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Posté le 03/06/2015 à 16:32 par Philippe Schwoerer - Lu 5021 fois - 9 commentaires


L’objectif du Certificat de qualité de l’air sera-t-il compris ?


Comme Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, l’Avem se soucie de l’évolution de la qualité de l’air en France, et ailleurs. A entendre nombre de réactions d’automobilistes, mais aussi parfois de ceux qui ne le sont pas, le dispositif, à l’instar de l’écotaxe, ne semble souvent perçu que comme une contrainte supplémentaire, qui plus est, injuste, car pesant davantage sur les foyers modestes. L’objectif même, le progrès que peut apporter cette mesure pour la santé publique ou l’environnement, font-ils seulement partie des priorités d’action selon le grand public ? Une question qui se pose alors que quelques médias commencent à étiqueter les Français comme « écolo-blasés ».

Une pastille bleue spécifique aux VE…

Ségolène Royal, qui aime bien aller plus vite que la mesure lorsqu’il s’agit de promouvoir la mobilité électrique, en a dit un peu plus sur le système de pastilles de couleurs en fonction de la nocivité supposée des véhicules. Prévu pour entrer en vigueur sur le territoire français au 1er janvier 2016, il est matérialisé par un jeu de 7 vignettes à se procurer via le Net, d’abord gratuitement, puis contre 5 euros dès le semestre suivant la mise en application. La bleue est réservée aux véhicules électriques. Son apposition derrière le pare-brise est facultative. Toutefois, dans les villes qui se seront appropriées le dispositif, elle permettra d’identifier les engins autorisés, par exemple, à stationner gratuitement, et à circuler dans les couloirs de bus et/ou, en cas de pic de pollution, au sein des zones à accès limités.

…+ 6 pastilles numérotées

Six autres pastilles, officiellement baptisées « certificats de qualité de l’air », rejoindront celle réservée aux véhicules électriques. Numérotées de 1 à 6, elles concernent :
- 1 / Vert : Véhicules à essence et assimilés (Euro 5 et 6) uniquement, mis en circulation à partir du 1er janvier 2011.
- 2 / Jaune : Véhicules à essence et assimilés (Euro 4) mis en circulation entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2010 inclus, et les diesel (Euro 5 et 6) immatriculés à partir du 1er janvier 2011.
- 3 / Orange : Véhicules à essence et assimilés (Euro 2 et 3), ainsi que les diesel (Euro 4), respectivement mis en circulation entre le 1er janvier 1997 et le 31 décembre 2005 inclus, et entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2010 inclus.
- 4 / Rouge : Véhicules diesel (Euro 3) uniquement, mis en circulation entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2005 inclus.
- 5 / Marron : Véhicules diesel (Euro 2) uniquement, mis en circulation entre le 1er janvier 1997 et le 31 décembre 2000 inclus.
- 6 / Gris : Tous les véhicules mis en circulation avant le 31 décembre 1996 (Euro 1).

Des incertitudes…

Comme nombre de ministres, Ségolène Royal est une habituée des déclarations qui, au fil du temps et pour un même sujet, se font plus précises, jusqu’à la publication d’un décret ou d’une loi. Le jeu des 7 certificats présenté hier peut encore évoluer, en particulier concernant les véhicules ciblés. Le système inclura-t-il dès le 1er janvier 2016 les utilitaires légers, les poids lourds et les deux-roues ? Pas si sûr ! L’administration aura sans doute déjà fort à faire avec les seules voitures particulières. Il sera plus simple d’étaler dans le temps la mise en application, selon des catégories de véhicules qui partagent une même grille de la norme Euro. Autre interrogation : les hybrides rechargeables les plus vertueux seront-ils assimilés aux véhicules électriques ? La question se pose, déjà parce que le bonus écologique les rapproche. Ensuite parce que c’est justement en ville, là où ces engins peuvent au mieux tirer partie de leurs batteries de traction, que les pastilles de couleur seront exploitées.

