Aboutissement d’un projet entamé en 2020, les bus à hydrogène deviennent une réalité à Cannes. Le réseau Palm Bus vient de lancer l’exploitation sur ses lignes de 14 bus à hydrogène. Les 14 premiers bus à hydrogène d’une flotte qui en comportera 41 d’ici 2033. Ce lancement allait de pair avec l’inauguration à Cannes-La Bocca d’une station de production d’hydrogène. L’originalité du projet porté par la Communauté d’agglomération Cannes Pays de Lérins (CACPL) réside dans la production sur site d’hydrogène. Une production particulièrement vertueuse puisqu’elle n’utilise pas d’eau potable, mais les eaux traitées d’une station d’épuration. La construction de cette station de production d’hydrogène a été réalisée par Hynamics (filiale d’EDF) qui en assurera également l’exploitation. Pour la CACPL, le recours à l’hydrogène renouvelable vient compléter différentes initiatives pour rendre son réseau de bus entièrement décarbonné. Un réseau qui mixera désormais l’électrique et l’hydrogène.
Les 14 premiers bus à hydrogène fonctionnent sur les lignes les plus sollicitées du réseau Palm Bus. Alors que les bus électriques stockent l’énergie dans des batteries, les nouveaux bus embarquent de l’hydrogène. Un hydrogène transformé ensuite en électricité grâce à une pile à combustible. Une évolution qui change radicalement les conditions d’exploitation du réseau. En effet, les bus électriques ont besoin de 6 ou 7 heures pour recharger leurs batteries. Pour les bus à hydrogène, le plein d’énergie ne prend que 15 minutes. Un plein qui leur permet de parcourir près de 400 km contre 200 à 250 km pour les bus électriques. Néanmoins, cette évolution a un coût. Fournis par Iveco et Heuliez, l’acquisition des bus à hydrogène a coûté 35 millions d’euros. Elle représente donc la majeure partie des 50 millions d’euros d’investissement pour l’ensemble du projet de passage à l’hydrogène.
Parallèlement au lancement des bus à hydrogène, la CACPL a également inauguré une station de production d’hydrogène. La particularité du projet cannois réside en effet dans la production d’hydrogène sur site, à proximité du dépôt de bus. Une production par électrolyse de l’eau grâce à un électrolyseur Cummins de 2 MW capable de produire 800 kg d’hydrogène/jour. Cette production s’avère particulièrement vertueuse puisqu’elle utilise de l’électricité décarbonée et ne consomme pas d’eau potable. Modèle inédit, la station de production fonctionne en effet avec les eaux traitées de la station d’épuration voisine. Dans une région où la disponibilité de l’eau représente un enjeu majeur, Cannes fait le choix de préserver cette ressource. De plus, cette station de production fait entrer l’agglomération cannoise dans le club très fermé. Celui des territoires qui produisent eux-mêmes l’énergie destinée à faire rouler leurs transports publics.
Pour la construction et l’exploitation de la station de production d’hydrogène, la CACPL a choisi Hynamics, une filiale d’EDF. Ce projet constitue l’une des réalisations les plus ambitieuses de cette entreprise spécialisée dans l’hydrogène renouvelable et bas carbone. Pour sa Directrice générale Christelle Rouillé, il s’agit d’un véritable ouvrage industriel au cœur de la cité. Hynamics en assume désormais la supervision 24h/24, 7j/7 depuis son centre pilotage, avec gestion à distance de la maintenance. La construction de cette station Cannes Lérins Hydrogène a nécessité un investissement de plus de 15 millions d’euros. Son financement a été assuré par la société de projet Cannes Lérins H2. Celle-ci réunit notamment Hynamics (51%), la CACPL (25%) et la Banque des Territoires (20%). Dans son ensemble, le projet bénéficie également du soutien de l’ADEME, de l’Union européenne et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Pour la CACPL, le recours à l’hydrogène s’inscrit dans une stratégie globale de décarbonation de ses transports publics. Elle constitue une nouvelle initiative pour verdir son réseau Palm Bus. Un réseau intégralement décarboné depuis 2023 grâce à l’utilisation de bus électriques ou fonctionnant au biocarburant. En fait, les 14 premiers bus à hydrogène, puis les 41 à l’horizon 2033, viennent compléter l’offre de la CACPL. Celle-ci les utilisera en priorité sur ses lignes où l’autonomie et la rapidité de la recharge font la différence. Pour Frédéric Marandon (DGA Mobilité de la CACPL), il convient d’adapter l’énergie à l’usage réel des lignes et non l’inverse. Ainsi, la Communauté d’Agglomération Cannes Pays de Lérins fait clairement le choix du mix énergétique. Pour les trajets les plus courts, elle continuera d’utiliser des bus électriques à batterie.
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