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La mobilité électrique s’invite dans le secteur des poids lourds Rédigé par EMMANUEL MAUMON le 01 Nov 2017 à 00:00 0 commentaires

Si la mobilité électrique s’impose de plus en plus comme la solution du futur pour les voitures, au point que désormais pratiquement tous les constructeurs s’apprêtent à sortir des modèles électriques, le monde des camions ne semblait pas jusqu’à présent être bien adapté à cette évolution et, pour aller vers une mobilité propre dans ce secteur, les solutions ayant recours au GNV avaient plutôt le vent en poupe. Cette situation risque bien de changer assez rapidement et la présentation par le groupe Daimler, lors du salon de Tokyo, de son futur camion électrique illustre bien ce changement de donne, d’autant plus que Tesla va lui aussi présenter le 16 novembre son projet de camion électrique. Dans les deux cas, il faudra encore patienter quelques années pour que ces véhicules soient disponibles sur le marché, mais la tendance est amorcée et elle pourrait bien devenir irréversible.

La présentation de l’E-Fuso Vision One

Daimler a donc créé l’événement au Tokyo Motor Show en dévoilant l’E-Fuso Vision One développé par sa filiale MFTBC (Mitsubishi Fuso Truck & Bus Corporation). Un concept de poids lourd tout électrique de 23 tonnes capable d’embarquer onze tonnes de charge utile, soit seulement deux de moins que son équivalent diesel. Son pack de batteries d’une capacité énergétique de 300 kWh lui procure une autonomie de 350 km en une seule charge. Insuffisant pour assurer du transport de longue distance, raison pour laquelle l’E-Fuso Vision One est destiné aux trajets régionaux intra-urbains. Daimler envisage de décliner ce concept en un modèle de série, mais pas avant quatre ans et sur des « marchés mûrs » comme l’Europe et le Japon, qui seront capables de fournir les infrastructures de charge rapide susceptibles de stimuler l’électrification du transport routier. Pour le constructeur, la conception de camions électriques pour le transport long courrier demandera encore beaucoup plus de temps, mais le lancement de l’E-Fuso marque son engagement à électrifier à terme toute sa gamme de produits.

Le Fuso eCanter : déjà une réalité à New York

S’il faudra encore s’armer de patience pour voir circuler en ville l’E-Fuso Vision One, Daimler Trucks fait déjà circuler à New York un premier modèle de camion électrique : le Fuso eCanter dont la production en série a débuté, encore à volume limité, dans les usines de Kawasaki et Tramagal. En septembre, 8 Fuso eCanter ont été livrés à des organisations à but non lucratif et ils traversent désormais la grande métropole américaine, sans bruit et sans émission. Camion 100% électrique léger disposant d’une autonomie d’une centaine de kilomètres avec une capacité de charge de 3,5 tonnes, l’eCanter est la solution prônée par Daimler pour assurer de manière écologique la distribution continuellement croissante de centre-ville. En plus d’être respectueux de l’environnement, le Fuso eCanter est économique pour ces utilisateurs. Des économies sur les coûts d’exploitation allant jusqu’à 1 000 euros par 10 000 km par rapport à un camion diesel conventionnel. De quoi intéresser fortement de gros clients, à commencer par UPS qui souhaite rendre sa flotte plus écologique avec l’eCanter.

Tesla et son camion : bientôt la fin du mystère

Même si elle s’est fait griller la politesse par Daimler, c’est tout de même Tesla qui est à l’origine de l’intérêt croissant pour les camions électriques du futur. Elon Musk a en effet annoncé cet été qu’il présenterait à la rentrée son projet de camion électrique et autonome avec lequel il entend opérer la même révolution que dans le monde de l’automobile. Déjà reportée à deux reprises, cette présentation est aujourd’hui programmée pour le 16 novembre. Tesla devrait alors lever le voile sur son concept pour lequel il a volontairement entretenu le suspense, ne laissant filtrer qu’une photo bien mystérieuse. Aujourd’hui, les rares suppositions laissent entrevoir que ce modèle aurait une autonomie comprise entre 200 et 270 km et qu’il disposerait d’un système de conduite semi-autonome reprenant le principe de l’Autopilot disponible sur les Tesla Model S et Model X. Compte tenu de cette autonomie assez faible pour des semi-remorques habitués à parcourir de longue distance, la firme californienne miserait surtout sur le coût d’utilisation de son camion (inférieur de 70% à celui d’un diesel) pour en garantir son succès. Mais Tesla n’étant pas avare en surprises, attendons patiemment le 16 novembre pour en savoir plus.

L’hydrogène, une alternative au manque d’autonomie

Aujourd’hui, l’avenir du camion électrique semble obscurcit par la question de l’autonomie. Les semi-remorques étant très énergivores du fait de leur masse, ils devraient disposer de batteries gigantesques pour avoir un rayon d’action décent. Pour contourner ce problème, une alternative pourrait venir de l’utilisation de l’hydrogène. Un constructeur s’est d’ailleurs déjà engagé dans cette voie. Nikola Motor a en effet présenté un prototype, baptisé « Nikola One », dont l’autonomie théorique serait comprise entre 1 300 et 1 900 km. Ce camion est doté de 4 moteurs électriques fournissant une puissance totale de 1 000 ch, avec un couple de 2 711 Nm. De quoi monter les côtes plus rapidement que n’importe lequel camion diesel selon Trevor Milton, le PDG de Nikola Motor. Les moteurs sont alimentés par une batterie de 320 kWh faisant office de tampon puisqu’il y a derrière une pile à combustible de 200 kW et un réservoir de 100 kg d’hydrogène, pour l’alimenter en continu, ou presque. Pour l’instant, le Nikola One ne sera commercialisé qu’aux Etats-Unis et au Canada où il ne sera pas vendu, mais disponible uniquement en leasing avec un contrat de 72 mois, carburant inclus.

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