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Essai : Après 5 jours en SUV électrique chinois Aiways U5 Rédigé par Philippe Schwoerer le 06 Avr 2021 à 08:29 0 commentaires

Aiways vient de lancer son offensive en France avec une équipe qui propose aux automobilistes de découvrir le U5, premier modèle de la marque commercialisé en Europe. Parfois déroutant, ce SUV électrique pourrait bien intéresser les conducteurs de VTC et les taxis qui trouveront avec lui un véhicule très spacieux, accueillant, et séduisant. A condition de le stabiliser. Sur route et en ville, l’engin est un peu délicat à apprivoiser.

 

Avant-propos

 

Si vous êtes à la recherche d’un véhicule électrique spacieux et relativement abordable, l’Aiways U5 mérite un essai.

Si nous commençons ainsi cet article, c’est en raison de divers points que nous plaçons en négatif, mais qui pourront très bien ne pas poser de problèmes pour nombre d’automobilistes. Certains pouvant sans doute même être corrigés rapidement avec une mise à jour des logiciels du véhicule. D’où la nécessité, comme avec toute voiture, de vous faire votre propre opinion avec un essai relativement long.

Lors de notre prise en main, nous avons rapidement relevé plein de petits points surprenants. Au bout des quelques jours, certains ne nous paraissent plus être des problèmes. Par exemple la relative dureté de la manette des clignotants et le bruit façon tic-tac de bombe à retardement de dessin animé.

Pour d’autres, la question se pose encore. Ainsi nombre d’indications au tableau de bord, ou ailleurs, difficilement lisibles. Mais aussi et surtout les observations liées à la conduite du SUV chinois.

 

 

A fond la carte de la séduction

 

Extérieurement, la première impression est plutôt bonne sur l’Aiways U5. Les lignes latérales sont bien réussies et l’arrière relativement équilibré. L’avant est éventuellement plus discutable. Les petites « poches » noires sous les phares lui donne un air de raton laveur. Celle de gauche abrite très discrètement les connecteurs de recharge. Une simple pression dessus permet de l’ouvrir ou de la verrouiller.

En revanche, en blanc, avec la plaque d’immatriculation de la même couleur, l’avant peut donner l’impression qu’il manque quelque chose. C’est cependant une affaire de goût. Car globalement, c’est une voiture qui attire les regards et qui semble véritablement plaire.

Moquette noire, sellerie et garnitures marron et beige très clair, sièges cuir micro-perforés : l’intérieur donne une belle impression de haut de gamme. Avec toutefois un doute sur le rendu au bout de quelques années. Notamment le revêtement presque blanc du tableau de bord qui semble poreux. Il fait partie des nombreuses parties moussées.

Celles en plastique dur ne détonnent pas. En bref, on a tout de suite envie de s’installer à bord.

 

 

Espace pour tous les passagers

 

Le conducteur aura peut être un peu de difficulté à trouver la distance qui conviendra le mieux pour accéder de façon confortable à la fois au pédalier et au volant. Les réglages sont électriques. Il faut vraiment être très grand pour devoir reculer le siège à fond.

A l’arrière les jambes peuvent être pas mal étendues. Les genoux ne devraient pas cogner dans les dossiers des dossiers devant. Oubliez carrément la seconde classe des TGV ! Dans l’Aiways U5, on est vraiment à l’aise.

Le coffre de 432 litres offre un espace correct. En rabattant les sièges, le volume grimpe à 1.555 litres. Il ne faut cependant pas oublier les 2 sous-coffres qui permettent de glisser bien du fourbi, ni le rangement sous le capot avant qui pourra, par exemple, accueillir les câbles de recharge.

La résonnance de la tôle en refermant ce dernier fait un peu cheap, d’autant plus qu’il faut le claquer bien fort pour le verrouiller.

 

 

Long SUV

 

Si l’espace à bord de l’Aiways U5 est si généreux, c’est en particulier parce que sa longueur est relativement importante : 4,68 m, pour 1,86 m de large. Avec une largeur similaire, il s’étire davantage que le Volkswagen ID.4 (4,58 m) et le Skoda Enyaq (4,65 m). Tout juste au-dessus de lui, on trouve le Mitsubishi Outlander PHEV (4,69 m).

Employant des matériaux légers dont l’aluminium, le SUV chinois surprend par son poids. Seulement 1.720 kg sur la balance. C’est par exemple 40 kilos de moins que le Hyundai Kona électrique 64 kWh, moins long de 50 cm, et qui embarque une batterie d’une capacité énergétique similaire.

 

 

Le volant : ce casse-tête

 

Avant de prendre la route, il y a la bonne hauteur de volant à trouver pour bien lire les informations sur le triptyque numérique qui sert de tableau de bord. Le volant n’étant pas rond, il ne sera jamais possible de pouvoir les consulter toutes et en toutes circonstances. Au moins les plus importantes, et notamment la vitesse instantanée, sont elles bien placées au centre.

