Mot de passe oublié | Adhérer
Votre mail Votre mot de passe  
 



Posté le 16/12/2020 à 06:00 par Philippe Schwoerer - Lu 1605 fois - 4 commentaires


Des vélos électriques utilisables aussi facilement que des voitures


C’est ce que souhaitent les rédacteurs du rapport « Décarboner la mobilité en Vallée de Seine » qui vient d’être publié par The Shift Project. Pour ce faire, ils incluent à leurs projections les modèles de vélos électriques dont la vitesse maximale peut atteindre les 45 km/h (S-Pedelec ou speed-bikes), considérés comme des cyclomoteurs en France.

Comme pour les voitures

Présidée par Jean-Marc Jancovici, cette cellule de réflexion milite pour la création d’un système qui permette « à tout habitant du périurbain d’utiliser son vélo comme un automobiliste utilise aujourd’hui sa voiture ». De façon plus concrète, le niveau de service à mettre en place doit répondre à ces 4 points par comparaison à la voiture individuelle : aller de n’importe quel point A à n’importe quel point B du périurbain à vélo, en utilisant une infrastructure cyclable, et sans rallongement de la distance à parcourir ; pouvoir garer son vélo à destination avec au moins la même facilité et de façon sûre contre le vol et le vandalisme ; bénéficier des mêmes possibilités d’entretien, réparations, achats, locations et assurances ; rejoindre des points stratégiques de mobilité à moyenne distance (gares, stations de transports en commun, aires de covoiturage sur autoroute...) pour favoriser des déplacements multimodaux plus doux pour l’environnement et la santé publique.

Engin de loisir

Aujourd’hui, en France, le vélo, électrique ou non, est encore principalement considéré comme un engin de loisirs. Plus de la moitié des ménages en Normandie et en Ile-de-France sont équipés d’au moins un vélo, alors que le pourcentage d’exploitation pour se rendre au travail avec reste faible. Il décolle à peine des 2% constatés en 2015 alors que les pouvoirs publics et collectivités ont mis en place depuis des mesures pour en faciliter l’utilisation. La France paye surtout son retard à développer des infrastructures qui encouragent la pratique quotidienne de la bicyclette. C’est surtout dans les villes les plus importantes que son usage se développe, moins dans celles de taille moyenne. Dans les zones rurales et de banlieue, il régresse encore. Alors que le vélo pourrait remplacer la voiture individuelle pour de nombreux déplacements, il grignote plutôt la part de la marche avec une longueur moyenne dans le même ordre de grandeur.

Les raisons évoquées

The Shift Project aligne les raisons principalement évoquées par les automobilistes pour ne pas passer au vélo hors des centres urbains : une vitesse plus faible de 9 km/h contre 29 hm/h en voiture et qui dépend beaucoup du relief ; l’insécurité perçue en raison de l’absence d’aménagements cyclables adéquats ; la difficulté à transporter des objets ou personnes ; les problèmes de vol et de vandalisme ; le manque de confort quand il pleut ou sous des températures basses ou élevées. Les rédacteurs remarquent qu’aux Pays-Bas ou en Suède, où ces conditions sont pourtant plus pesantes, plus de 30% des trajets sont effectués à vélo. Concernant les investissements réalisés en France pour favoriser cette mobilité douce, ils saluent leur développement depuis quelques années, déplorant tout de même une part par habitant insuffisante. Elle est en France actuellement de 15 euros par an, contre, par exemple, plus de 30 euros depuis des dizaines d’années aux Pays-Bas. C’est ce niveau que les acteurs du Shift Project espèrent au plus vite.

Le vélo électrique face à la voiture individuelle

Pour les rapporteurs, le vélo électrique devrait s’imposer en particulier grâce aux avantages qui découlent de sa légèreté. Face à une moyenne de 1.180 kg pour une voiture individuelle, les 25 kg d’une bicyclette permettent de descendre la puissance mécanique de 73 à 0,1 kW, et la consommation énergétique de 55 à 0,67 kWh aux 100 km. Par ailleurs, le VAE, parce qu’il réduit sensiblement l’effort physique notamment en zone de relief, mais augmente les vitesses moyennes, permet de parcourir des distances plus importantes qu’avec un vélo classique. S’il est possible d’envisager 10-15 km par trajet pour gagner son lieu de travail depuis son domicile avec un vélo électrique classique, cette distance pourrait être supérieur à 20 km avec un S-Pedelec. De quoi placer ces engins en concurrents directs de la voiture particulière. Autre info intéressante livrée par The Shift Project et provenant de l’Ademe : « 60% des utilisateurs du VAE sont des femmes, et plus de la moitié ont plus de 50 ans, ce qui élargit le domaine de pertinence du vélo vers un public différent de celui du vélo classique ». La cellule de réflexion rappelle en outre que les modèles cargos branchés permettent de transporter des charges jusqu’à 80 kg sans trop de difficultés.

