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L’engagement d’un enseignant pour la mobilité durable Rédigé par Philippe Schwoerer le 31 Août 2021 à 06:00 0 commentaires

Aujourd’hui à la retraite, Pascal Georgel construit depuis des années des maquettes pour faire comprendre le fonctionnement des véhicules qui embarquent des groupes motopropulseurs à énergie alternative. D’autres expliquent les énergies renouvelables et les moyens de les stocker

En outre il exploite aujourd’hui bénévolement ses réalisations pour animer, au sein de différentes manifestations, des stands de promotion de la mobilité durable et des sujets qui gravitent autour.

 

Spécialité Maintenance automobile

 

« Avant de rejoindre l’Education nationale, j’ai travaillé dans un garage pendant 6 ans. J’ai ensuite été enseignant pendant 35 ans, en spécialité Maintenance automobile, au lycée professionnel de Gérardmer. Je donnais des cours de techno. J’apprenais en pratique à mes élèves à réparer des voitures », lance Pascal Georgel.

« J’ai toujours voulu être à la pointe pour eux. C’est pourquoi je profitais de mes vacances pour effectuer des stages chez des constructeurs comme Peugeot et Citroën », poursuit-il. « Tout au long de ma carrière, j’ai donc réalisé avec mes élèves des travaux pratiques. Nous montions par exemple des moteurs sur des châssis », illustre-t-il.

 

Shell Eco-marathon

 

« Entre 2001 et 2018, j’entraînais mes élèves à participer au Shell Eco-marathon. Nous devions effectuer le plus de kilomètres possibles avec une certaine quantité de carburant. Seulement 5 centilitres suffisaient à faire rouler notre véhicule sur 25-30 kilomètres. Les chiffres sont ensuite convertis en distance pour 1 litre de carburant. Nous avons dépassé les 600 km à cette échelle », détaille Pascal Georgel.

Le site Internet du Lycée des métiers Pierre-Gille de Gennes rappelle les performances obtenues. En 2001, par exemple, le premier engin, baptisé Indiana Eco, a démarré la série avec 220 km extrapolé. Il était construit sur la base d’un canoë-kayak emporté par un moteur 4 temps Honda de débroussailleuse. C’est avec Carizzma que l’établissement est allé le plus loin : 618 km. C’était en 2010.

 

Face à des écoles d’ingénieurs

 

« Il était difficile de lutter face à des écoles d’ingénieurs à gros budgets. A côté des leurs, nos réalisations avaient l’air de bricolages. Nous avons tout de même décroché 2 prix. En 2004, nous avons reçu celui de l’Education nationale, et l’année suivante le 2e prix du Design », se réjouit encore Pascal Georgel.

« A l’origine, le Shell Eco-marathon se déroulait sur le circuit du Castelet [NDLR : dans le Var]. Puis l’événement a été programmé à Nogaro [NDLR : Gers], à Lausitz, en Allemagne et aux Pays-Bas à Rotterdam », liste-t-il.

« J’avais amené mes maquettes les dernières années, avec des jeux pour faire participer le public. Mais il était déjà très sollicité et n’avait pas le temps de s’y intéresser. Aujourd’hui, ce challenge est moribond », se désole-t-il.

 

Le début des maquettes

 

« J’ai commencé à réaliser de nouvelles maquettes il y a 6 ou 7 ans. Hybride simple, hybride rechargeable, électrique : tout le monde mélangeait tout ! On a fait de belles choses en vidéos, mais on comprend mieux avec des maquettes », assure l’ancien enseignant.

« Les élèves n’ont pas seulement participé aux construction. Nous avons également sorti un recueil sur le sujet. Le tout a servi à animer des présentations le soir, à l’école. Deux ou trois sessions ont accueilli des garagistes. J’ai reçu de bons retours », témoigne-t-il.

« Au départ, j’utilisais principalement du bois pour réaliser des maquettes assez basiques. Maintenant que je suis à la retraite, j’investis davantage de temps et d’argent pour parvenir à des montages améliorés. J’utilise les matériaux en plastique pour aboutir à un meilleur habillage. J’ajoute des pièces réelles, comme des moteurs électriques », explique-t-il.