Hélas, beaucoup de données sont indiquées en caractères trop petits. Il faut du temps pour repérer qu’il y a bien une ligne, très discrète, qui permet d’évaluer la puissance d’accélération ou de régénération. On finit par abandonner l’envie de suivre son évolution.

Aiways a prévu 3 présentations très différentes pour l’écran central derrière le volant. C’est une très bonne idée ! Il est ainsi possible de choisir celui qui apparaîtra personnellement le plus lisible.

 

 

Joli mais pas forcément pratique

 

L’écran de gauche peut délivrer différentes informations au choix : pression des pneus, données de conduite (consommation et vitesse moyennes, distance parcourue, etc. depuis la dernière initialisation), graphique, etc.

Le scénario de remise à zéro, grâce à une molette sur le volant, s’acquiert rapidement. Mais là aussi, les chiffres sont trop petits. L’écran de droite permet de choisir une station de radio. Le son n’est cependant pas d’une très grande qualité, avec des différences de netteté en roulant, surprenantes de nos jours.

Les boutons au volant sont petits, pas toujours très évidents à actionner, avec des pictos à peine visibles dans différentes conditions (lunettes de Soleil par exemple).

Comme le cerceau n’est pas rond, le laisser revenir en contrôlant sa vitesse de la paume d’une main est moins évident. Là encore, c’est l’esthétisme qui a primé sur le côté pratique. On s’y fait cependant relativement bien.

 

 

Ecran tactile 12,3 pouces

 

Sans fioritures, l’écran numérique et tactile 12,3 pouces, un peu tristoune, est facile à exploiter. Il s’intègre très bien au tableau de bord. Mais il ne propose pas de GPS. Pour disposer d’une cartographie, il faudra établir une connexion avec votre smartphone (Apple Carplay, Carbit), ce dernier fournissant alors le soft de navigation.

Cette tablette permet de régler facilement la ventilation, mais aussi divers paramètres. Curieusement, il est possible avec elle d’ouvrir et fermer toutes les vitres individuellement, alors que le conducteur dispose déjà de cette possibilité avec des boutons sur l’accoudoir de la porte.

C’est ici aussi que l’on va régler la puissance de régénération, l’éclairage d’ambiance à bord qui donne presque l’impression que le véhicule est vivant, affiner le fonctionnement des divers systèmes d’aide à la conduite, etc.

Une notice est accessible, où le pire côtoie le meilleur. Certains textes sont impeccables. D’autres sont quasiment incompréhensibles. On passera sur les titres laissés en d’autres langues.

A noter que le bouton des feux de détresse est jeté au plafond. L’activer dans l’urgence relèvera du coup de chance.

 

 

Suspension : correct !

 

Comme pour nombre de points sur ce SUV électrique, il est impossible de donner une note maximale à la suspension. Découvrir l’engin en ville sur une route dégradée et jalonnée de plaques d’égouts laisse tout de suite penser que les suspensions sont trop fermes, et même désagréables. On redoute alors d’avoir à franchir des ralentisseurs.

Eh bien là on a tort d’éprouver cette crainte ! Parce que justement, sur les gendarmes couchés, par exemple, le système d’amortissement se montre souple et filtre bien. A tel point qu’on pourrait alors imaginer que le véhicule prendra du gîte en virage. Et là encore on se ferait une fausse idée, car l’Aiways U5, bien que haut, gère très bien les ronds-points et les virages sur routes sinueuses (il y a mieux, mais c’est plus cher).

En bref, sans ce comportement discutable à petite vitesse en ville, la suspension serait quasi parfaite. A noter d’ailleurs que cette mauvaise perception dans ces conditions semble être limitée aux places avant.

 

 

Freinage et régénération : A corriger SVP !

 

C’est en roulant que nous avons repéré les points les plus critiquables sur l’Aiways U5. Peut-être que des mises à jour de logiciels pourront les corriger. Peut-être également que certains points sont apparus avec la toute dernière version du soft qui a été installée avant que nous prenions en main le véhicule.

Tout d’abord la pédale des freins est très difficile à doser. Avec 4 disques très volumineux, son action enverrait presque les passagers avant dans le pare-brise. C’est d’autant plus embêtant que la régénération est elle aussi très difficile à maîtriser.

Pour nous, lever le pied de l’accélérateur devrait permettre de moduler très facilement la puissance de régénération. Pas sur l’engin de notre essai.

 

 

Comportement

 

Vous souhaitez juste décélérer un peu. Vous relevez donc doucement le pied. Comme il ne se passe rien, vous relâcher un peu plus. Mais à un moment, le véhicule va décider d’envoyer la puissance maximum de régénération. Ce qui est beaucoup trop dans la plupart des cas. Alors vous redonnez un peu de gaz. Et là l’Aiways arrête de ralentir.

Du coup, dans une descente ou pour suivre une voiture, vous pouvez passer votre temps à alterner puissantes régénérations et relances. Un peu comme si la voiture ne savait pas faire autrement qu’accélérer et ralentir. C’est très désagréable et peu sécurisant, notamment quand ça se produit dans les virages.

