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Suzuki rachète l’activité de Kanadevia en batteries solides Rédigé par Philippe Schwoerer le 10 Mar 2026 à 06:00 0 commentaires

Pas vraiment connue aujourd’hui pour ses voitures électriques, la marque japonaise Suzuki semble vouloir prendre sa place sur le marché branché. Après avoir introduit en France son SUV e Vitara, le constructeur devrait acquérir l’activité dédiée aux batteries lithium-ion à électrolyte solide de la société Kanadevia.

 

AS-LiB

Avec un siège installé à Osaka, Kanadevia est également une entreprise japonaise. Depuis 2006, c’est-à-dire déjà vingt ans cette année, elle a développé une solution de batteries à électrolyte solides simplement baptisée AS-LiB (All-solid-state Lithium-ion Batteries). De nombreux constructeurs de voitures électriques se tournent vers cette technologie en raison des avantages qu’elle présente. Suzuki met par exemple en avant « un très haut niveau de sécurité » qui s’explique par différentes caractéristiques : « Aucune fuite de liquide, une excellente résistance aux environnements difficiles, et un fonctionnement optimal sur une large plage de températures ».

Est-ce pour ses voitures électriques que la marque envisage l’acquisition de la solution développée par Kanadevia ? Après avoir d’abord évoqué dans le communiqué de presse daté du 4 mars 2026 des applications dans l’aérospatiale ou des environnements sous vide à haute température, elle ouvre bien cette voie : « Une fois cette acquisition effective, le 1er juillet 2026, Suzuki continuera de développer la technologie de batterie lithium-ion solide conçue par Kanadevia dans le cadre de sa stratégie destinée à offrir des solutions de mobilité durables et accessibles, adaptées aux besoins du plus grand nombre de clients ».

Et là, c’est la densité énergétique plus élevée avec une production à moindre coût qui est tout particulièrement intéressante.

 

Après avoir envisagé un possible partenariat

Les batteries AS-LiB de Kanadevia connaissent déjà un stade d’avancement élevé. Dans le cadre d’une étude de démonstration conjointe avec l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale, un démonstrateur de cette technologie a été mis sur orbite en mars 2022. Il a été positionné à l’extérieur du module expérimental japonais Kibo de la Station spatiale internationale (ISS). La succession d’opérations de décharge/recharge a permis de valider le concept pour lequel Kanadevia à reçu en 2024 le « Certificate of Space Flight » de l’Agence d’exploration aérospatiale.

Déjà depuis l’année précédente, des commandes commerciales ont été reçues pour des équipements de fabrication de semi-conducteurs. Dans ce contexte, pourquoi se séparer d’une technologie qui apparaît prometteuse et recherchée ? Kanadevia évoque une concurrence qui s’est « considérablement intensifiée ces dernières années » en matière de batteries lithium-ion solides. Ce qui a pressé l’entreprise japonaise à améliorer les performances de son AS-LiB, mettre en place des capacités de production de masse, et renforcer son cadre de vente.

Dans un premier temps, Kanadevia a recherché pour cela un partenaire. Désormais, elle explique que le transfert d’activité à Suzuki, « qui est impliqué dans le développement de la mobilité électrique telle que les véhicules électriques et les batteries lithium-ion, permettrait au mieux de faire progresser sa technologie de batteries lithium-ion entièrement solides et de contribuer à la croissance du secteur industriel ».

 

En attendant, voilà le e Vitara

Il faudra sans doute du temps avant que l’on retrouve dans les voitures électriques de Suzuki les batteries solides initiées par Kanadevia. Mais l’opération de rachat qui devrait se concrétiser au début de l’été prochain est à lire dans un parcours global du constructeur qui a développé une nouvelle plateforme Heartect-e dédiée aux VE. Servant de base au nouveau SUV compact e Vitara, elle est également exploitée par Toyota pour le clone Urban Cruiser.

Avec un empattement de 2,70 m pour une hauteur de 1,64 m, le modèle de Suzuki inscrit son empreinte au sol dans un rectangle de 4,28 x 1,80 m. Il est ainsi concurrencé, par exemple, par le Kia EV3 au format très proche (4,31 x 1,85 m). Deux capacités de batterie sont disponibles pour le Suzuki e Vitara. En entrée de gamme, pour une autonomie en cycle mixte WLTP de 344 km, elle est de 49 kWh. Les roues avant sont alors animées par un moteur développant une puissance de 106 kW (144 ch) pour un couple de 193 Nm.

La déclinaison supérieure embarque un pack 61 kWh qui relève à 426 km l’autonomie. Avec un couple inchangé, la puissance grimpe à 128 kW (174 ch). Elle atteint même 135 kW (184 ch) avec la version à motricité intégrale AllGrip-e dont l’autonomie retombe à 395 km en conservant la même batterie. Pour cette architecture, le couple sur les roues avant reste à 193 Nm, renforcé par les 114 Nm sur celles à l’arrière. En France, le Suzuki e Vitara démarre à 32 500 euros.

 

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