 

Une vingtaine de montages

 

« Je dois avoir une vingtaine de maquettes différentes, et 12 ou 15 voitures à construire. J’anime bénévolement des salons avec ce matériel, comme à Val-d’Isère en 2018 et 2019 », souligne Pascal Georgel.

« A travers ces montages, je cherche à expliquer la conception et le fonctionnement des voitures électriques, hybrides et à hydrogène. Je pense que la voiture de demain sera électrique, à batterie ou à pile H2. Mais elle n’a d’intérêt que si l’énergie qui l’alimente est d’origine renouvelable », associe-t-il.

« Avec mes maquettes, je compare aussi les carburants, les bornes de recharge, je présente la production d’électricité verte, la pile à combustible et les différents moyens de stocker l’électricité », poursuit-il.

« Les énergies renouvelables sont pour la plupart intermittentes. Il faut de l’eau pour faire tourner les turbines des centrales électriques, du vent pour les éoliennes, du Soleil pour les parcs photovoltaïques. Les batteries et l’hydrogène offrent des solutions de stockage. Mais il y a aussi les volants d’inertie et les systèmes à ressort que je présente également », met-il en avant.

 

Exemples de réalisations

 

Certaines réalisations de Pascal Georgel adoptent des dimensions plus généreuses et/ou font l’objet d’une mise en scène plus importante. « Pour présenter l’hydrogène, j’ai un plateau avec un barrage hydraulique, une éoliennes et un panneaux solaire qui alimentent un électrolyseur. Le gaz est au final délivré dans une station dédiée après compression dans une cuve », commente-t-il.

« J’ai aussi construit un système autour d’un moteur pneumatique. L’air comprimé pour son alimentation est produit avec un vélo. Nous avons bien là une énergie propre, mais avec au final un mauvais rendement », pointe-t-il.

 

Maquette à l’échelle 1

 

« Aujourd’hui je suis en train de construire un véhicule électrique à l’échelle 1, fonctionnant à batterie et pile hydrogène. J’ai pour cela acquis un Renault Twizy 45 neuf accidenté et sans batterie duquel j’ai récupéré différents éléments. Mon engin est déjà fonctionnel grâce à un pack NiMH qui vient d’un Peugeot 3008 hybride », développe notre interlocuteur.

« Sous une carrosserie vintage qui évoque une Bugatti, la batterie est démontable. Les visiteurs des salons dans lesquels j’interviens pédaleront et pourront évaluer l’effort à réaliser afin de parcourir une certaine distance », promet-t-il.

« Pour compléter ce montage, je cherche une pile à combustible, même si elle n’est plus en état », appelle-t-il.

 

Présent au salon des VE de Pléneuf-Val-André

 

Pascal Georgel sera présent sur le salon du véhicule électrique qui se tiendra au golf Bluegreen de Pléneuf-Val-André, du 17 au 19 septembre 2021. « J’ai proposé d’animer un stand, et d’effectuer plusieurs présentations ludiques avec diaporama et questionnaires à remplir par les participants. Je m’adapte à un public de 8 à 80 ans qui est invité à me poser des questions », confirme-t-il.

« Quelques jours plus tard, je participerai à une conférence organisée avec la mairie d’Hillion, sur une proposition de Pascal Houssard », conclut-il.

Les pionniers de la mobilité électrique sont nombreux en France à connaître ce dernier. Lorsqu’il était directeur général du Syndicat de l’énergie de Vendée (SyDEV), il a donné toute son énergie au Vendée énergie Tour. Aujourd’hui au Conseil d’administration de l’Avem, il poursuit son investissement pour la promotion de la mobilité électrique.

En plus de la conférence qui devrait se tenir le mercredi 22 septembre à la mairie d’Hillion, suivie par un défilé nocturne de VE, Pascal Houssard s’est mobilisé avec La Voiture Electrique pour que puisse tout de même avoir lieu le premier salon branché des Côtes-d’Armor. Soutenu désormais par l’Avem, ce dernier devait à l’origine être accueilli au Manoir Saint-Michel de Fréhel dont le gérant était à l’organisation.

L’Avem et moi-même remercions beaucoup Pascal Georgel pour son témoignage.

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