Des ressorts à mettre en place

Pour faire préférer le vélo électrique à la voiture individuelle, The Shift Project souhaite que des actions soient menées selon 3 axes par les pouvoirs publics et les collectivités en particulier. Tout d’abord « la création d’infrastructures et d’équipements adaptés et sécurisés », parmi lesquels des « aménagements cyclables sécurisés et continus, stationnement vélo pratique, abris vélos sécurisés, etc. ». Les rédacteurs évoquent en exemple des « corridors rapides » sur les routes « à haut potentiel vélo ». Le deuxième vecteur s’intéresse au « développement d’un écosystème de services » divers qui englobe la location de vélos, des ateliers d’autoréparation, la présence de vélocistes sur le territoire, etc. Des incitations financières plus importantes que celles déjà en vigueur leur paraissent incontournables. Dernier axe : « La mise en place d’actions de communication et d’animations pour inciter au changement de comportement ». Les rédacteurs citent des ateliers de remise en selle, des opérations de type « Nuit du vélo », la présentation des services de location aux riverains avec possibilité de tester les modèles proposés.


Mots clés : vélo | électrique | The Shift Project | voiture
Catégories : Vélo électrique | Etudes, rapports & analyses |

Commentaires

Posté le 17-12-2020 à 09:29:35 par Nico

Alors qu’un vélo normal va facilement à 40km/h (et même le double pendant le tour de France), les vélos électriques ont été bridés à 25km/h par le législateur européen (32 km/h aux usa) "pour ne pas perturber l’automobiliste" ce qui le rend trop lent pour être dans le flux en ville.
Merci au shift project d’essayer de faire évoluer cette réglementation cyclocide !

Posté le 28-02-2021 à 19:26:29 par Louis

> un vélo normal va facilement à 40km/h

Facilement ?? Pour combien de secondes ?

Posté le 01-03-2021 à 08:58:43 par Christophe

Mais le paradoxe c’est que les cyclistes qui sont capables de rouler à plus de 25 km/h n’empruntent pas les infrastructures cyclables inadaptés à leurs capacités.
Moi le premier en trottinette j’emprunte toutes les infrastructures cyclables parce que obligé par le code de la route et même si elles ne sont pas toujours adaptées à la vitesse maxi. de ma trottinette (25 km/h définie par la réglementation). Par contre à vélo, si l’infrastructure n’est pas d’un usage obligatoire (panneau carré C113) je l’emprunte uniquement si elle me fait gagner du temps par rapport à la voie classique. Par contre, j’emprunte les infrastructures obligatoires (panneau rond B22a).

L’introduction des vélos rapides et leur autorisation sur les infrastructures cyclables nécessiteront de réaménager ces dernières pour pouvoir pleinement exploiter les possibilités de ces engins.

C’est malheureux mais j’ai toujours l’impression que les gens qui parlent vélo n’en chevauchent jamais.

Posté le 01-03-2021 à 09:15:58 par Christophe

"la consommation énergétique de 55 à 0,67 kWh aux 100 km"
A noter que le 55 kWh / 100 km pour une voiture est exprimé en énergie primaire : 55/3,23 = 17 kWh / 100 km en énergie finale.



Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo

Mail

Votre commentaire

Je souhaite recevoir une notification par mail si d'autres internautes commentent cette actu
Copiez ce code avant de valider le formulaire (anti-spam)



Newsletter de l'AVEM Notre lettre d'information hebdomadaire

Alertes quotidiennes par mail

S'abonner au flux RSS actualités
Evènement partenaire
Journées AVEM de l'électro-mobilité
Journées AVEM de l'électro-mobilité
Du /09/2021 au 09/2021 - Cagnes-sur-Mer

L’AVEM organise sa quatrième édition des Journées AVEM de l’électro-mobilité, qui aura lieu à Cagnes-sur-Mer en septembre 2021. Cet événement permettra aux acteurs...
A lire également / sur le même thème Izivia remet en service les stations de recharge Bluely
Fermées depuis août 2020, les bornes de l’ancien service d’autopartage électrique Bluely seront remises en service par Izivia. Elles seront compatibles avec tous les...
Deux nouvelles publicités pour la Renault Zoé (vidéos)
Alors que la Renault Zoé s’est déjà écoulée à plus de 270.000 exemplaires depuis son lancement, le constructeur français a confié à Publicis Conseil la réalisation de 2...
600 bus électriques à Moscou, avant conversion de toute la flotte
Les autorités en charge des transports à Moscou estiment que les 600 bus électriques déjà mis en service dans la capitale russe ont permis d’éviter 400 tonnes...
Le Kia e-Niro arrive en tête de sa catégorie
C’est ce qui ressort d’une étude de J.D. Power sur l’expérience client à bord des véhicules électriques. Cette récente distinction remportée par le e-Niro vient encore...
Un toit solaire en résine de polycarbonate par Teijin et Applied EV
Créée en 1918, le groupe nippon Teijin développe différentes spécialités. Il s’occupe en particulier des matériaux haute performance, parmi lesquels l’aramide, les...
 
 

Actualités

Vidéos

Catalogue véhicules électriques et hybrides

Revendeurs véhicules électriques

Petites annonces véhicule électriques

Thématiques

L'association AVEM

Agenda du transport électrique

Liens

Contact