…et des craintes

Au-delà des difficultés techniques que la mesure pourra rencontrer sur le terrain, le plus gros écueil pourrait venir d’une mauvaise perception du public pour une action qui vise tout de même à améliorer la qualité de l’air. Certes, les véhicules en circulation ne sont pas les seuls émetteurs de pollution, particules et dioxyde de carbone. Mais exploiter cet argument pour décrédibiliser une approche qui pourra avoir un impact positif significatif, notamment lors des pics de pollution, serait plutôt désastreux pour la France, alors que l’Europe pousse notre pays à devenir un meilleur élève écologique. De même, stigmatiser le système sur le simple fait qu’il pourrait pénaliser les ménages les plus modestes serait une erreur. Le gouvernement trouvera vraisemblablement de concert et en son temps une réponse appropriée aux cas les plus lourds à gérer. Question qualité de l’air, en revanche, c’est maintenant qu’il faut agir !


Mots clés : véhicule électrique | Ségolène Royal | certificat | qualité de l’air | pollution | vignette écologique | pastille
Catégories : Voiture électrique | Pollution & qualité de l'air |

Commentaires

Posté le 04-06-2015 à 07:30:59 par Daniel

Au lieu d’attribuer une pastille en fonction de la pollution du véhicule, comme cela se fait en Allemagne, on préfère favoriser la date de première mise en circulation. Ma Yaris hybride, à 80 g de CO2 aura donc la même pastille qu’un Porsche Cayenne V8 turbo essence à 270 g de CO2, ou un autre "gros cube". En plus, aucune obligation, ni pour l’automobiliste, ni pour les villes. Un véhicule fabriqué et immatriculé en décembre 2010 aura une pastille de type 2, alors que s’il e été mis en circulation en janvier 2011 il aura une pastille de type 1. Lamentable, mais si français.

Posté le 04-06-2015 à 08:57:49 par Stéphane P

Malheureusement dans le discours ambiant on confond un peu qualité de l’air et écologie, qui pour moi sont bien différents.
L’écologie se voit à plus long terme et concerne principalement la réduction des gaz à effet de serre. Le CO2 n’est pas à proprement parler un polluant, par contre il a une action non négligeable sur le réchauffement climatique.
La qualité de l’air est un problème plutôt local qui a une incidence sur la vie principalement de l’homme qui est pourtant responsable de cette pollution (sachant que les abeilles semblent sensibles à certains polluant dont les NOx mais cela reste à confirmer).
Prenons par exemple les voitures citées dans le post précédent (ou les plus proches en EURO6 - source : http://carlabelling.ademe.fr) avec les émissions suivantes en g/km :
- Yaris hybride : CO2 75 - CO 0,19 - HC 0,04 - NOx 0,006 - donnée pour 3,1 l/100 km,
- Porsche Cayenne Turbo : CO2 267 - CO 0,17 - HC 0,02 - NOx 0,03 donnée pour 15,9 l/100 km en urbain (reste la problématique des particules en masse de ce moteur essence ID dont je n’ai pas de valeur - la Mercedes S500 semble posséder un filtre à particules pour régler ce problème),
manifestement le second n’est pas plus polluant que le premier pour les émissions relevant de la qualité de l’air. Par contre pour ce qui est émission de GES, il vaut mieux une Yaris.
Donc si on cherche à s’attaquer au problème de la qualité de l’air, il n’est pas aberrant de se baser sur les règles EURO qui limitent l’émission des polluants responsables de la mauvaise qualité.
Pour les GES, il y a le bonus écologique qui malheureusement a avantagé outrageusement le diesel pourtant plus polluant vis-à-vis de la qualité de l’air et se limite à la production en roulant en oubliant totalement le cycle de vie complet.

Pour ce qui est de l’application, les préfectures ont accès aux informations suivantes :
- carburant : critère P3,
- norme d’homologation : critère V9,
elles pourraient donc très bien donner les vignettes en fonction de ces critères, sachant qu’il était impossible d’immatriculer (mise en service) un VP EURO4 après le 31/12/2010. Des constructeurs ont immatriculé des véhicules neufs qui se sont retrouvés en occasion sans avoir roulé.
Par contre, il y a le problème inverse, il y a eu en circulation des véhicules EURO5 avant le 1/01/2011 (cas des nouveaux types qui devaient être conformes à partir de septembre 2009).

