Combo CCS2 concernant la recharge rapide », compare-t-elle.

« Nissan a en outre indiqué l’abandon du CHAdeMO pour l’Europe », souligne la directrice d’EVBox France.

 

Puissance de recharge

 

« Se focaliser sur le Combo CCS2 est aussi cohérent avec l’évolution de la mobilité électrique. La capacité énergétique des batteries a augmenté. Les puissances de recharge sont plus élevées. En courant continu, nous en sommes à des valeurs de 100-150 kW déjà. Avec le CHAdeMO, on est un peu coincé. Ce standard ne permet pas actuellement d’aller au-delà de 100 kW de puissance de recharge », détaille Corinne Frasson.

 

Faciliter le parcours de l’utilisateur

 

« Tendre vers un seul standard sera beaucoup plus simple pour les utilisateurs. Ceux qui découvraient les voitures électriques étaient parfois perdus devant une borne de recharge présentant 3 gros câbles : 2 pour le courant continu et un pour le courant alternatif. J’ai pu le constater moi-même », témoigne Corinne Frasson.

« Autre évolution, il va devenir possible de proposer la recharge en courant alternatif à partir de 22 kW. Il n’y aura plus d’obligation de conserver le 43 kW sur les chargeurs rapides. Ils pourront ainsi présenter 2 câbles en Combo CCS2 utilisables simultanément », explique-t-elle.

Conçue pour s’adapter aux besoins et usages, la nouvelle borne EVBox Troniq Modular, présentée récemment sur le site de l’Avem, offre clairement cette possibilité.

 

Coller à la réalité du marché

 

« Ce ne sont que des suppositions de ma part, mais j’imagine que la décision du gouvernement de revoir les contraintes en matière de standards de recharge a été précipitée pour coller à la réalité du marché. Il n’avait peut-être pas prévu que la mobilité électrique décolle de cette façon si tôt », envisage notre interlocutrice.

« Avec le déploiement souhaité par le gouvernement, installer des bornes tri-standard coûte beaucoup plus cher. Déjà pour l’achat, mais aussi l’installation, le firmware, et la maintenance. Les câbles sont parfois malmenés, obligeant à les remplacer », met-elle en avant.

« Retenir sur une borne un seul standard rapide représente plusieurs milliers d’euros d’économie par borne en coût total. Conserver le tri-standard se traduit par un surcoût un peu artificiel au regard de l’évolution du marché des véhicules électriques », estime-t-elle.

L’un des best-sellers d’EVBox France, le chargeur EVBox Troniq 50, est déjà prêt. Il est disponible en versions mono-standard, bi-standard, tri-standard.

 

Evolution des bornes AC

 

« Cette logique d’évolution est déclinable aux bornes AC pour lesquelles la présence d’une prise domestique était obligatoire. Cette exigence se traduit parfois par une sous-exploitation de ces bornes. En cas d’utilisation de cette prise, la recharge 22 kW associée au même point n’est pas disponible », signale Corinne Frasson.

« Nous allons vers des modèles de mobilité électrique où les véhicules à 4 roues se développent beaucoup, tout comme ceux à 2 roues. Ce qui peut générer des conflits. C’est pourquoi il est préférable de séparer les espaces, ceux réservés aux deux-roues de ceux pour la recharge des voitures et utilitaires électriques », estime-t-elle.

 

Pas de CHAdeMO pour les poids lourds

 

« Les camions et autobus électriques fonctionnent avec des tensions supérieures à 500 V. Ce qui n’est pas compatible avec le standard CHAdeMO », précise Corinne Frasson.

Les poids lourds sont au cœur de l’actualité d’EVBox. Le groupe a noué un partenariat avec Engie et Mercedes-Benz Trucks. L’adhérent à l’Avem mettra à la disposition des clients du constructeur « ses connaissances exhaustives en matière d’électricité et de solutions de recharge » pour les flottes de camions électriques en dépôts.

L’année 2021 est en effet marquée par la production en série du Mercedes eActros. Engie et EVBox Group sont chargés d’analyser la configuration des dépôts des transporteurs qui recevront en nombre des camions électriques du groupe allemand. Il s’agira ensuite de fournir l’infrastructure, intégrant potentiellement des solutions de recharge intelligentes, et l’énergie appropriées.

Les deux partenaires engagés avec Mercedes-Benz ont également pour mission de contribuer à l’entretien des bornes de recharge et proposeront des services de conseil et des formations techniques sur le courant continu.

L’Avem et moi-même remercions Corinne Frasson pour sa disponibilité et le temps pris pour répondre à nos questions.

 

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