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La renaissance de Borgward passera par un SUV hybride rechargeable Rédigé par Philippe Schwoerer le 17 Sep 2015 à 00:00

Borgward, une nouvelle marque ? Il faut déjà bien connaître l’histoire de l’automobile en Europe pour extirper de sa mémoire ce constructeur allemand disparue à l’aube des années 1960. A Genève, en mars dernier, Christian Borgward, petit-fils de Carl Friedrich Wilhelm Borgward, créateur de la firme éponyme, annonçait que la motricité électrique piloterait aussi la renaissance de l’entreprise. « L’e-mobilité est un sujet majeur pour Borgward », pouvait-on lire dans les documents alors communiqués à la presse. On n’en savait pas beaucoup plus ! Désormais, la Borgward du XXIe siècle a un nom : BX7. Une des versions de l’engin embarquera une chaîne de traction hybride rechargeable. C’est à celle-ci que nous allons nous intéresser ici.

Losange retouché

Qu’il est curieux de retrouver le losange de Borgward, restylé, sur la calandre d’un SUV ! Un peu, comme si, d’un claquement de doigt, l’entreprise venait de faire un pli sur la frise du temps pour asseoir son avenir en le raccrochant à son glorieux passé. Et c’est bien ce qui se passe, dans le fond. En mars dernier, le petit fils du fondateur de la marque déclarait : « Nous construisons des voitures Borgward dignes de porter ce nom, car elles sont synonymes de luxe, d’inventivité et d’audace. Tout comme celles que fabriquait mon grand-père ». Eh bien, nous y sommes !

Chaîne de traction

Prêt à transporter jusqu’à 7 personnes, le Borgward BX7 hybride rechargeable s’appuie sur une chaîne de traction dont les éléments n’ont pas tous été arrêtés. Si rien, ou presque, ne filtre au sujet de la batterie, on sait déjà qu’un bloc essence de 2 litres de cylindrée, convoquant 224 chevaux à 5.500 tr/min pour 300 Nm de couple, s’occupera du train avant. Avec le moteur électrique qui activera les roues arrière, l’engin disposera d’une puissance cumulée de 401 chevaux (295 kW) pour un couple total de 650 Nm. En mode électrique, après recharge des accumulateurs, le SUV disposerait d’une autonomie de 55 kilomètres. Quasiment un standard ! Le cycle NEDC a fixé sa consommation en usage mixte à environ 2,2 litres au 100 km. Ainsi, ses émissions en CO2 tourneraient autour des 50 grammes au kilomètre. Avec ces chiffres, en France, le BX7 décrocherait aujourd’hui le bonus de 4.000 euros, et son complément de 2.500 au titre du superbonus pour le sacrifice d’un véhicule diesel mis en circulation avant le 1er janvier 2001.

Un air déjà vu chez Audi

Pour qui connaît bien le monde des SUV, le Borgward BX7 a obligatoirement un air de déjà vu ! Sa ressemblance extérieure avec le Q5 commercialisé par Audi est flagrante. Seule la face avant permet de les distinguer immédiatement. Pour le reste de la ligne, ça ressemblerait presque à du copier/coller ! Et pourtant, la silhouette de l’engin prend une place au sol légèrement différente : 4,71 x 1,91 mètres, contre 4,64 x 2,09 pour le Q5 2016. A l’intérieur, en revanche, on découvre globalement une identité propre à la marque, sans doute quelque peu perturbée par, sur le volant, le logo en forme de losange qui, chez nous, a une toute autre signification que de désigner un univers luxueux. L’implantation des sièges est originale en version 7 places, avec, au centre, 2 véritables fauteuils séparés par une allée moquettée. La banquette 3 places, elle, est jetée à l’arrière, qui impose à ses occupants de s’habituer à trouver un bon compromis pour loger ses jambes. En 5 assises, la disposition est plus classique : 2 à l’avant + 3 à l’arrière. Celle coincée entre les 2 extrêmes perd en confort. Personnellement, j’avoue un faible pour la sellerie claire qui donne un meilleur sentiment d’espace et plus de luminosité. Les surpiqûres des sièges, dont le thème reprend la forme de l’insigne de calandre, apporte une classe qui ressort moins en marron ou noir.

Commercialisation en 2016

Sachant que l’on doit à des capitaux chinois la renaissance de Borgward, devinez quel marché sera servi en premier ! Vous avez dit « en Chine » !? Gagné ! En 2016 !? Encore gagné ! C’est le constructeur de camions Beiqi Foton Motor, filiale de BAIC Group, qui a acquis en mars 2014 les droits sur la marque allemande. L’arrivée du BX7 dans les concessions européennes est programmée en 2017. Une petite longueur d’avance sera-t-elle accordée à l’Allemagne, berceau de Borgward ? Ce serait une parfaite illustration de l’héritage historique que revendique le petit-fils de Carl Friedrich Wilhelm Borgward ! Reste à décrypter l’accueil que les automobilistes du monde entier feront à la BX7, à l’heure où créer ou relancer une marque relèverait presque de la folie. Réussir un tel pari implique : soit d’apporter une image identitaire à laquelle nombre de conducteurs particuliers voudront adhérer, soit de tabler sur du très haut de gamme avec des arguments convaincants, soit d’innover avec une chaîne de traction qui apporte un véritable plus, soit de proposer des modèles au rapport qualité/prix imbattable. Où classer Borgward là-dedans ? A défaut de trouver immédiatement un public suffisamment large, les investisseurs risquent de s’aventurer sur une route longue et périlleuse ! Souhaitons à cette initiative qu’elle rencontre le succès que force l’estime des productions du milieu du XXe siècle, en particulier l’Isabella, reproduite en son temps au 1/43e par Dinky Toys !

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