Posté le 04-06-2015 à 09:48:57 par pdebano

Quand des véhicules écologiques pourront rouler dans les couloirs de bus, j’abandonnerai le bus pour prendre ma vieille voiture polluante que j’utilise très peu, car quitte à se déplacer à la même vitesse, autant le faire confortablement
Cordialement

Posté le 04-06-2015 à 10:08:15 par C’est le début de la fin du thermique urbain

... et c’est pas trop tôt...

Dans quelques années - à l’instar de l’amiante - tout le monde se demandera en cœur comment on a pu laisser perdurer une telle situation...

Voir sur la surmortalité liée à la pollution l’excellent article de Serge Orru, ancien DG du WWF, article à faire circuler qui interpelle par ce qu’il suppose...

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1376797-18-300-deces-prematures-cet-hiver-microbes-de-la-grippe-et-pollution-un-cocktail-mortel.html

Posté le 04-06-2015 à 10:45:59 par Bientôt les nouveaux outils...

... du contrôle technique (vérification composés sortie de pots)permettront d’invalider les "claims" des constructeurs, à savoir qu’un diesel récent est moins polluant qu’un vieux diesel. Nous savons tous - notamment au niveau des PM2.5, les plus dangereuses - que ce n’est pas vrai, et qu’un petit diesel en roulage urbain n’arrive pas à atteindre les températures de pyrolyse des suies...

Alors, je lance un défi à l’AVEM, qui s’est toujours montré pionnière dans ce domaine : louez pour la journée des diesels récents, faites contrôler la sortie pot en début de journée, roulez 50 km en intramuros, et refaites ce même contrôle. Là, on saura enfin si ce "fabuleux FAP" n’est qu’une légende urbaine encore inventée par des Bronchosaures sur le déclin qui commencent à manquer sérieusement d’arguments...

Posté le 05-06-2015 à 08:47:47 par sd06

D’accord avec Daniel par rapport à la taille des voitures... même si dans certains cas, en fonction de la famille, il n’y a pas le choix!
De plus, rien de spécifique pour le Gaz (GNV, GPL, ...)
En outre, pourquoi ne pas réserver les couloirs de bus en fonction du nombre de personnes (covoiturage) et non la pastille (car une vieille voiture va plus polluer dans les embouteillages que les voitures avec stop start!!!!)

Posté le 05-06-2015 à 22:25:21 par pierre

Et si au lieu de faire des pastilles de couleurs,... on augmentait tout simplement les carburants polluants ?
10€ le litre de Go ca donne moins envie de faire des km et de polluer non ?
Bien sur c’est pas sociale, ca n’aide pas x ou y, mais comme toute augmentation brutale c’est rudement efficace.
A votre avis, pourquoi le tabac augmente de quelques centimes à chaque fois ? parcequ’une brute augmentation fait chuter drastiquement la conso

Posté le 05-06-2015 à 23:29:17 par electronlibre

@ pierre

Oui, et pour supprimer le chômage on rendrait le travail obligatoire, même pour 1€ par jour ;)
Sans oublier que si on instaurait cette solution en France et bien(comme le tabac) les frontaliers iraient faire le plein dans les pays voisins.
Ce n’est donc pas une bonne solution sauf si elle est étendue à toute l’Europe, mais cela me semble difficilement réalisable.

Posté le 06-06-2015 à 09:58:51 par Stéphane P

10 € le litre c’est peu ou prou le prix du carburant de synthèse réalisé à partir des excédents d’énergie renouvelable (voir programme développé par Audi).

Tant que je ne peux pas faire tous mes trajets avec des solutions plus efficientes écologiquement (TC électrique ou VE), je suis prêt à payer ce prix-là.

Quitte à passer le carburant à ce prix-là autant utiliser la manne pour mettre en place des usines de production de carburant de synthèse à partir des excédents d’énergie renouvelable, cela permet de résoudre le problème des GES. Il faut trouver une solution pour résoudre le problème de la qualité de l’air en ville.



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