Le pire, c’est lorsque que vous avez sélectionné le mode de conduite Sport avec la régénération la plus forte. Mais ce n’est pas beaucoup mieux en mode Normal et régénération intermédiaire. Pour faire disparaître le phénomène, nous n’avons rien trouvé de mieux que de positionner cette dernière au niveau faible. On est presque en roue libre dans ce cas. C’est cependant aberrant de devoir se passer de récupération d’énergie à la décélération sur une voiture électrique !

Autre phénomène : vous arrivez à un rond-point et vous souhaitez déclenchez la régénération. Vous relâchez alors l’accélérateur d’un coup ! Ben non, ça ne marche pas, le véhicule ne ralentit qu’avec les autres forces qui contrarient son mouvement (air, pneu, etc.).

 

 

Aides à la conduite

 

Commençons ici par un très bon point : l’Aiways U5 conserve les réglages du dernier trajet. C’est à contre-courant de ce que font bon nombre d’autres constructeurs. Pourtant, ça paraît si normal de retrouver la puissance de régénération, le mode de conduite et les dispositifs d’aide à la conduite précédemment activés.

Mais ces derniers semblent connaître des fonctionnements aléatoires. On se demande s’ils sont ou non actifs parfois, et les pictos au tableau de bord apparaissent peu fiables à ce niveau. Sur voie rapide à 110 km/h, l’Aiways signalait des obstacles en permanence, avec un volant qui semblait hésiter sur la décision à prendre, presque comme si une roue était voilée.

Avec tous les signaux sonores et messages « Obstacles » au tableau de bord, je me voyais déjà en capitaine Sully devant faire poser son U5 sur l’Hudson ! L’avant veille, nous avions déjà trouvé désagréable de devoir lutter avec un vent latéral et le dispositif de maintien dans la voie.

Le SUV électrique chinois prend en outre les limitations de vitesse des bretelles de sortie pour celle de la route principale. D’autres véhicules connaissent aussi ce problème qui serait résolu en croisant les infos des capteurs à l’avant avec des données GPS.

Bref, dans ces conditions, mieux vaut se passer de tous ces dispositifs ! Toutes ces imperfections en roulage ternissent les points très positifs. En particulier la grande vivacité en ville et sur route, et l’impression de disposer d’un véhicule auquel il ne manquerait pas grand chose pour être très agréable à conduire et que rien n’arrête.

Notre accélération, départ-arrêté, en bas d’une côte à presque 20%, était tout simplement impressionnante (moteur 150 kW, couple maximum de 315 Nm) !

 

 

Consommation et recharge

 

Selon le standard Combo CCS, l’Aiways U5 dispose de la recharge rapide jusqu’à une puissance de 90 kW. Notez bien que nombre de chargeurs DC plafonnent encore à 50 kW. Les 35 minutes promises par le constructeur pour passer de 20 à 80% d’énergie dans la batterie risquent de se transformer en presque une heure de temps.

Le SUV électrique embarque par ailleurs un chargeur AC 6,6 kW. Lors de nos recharges, nous avons noté des données incohérentes sur le temps estimé restant. Avec, à l’arrivée, plusieurs heures d’attente en moins (branchement sur une prise domestique).

La batterie de 63 kWh utiles crédite l’Aiways U5 d’une autonomie WLTP mixte de 410 kilomètres. Sa consommation moyenne serait de 16,8 kWh/100 km. Dans notre essai promenade, nous sommes arrivés à 15,5 kWh/100 km, sans chercher spécialement à battre des records (Mode de conduite Normal, niveau maximal de régénération, pas de vent, Soleil, 18°C, pas de climatisation, poids supérieur à 200 kg pour les personnes transportées, coffre vide).

Nous avons obtenu 17,3 kWh/100 km par des trajets cumulés comprenant un peu de ville, un peu de voies rapides, et majoritairement des routes départementales. Enfin, dernier essai, avec 75% de voies rapides abordées à 110-120 km/h compteur, 11° C à l’extérieur, vent : 23,4 kWh/100 km.

 

 

A partir de 39.300 euros

 

Dans sa version Standard déjà très bien équipée, l’Aiways U5 est proposé à 39.300 euros (bonus gouvernemental de 7.000 euros à déduire).

La finition Premium, pour 42.400 euros, apporte quelques équipements supplémentaires : siège cuir, toit ouvrant panoramique, chargeur de smartphone par induction, écran additionnel de climatisation, hayon à ouverture automatique avec détection par le pied, jantes 19 pouces en aluminium, etc.

Le modèle que nous avons essayé, mis en circulation en début d’année 2021, est considéré comme modèle 2020. Tout en étant en finition premium, il ne disposait pas de toute la liste des équipements spécifiques. Il n’avait pas, par exemple, le toit ouvrant.

 

 

Remerciements

 

L’Avem et moi-même remercions La Voiture Electrique (6 rue Niepce à Saint-Brieuc) et son très sympathique dirigeant pour le prêt de l’Aiways U5. Nous publierons prochainement une interview de Gabin Lucas.

 

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La Voiture Electrique

6 rue Nièpce

22000 Saint-Brieuc


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