Avec une bonne organisation, il est possible de parcourir dans la journée bien plus que l’autonomie officielle avec un camion électrique. C’est ce que fait tous les jours le transporteur suisse Hugelshofer Logistik avec des recharges intermédiaires. Au point d’avaler jusqu’à 1 000 km en 24 heures avec un tracteur routier Renault E-Tech T crédité d’une autonomie de l’ordre de 300 km.
Installé à Frauenfeld, le transporteur suisse Hugelshofer Logistik compte actuellement dans sa flotte de 220 camions 80 exemplaires électriques aux volants desquels se relaient 150 conducteurs. Ce ne sont pas tous des tracteurs routiers produits par Renault Trucks. On pourrait même dire que l’entreprise est un véritable laboratoire de poids lourds branchés tant les modèles sont variés. On y trouve aussi des Mercedes, Man, Iveco, Volvo, Scania et DesignWerk (DW).
De quoi comparer leurs performances, avantages et points perfectibles. Sur certains d’entre eux, il est même indiqué qu’ils sont animés par une électricité d’origine solaire à 100 %. Grâce aux 30 bornes 480 kW installées sur place, il est possible de recharger jusque 100 camions électriques à la journée.
Le site accueille une centrale photovoltaïque produisant 1,2 million de kilowattheures par an et dont les panneaux sont en particulier visibles sur l’ombrière qui abritent la nuit les poids lourds. Grâce à cela, 95 % des recharges sont réalisées directement au dépôt, ce qui garantie à la fois fiabilité, fluidité et maîtrise des coûts d’exploitation. Pour un fonctionnement optimum, trois transformateurs assurent la stabilité du réseau. Rien que tout cela apparaît très exceptionnel dans le monde du transport routier de marchandises.
Ce qui est aussi très positif pour la mobilité lourde électrique dans l’expérience de Hugelshofer Logistik, c’est la volonté d’utiliser ces camions de façon intensive. Cette pratique qui permet véritablement d’optimiser le coût total de possession TCO de ces véhicules repose sur une exploitation en double équipage. Ainsi, les tracteurs routiers Renault E-Tech T doublent quotidiennement leur autonomie exploitable de 300 km.
Pour cela, les conducteurs effectuent des recharges intermédiaires pendant leurs pauses réglementaires. Elles viennent compléter le plein d’énergie réalisé de nuit au dépôt. Chaque camion peut donc parcourir facilement chaque jour plus de 600 km. La plupart des constructeurs de camions électriques mettent de la même manière en avant l’exploitation des arrêts obligatoires pour doubler l’autonomie de leurs modèles.
Hugelshofer Logistik a montré qu’il est même possible d’aller plus loin encore. Par exemple en faisant parcourir au E-Tech T une distance supérieure à 1 000 km (1 007 exactement) en 24 heures. « Ce résultat démontre que des usages intensifs peuvent être pleinement assurés lorsque la mission, le périmètre géographique et l’organisation de la recharge sont correctement définis », décrypte Renault Trucks dans son communiqué de presse daté du 27 janvier 2026.
Beaucoup d’automobilistes hésitent encore à passer à l’électrique en raison d’une autonomie qu’ils jugent insuffisante en référence à leurs habitudes avec des voitures essence ou diesel. S’il fallait s’arrêter à cela, personne n’aurait adopté le téléphone portable puisque le filaire était toujours disponible chez soi sans avoir à s’inquiéter de recharger une batterie. Un changement de technologie s’accompagne souvent de nouvelles habitudes à s’approprier.
Quand il y a d’importantes économies à la clé pour ceux qui peuvent brancher chez eux un VE, et que la bascule est aussi dictée par l’urgence environnementale et climatique, les efforts à réaliser en valent la peine. Hugelshofer Logistik donne un exemple concret de ce qu’il est possible d’obtenir ainsi pour le transport du fret dans une approche globale d’exploitation qui n’est pas uniquement centrée sur la capacité de la batterie.
A la tête de l’entreprise, Martin Lörtscher explique : « La question clé n’est pas l’autonomie maximale du camion, mais la manière dont il est intégré dans l’organisation du transport. En adaptant nos tournées et notre stratégie de recharge, nous parvenons à maximiser le temps de circulation quotidien de nos camions électriques. Ils deviennent de véritables outils industriels, parfaitement adaptés à nos missions »
La Suisse est particulièrement favorable au développement des camions électriques. Hugelshofer Logistik se réjouit de constater des coûts opérationnels pour ses tracteurs routiers branchés inférieurs d’environ 30 % en comparant à leurs équivalents diesel. Au bénéfice des transporteurs, des avantages significatifs dans le cadre de la redevance poids lourds LSVA.
Entre 2026 et 2030, le pays a aussi prévu de mobiliser une enveloppe de 20 millions de francs (l’équivalent d’un peu moins de 22 millions d’euros) pour déployer des infrastructures de recharge dédiées aux poids lourds. Déjà, sur ce territoire, le taux d’électrification des véhicules de plus de 16 tonnes pèse 14,7 %, ce qui est près de huit fois supérieur à la moyenne européenne (1,9 %).
Renault Trucks s’appuie sur cette situation a priori idéale pour mettre en avant : « L’exemple suisse démontre que la transition vers le camion électrique peut s’accélérer lorsque véhicules, infrastructures, organisation et politiques publiques avancent de concert. Il parait essentiel que les Etats européens s’inspirent de ce modèle afin de créer les conditions d’une électrification à grande échelle ».
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