Au catalogue de Suzuki aujourd’hui pour la France en électrique, on a seulement le SUV compact e Vitara. Le constructeur japonais vient d’annoncer sa stratégie technologique pour les dix ans à venir. Les projections restent timides, avec un focus plus particulier sur les modèles de type kei-cars.
Selon le site Internet commercial de Suzuki pour la France, le ticket d’entrée pour le SUV électrique compact (4,28 x 1,80 m) e Vitara disponible depuis quelques mois est actuellement à 28 500 euros TTC en comptant une remise de 4 000 euros par rapport au prix catalogue.
On a pour cela le modèle d’entrée de gamme en finition Avantage qui embarque une batterie LFP (lithum fer phosphate) d’une capacité énergétique de 49 kWh bruts. Avec cette dotation, l’autonomie en cycle mixte WLTP est de 344 km. Le pack alimente un moteur capable de développer sur les roues avant une puissance de 106 kW (144 ch) pour un couple de 193 Nm.
Avec la batterie de 61 kWh bruts, on a le choix entre une architecture traction ou la motricité intégrale. Ce qui influe sur l’autonomie officielle, respectivement de 428 ou 412 km. La première déclinaison est créditée d’une puissance de 128 kW (174 ch) pour le même couple de 193 Nm, quand la dotation supérieure offre 135 kW (184 ch) et 307 Nm.
Pour la recharge, le e Vitara embarque un appareil 11 kW AC, la courbe pour la régénération en courant continu pouvant atteindre les 90 kW. Rien d’exceptionnel, et même des valeurs en retrait face à la concurrence, mais avec une grille tarifaire qui peut faire la différence.
Dans son document de 32 pages exposant sa stratégie technologique pour les dix prochaines années, Suzuki indique ne pas « déployer un système uniforme » afin de « proposer une mobilité adaptée aux réalités et aux infrastructures de chaque région ».
Le constructeur japonais justifie cette position par « l’efficacité de la production d’électricité, la part des énergies renouvelables, l’état des infrastructures de recharge, les risques de catastrophes naturelles et la stabilité de l’approvisionnement énergétique » qui peuvent varier « considérablement d’un pays et d’une région à l’autre ».
Les véhicules électriques seraient ainsi davantage représentés « dans les régions qui peuvent pleinement exploiter les énergies renouvelables et les infrastructures de recharge », ainsi que dans celles qui ont mis en place des politiques environnementales et des actions de lutte contre la pollution atmosphérique.
Lorsque les véhicules électriques sont adaptés à une région, Suzuki cherche à proposer des batteries optimales pour les applications locales, s’approvisionnant au Japon, en Inde comme en Europe auprès du fournisseur qui apparaîtra le plus approprié. A partir des éléments fournis, le constructeur développe en interne les systèmes comprenant le pack lithium, la gestion thermique et le contrôle des recharges/décharges.
Au Japon, les kei-cars sont des voitures très compactes qui doivent répondre à des critères particuliers. Normalement, elles ne dépassent pas 3,40 mètres de longs pour 1,48 de large et 2,00 de haut. Quatre personnes doivent pouvoir trouver place à bord. Sur ce marché, Suzuky se présente en pionnier et leader historique, avec plus de 450 000 exemplaires vendus l’année dernière. Principalement destinées à des usages fréquents dans des zones plus ou moins densément habitées, ces micro-citadines gagnent à être électriques.
Dans ce genre, Suzuki a développé la e Sky. Pesant 1 030 kilos, cette petite voiture électrique est créditée d’une consommation de 9,7 kWh aux cent kilomètres et d’une autonomie de 310 km selon le cycle japonais bien plus optimiste que notre WLTP. A l’origine, le projet ne prévoyait que 230 km. Mais le constructeur a voulu faire mieux, pensant que les habituels utilisateurs des modèles thermiques pourraient ne pas s’en satisfaire.
La meilleure autonomie a été atteinte en jouant sur différents points du véhicule. Ainsi en réduisant la résistance au roulement des pneus, en revoyant les caractéristiques de la suspension, en optimisant les rapports de transmission, et en diminuant le nombre de Led pour alléger la consommation d’énergie. Et tout cela, sans trop bousculer le code esthétique de ces voitures. « Chaque amélioration est minime, mais la réflexion collective interdépartementale entre la conception, la production, la qualité, les achats et d’autres services a permis de les accumuler », se réjouit encore le constructeur.
Pour le Japon, Suzuki propose aussi son e Every. Développé en collaboration avec Daihatsu et Toyota, il est équipé d’une batterie LFP de 36,6 kWh de capacité pour une autonomie WLTP de 257 km. L’engin existe en mini-utilitaire à deux places, ou en quatre places en répondant aux critères des kei-cars.
Le e Every est animé par un eAxle compact qui intègre tout à la fois le moteur électrique, l’onduleur et la transmission. Dans sa stratégie pour les dix années à venir, le constructeur indique développer de tels organes pour être exploitables aussi bien sur des modèles électriques et hybrides.
Petit, ne veut pas dire sans technologies. En plus du combiné numérique de 7 pouces pour l’instrumentation, le e Every est doté d’un éclairage adaptatif avec projecteurs Led, et de systèmes de sécurité active. En option, il est possible de lui ajouter un rétroviseur intérieur numérique permettant d’améliorer la visibilité arrière lors du transport d’un chargement volumineux ou en conduite de nuit.
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