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Inédit : La blockchain dans l’itinérance de la mobilité électrique Rédigé par Philippe Schwoerer le 07 Déc 2017 à 00:00

Fin novembre dernier, le groupe EDF et ses filiales Sodetrel et Es ont souhaité démontrer que les déplacements transfrontaliers et à longues distances en véhicules électriques peuvent être facilités grâce, notamment, à la technologie blockchain. C’est dans le cadre du programme Oslo2Rome, coordonné par la société allemande MotionWerk avec sept partenaires européens majeurs parmi lesquels Sodetrel, que l’expérimentation a été menée, avec, pour la France, 2 Renault Zoé et une Tesla. Pour sésame, un portefeuille e-Mobility qui a permis aux équipages EDF et assimilés de tester un réseau transfrontalier de bornes de recharge présélectionnées entre la France et l’Allemagne. A valider, en particulier, le repérage des différents points de recharge compatibles avec l’expérimentation, et le paiement en crypto-monnaie. A noter qu’il s’agit d’une première mondiale !

Blockchain

La blockchain, ce n’est pas qu’un support qui a permis le développement de cette monnaie cryptographique que l’on nomme bitcoin. Pour diverses applications très précises, il est possible de créer un espace qui fournit un moyen transparent et sécurisé d’effectuer, enregistrer et de vérifier tous types de transactions. Ces dernières ne sont pas nécessairement financières. Pour la mobilité électrique, ça peut être une demande de recharge des batteries, qui va être déposée dans une base de données via un soft mis à disposition par un opérateur aux électromobiliens. Cet environnement de stockage des transactions ne sera pas propre à ce professionnel. Ce qui signifie que les bornes de recharge activables via la blockchain pourront être déclenchées par tout opérateur ayant développé une application compatible. Bien sûr, dans notre exemple, il y aura bien à un moment la notion du paiement de l’opération de recharge, mais a priori sans commission supplémentaire facturable aux électromobiliens.

En exemple

Le scénario de déclenchement de la recharge peut se scinder en 6 étapes. Tout d’abord, via une application à disposition, un électromobilien va effectuer une demande pour ravitailler sa voiture électrique en énergie depuis la borne devant laquelle il vient de la garer. Le soft envoie une commande « Start » au réseau blockchain. Cette demande est ajoutée à un nouveau bloc sur la base de données de la blockchain. Dans le cadre de l’expérience Oslo2Rome, ce bloc est partagé entre toutes les parties liées à la blockchain décentralisée Ethereum, parmi les plus connues des initiés après celle consacrée aux bitcoins. Ces parties vont valider le bloc, qui devient un enregistrement transparent et inaltérable. La station qui pilote la borne va récupérer dans la blockchain toutes les nouvelles transactions la concernant, dont notre commande « Start », qui va déclencher la mise en activité de la borne sur laquelle est branchée la voiture à recharger.

Avantages de la blockchain

Les avantages d’exploiter la blockchain pour la mobilité en générale d’aujourd’hui et de demain sont très nombreux. Quand il s’agit de mobilité électrique et de la recharge des batteries de traction, ont peut immédiatement en citer 7. Tout d’abord une simplification des process pour les opérateurs de recharge qui n’ont plus à gérer l’authentification des utilisateurs, le paiement et la facturation automatique. Une commodité d’usage, puisqu’un seul ID, – client ou véhicule -, permet de déclencher la recharge à partir des bornes vues par une même blockchain. Une exploitation possible et automatisée avec les voitures électriques à conduite autonome via un système de recharge à induction. La confidentialité d’une architecture sans serveur central : pas de profilage ni de suivi des déplacements des électromobiliens. S’y ajoute la sécurité des transactions, et en particulier pour le processus de paiement. Egalement, profitable aux usagers, une réduction des coûts de gestion pour les opérateurs due, en partie, à une intégration logicielle/matérielle simplifiée. Enfin, la possibilité d’intégrer cette architecture dans les villes et réseaux intelligents.

Architecture testée

C’est cette architecture via la blockchain Ethereum que les 3 équipages EDF et affiliés ont testé le 29 novembre en rechargeant leurs véhicules à Toul (54), Metz (57), Sarrebruck (Allemagne), puis le 30 novembre à Fribourg-en-Brigsau (Allemagne), Pfastatt (68) et sur l’aire du Haut-Koenigsbourg à Orschwiller (67). Au même moment, d’autres voitures électriques, mises sur la route par les autres partenaires du programme, ont également traversé des frontières, en circulant en Autriche, aux Pays-Bas, en Norvège et en Suède. Chez EDF Lab, Gilles Deleuze commente : « Oslo2Rome est un cas d’utilisation très pertinent pour la technologie blockchain. Il combine les transactions, le stockage de données, des parties prenantes diversifiées ayant à utiliser un registre commun avec une coordination minimale, les enjeux financiers. L’aspect transfrontalier de cette expérience est également très pertinent pour un démonstrateur blockchain ». Pour lui, c’est certain, l’environnement « facilite le paiement de la recharge et donc l’interopérabilité entre les fournisseurs européens de stations de recharge de véhicules électriques ».

Recharger simplement sa voiture électrique

Dans le dossier de presse téléchargeable ci-dessous, EDF, et ses filiales, dont Sodetrel, témoignent que l’idée formulée par MotionWerk d’utiliser la technologie blockchain est née d’un constat que l’on retrouve dans maintes réactions d’électromobiliens : « Le ravitaillement simple à chaque station-service en Europe, même au-delà des frontières nationales, est parfaitement normal pour les véhicules essence ou diesel, mais encore parfois complexe pour les conducteurs de voiture électrique, en raison de la multiplicité des opérateurs et des moyens d’accès ». Ce portefeuille e-Mobility, évoqué dans notre introduction au présent article, est en quelque sorte apparenté à un portefeuille virtuel. C’est la solution logicielle que l’entreprise allemande a ainsi mis au point, en coopération avec ses partenaires européens, afin de simplifier à l’avenir l’itinérance de la mobilité électrique.

Réalisable dans un proche avenir

Pour les porteurs du programme Oslo2Rome, l’expérimentation qui s’est déroulée fin novembre dernier « tend à démontrer qu’un réseau paneuropéen basé sur une blockchain est réalisable dans un proche avenir ». Dietrich Sümmermann, directeur général de MotionWerk, assure : « Avec l’expérimentation Oslo2Rome, nous innovons maintenant, non seulement en examinant comment un réseau européen de tarification, basé sur la technologie blockchain, peut être mis en service, mais en étudiant également les fonctions importantes utilisées par les conducteurs. C’est un grand pas vers un réseau de tarification coopératif et décentralisé, qui dépasse les frontières des entreprises et des Etats ». Les vrais blocages, aujourd’hui, viennent des différentes réglementations qui régissent la revente de l’électricité dans les pays européens. D’où une première étape où chacun des partenaires se concentre sur l’intégration de leurs propres stations de recharge. Mais à terme, l’objectif consiste à connecter le plus largement possibles toutes ces installations, y compris les points privés.

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