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Bus électriques : la RATP va les tester avant d’effectuer des achats massifs Rédigé par Emmanuel Maumon le 13 Juin 2015 à 00:00 0 commentaires

Lors du salon de l’Union Internationale des Transports Publics qui s’est déroulé cette semaine à Milan, la RATP a confirmé sa volonté d’investir massivement dans les bus électriques afin de redonner une image de transport propre au bus. Mais avant lancer en 2017 un gigantesque appel d’offres, la RATP souhaite tester sur son réseau les différentes solutions proposées par les constructeurs de bus électriques.

Objectif 80% de bus électriques à l’horizon 2025

La nouvelle Présidente de la RATP, Elisabeth Borne, poursuit dans ce domaine le même objectif que son prédécesseur Pierre Mangin qui avait annoncé vouloir remplacer les 4 500 bus actuels, dont 97% fonctionnent au diesel, par 80% de bus électriques. Les 20% restant devant fonctionner au biogaz. Avant d’atteindre cet objectif en 2015, la RATP va s’équiper de bus hybrides dans une phase transitoire, mais va surtout multiplier les tests sur les différents bus électriques disponibles sur le marché. Des tests devant permettre d’évaluer les besoins d’adaptation des infrastructures et des métiers, notamment en termes de maintenance.

Les contraintes fixées par la RATP

Avant même d’entamer les tests, la RATP a fixé certaines contraintes aux constructeurs de bus électriques. Les bus dont elle veut disposer devront ainsi pouvoir rouler jusqu’à 180 km par jour. Une autonomie qui devra être portée à 250 km en 2025. Les bus devront également être rechargés durant la nuit, ce qui exclue la pratique dite du « biberonnage » qui exigerait des investissements importants en matière d’infrastructures dans une ville soumise par ailleurs à de fortes contraintes de patrimoine. Enfin, la RATP attend des constructeurs que leurs prix baissent fortement pour qu’ils deviennent acceptables pour le transporteur, ainsi que pour le STIF, le Syndicat des Transports d’Ile de France qui cofinancera l’opération.

Le Bluebus de Bolloré testé à une plus grande échelle

A Paris, les Bluebus 100% électrique de Bolloré sont déjà un peu en test puisque 4 entre eux servent à acheminer les visiteurs sur le site de la Fondation Louis Vuitton. Mais le test va bientôt se dérouler à une plus grande échelle avec une version allongé de 12 mètres de long, conforme à la taille des bus standards. En fin d’année dernière, la RATP a en effet passé une première commande à Bolloré d’une dizaine de bus de ce type qui devraient être livrés en fin d’année pour les premiers exemplaires. En 2016, la RATP compte faire fonctionner une ligne complète avec ces Bluebus, ce qui, d’après elle, constituerait une première mondiale.

Des bus chinois à l’essai

Outre Bolloré mais aussi PVI et ses Oreos 4X, qui avaient déjà été retenus, 3 autres constructeurs viennent d’être sélectionnés pour participer aux tests de la RATP. Parmi eux, deux constructeurs chinois sont à l’attaque avec en chef de file Yutong, le premier groupe mondial du secteur avec 10 000 bus électriques vendus en 2014. Yutong s’est associé pour cette opération à une firme alsacienne, Dietrich Carebus, qui adaptera ses bus, en assurera l’assemblage final ainsi que la maintenance. L’autre constructeur chinois est Golden Dragon qui s’est associé au néerlandais Ebusco et annonce un bus disposant d’une autonomie de 300 km capable de transporter 90 passagers. Enfin, le troisième constructeur retenu pour ces tests est le polonais Solaris dont le bus électrique Urbino sera essayé cet automne.

Un appel d’offres massif

Si ces tests s’avèrent concluants, la RATP engagera donc en 2017 un appel d’offres qui s’annonce massif puisqu’il devrait concerner près de 3 600 bus à renouveler d’ici 2025. De quoi faire chuter fortement le prix des bus électriques qui s’élève aujourd’hui à 500 000 euros, soit le double d’un bus roulant au diesel. Pour Marie-Claude Dupuis, la Directrice des bus à la RATP, cette baisse des prix devrait arriver rapidement car l’effet de série jouera à plein pour les bus électriques que les constructeurs fabriquent aujourd’hui quasiment à l’unité. Si c’est le cas, plus rien ne s’opposera à voir les bus électriques investir massivement le réseau parisien, mais aussi probablement de nombreuses autres agglomérations françaises.

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