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Vidéo : Le FSD de Tesla vu par un enseignant de la sécurité routière Rédigé par Philippe Schwoerer le 17 Fév 2026 à 06:00 0 commentaires

Tesla a proposé aux automobilistes français de découvrir avant son homologation en Europe le dispositif intégral FSD (Full Self-Driving). De nombreuses vidéos ont été déposées sur YouTube à la suite de cette expérience.

Parce qu’elles font autorité en matière de mobilité électrique, La Chaîne EV a et l’association e-France Café ont emporté notre préférence avec leur expérimentation sur presque trente minutes. D’autant plus qu’elle met en scène de façon originale le dispositif, comme s’il s’agissait d’un passage à l’examen de la conduite.

Dans le rôle de l’examinateur, une bonne connaissance, Sébastien Gall, fondateur de l’e-France Café. Il est aussi et surtout enseignant de la sécurité routière, avec derrière lui une expérience de plus de dix ans en voitures électriques.

 

Une question d’homologation

En France, toutes les voitures électriques Tesla neuves sont dotées de série depuis 2019 de la fonction Autopilot qui comprend le régulateur de vitesse dynamique et une aide au maintien de cap. Pour 3 800 euros, il est possible d’en obtenir une version étendue qui amène en particulier l’assistance à la conduite sur autoroutes et voies rapides depuis la bretelle d’insertion jusqu’à la sortie, avec gestion des dépassements et des changements de file quand on active un clignotant. L’option ajoute aussi l’aide au stationnement.

Contre 7 500 euros de plus, on pouvait encore passer au stade supérieur, celui de la conduite automatique supervisée capable de stopper le véhicule sur un feu rouge ou un panneau stop. En France, et ailleurs en Europe, les utilisateurs de Tesla qui ont pris ce pack l’on fait sur la promesse de pouvoir un jour disposer de la conduite autonome FSD jusqu’alors indisponible faute d’homologation.

Très différent de l’Autopilot dans son fonctionnement, le tout repose sur des caméras uniquement. Il suffit d’indiquer une destination ou un itinéraire et de lancer la fonctionnalité pour que la voiture se débrouille seule en ville comme à la campagne et sur les autoroutes. A l’approche de l’adoption du FSD en France, l’option à 7 500 euros doit s’effacer en ce mois de février 2026 au profit d’une formule avec abonnement mensuel de l’ordre de 100 euros.

 

Conduite dynamique

Si l’on en juge par le nombre de retours sur la Toile, l’opération de découverte du FSD organisée par Tesla a rencontré un véritable succès. Les vidéos sont le plus souvent commentées avec des avis très tranchés. Celle déposée sur YouTube par La chaîne EV et l’e-France Café est un véritable petit bijou. Elle montre forcément ce que les automobilistes américains expérimentent depuis des années, c’est-à-dire un fonctionnement pour lequel on ne peut qu’avoir de l’admiration dans un premier temps.

L’évolution autonome du véhicule apparaît de prime abord rassurante dans des rues parfois étroites avec une succession d’obstacles à gérer. Tout l’émerveillement des adeptes vient de là, de cette impression de sécurité, et de l’absence apparente d’hésitation, même dans les situations où un conducteur humain se montrerait prudent. Ca passe parfois de façon très serrée, mais c’est passé à chaque fois.

Globalement la conduite est dynamique, un peu à la manière d’un conducteur expérimenté qui ne s’attarde pas trop avec les questions de courtoisie au volant. S’il y a une ouverture, le FSD décide d’y aller. Y compris si un autre automobiliste est mal engagé ; y compris si la trajectoire n’est pas très respectueuse du code de la route. Dans toutes les circonstances, l’important semble a priori d’arriver à destination sans traîner.

 

Une erreur parmi d’autres

Si beaucoup d’admiratifs de l’écosystème Tesla applaudiront sans réserve cette conduite plus autonome, bien d’autres automobilistes ressortiraient dubitatifs de cette expérience avec un itinéraire choisi par Sébastien et très suivi habituellement par les formateurs à la conduite. Priorités à droite, ronds-points, voies étroites, succession de feux de signalisation, circulation, et même une rue mise en sens interdit en raison de travaux : les difficultés se succèdent.

Le FSD va tout de même commettre un certain nombre d’erreurs dont certaines sont sanctionnées par le code de la route. La personne à la place du conducteur est même obligée d’intervenir à quelques reprises. Peut-être un peu tôt, lorsque le système semble ignorer le sens interdit et la voie condamnée pour travaux. Peut-être et sans doute le dispositif aurait-il réagi une ou deux secondes plus tard alors qu’il était peut-être encore temps de changer de trajectoire.

En l’état, on ne peut donc pas dire si le FSD a complètement ignoré la configuration dans ce cas précis ou s’il ne l’avait pas encore perçue. Le dispositif s’est-il par exemple fié à une donnée GPS reconnaissant cette voie comme habituellement accessible ? Quoi qu’il en soit, le petit tour ayant été effectué dans la circulation réelle, difficile de faire autrement que d’intervenir plus tardivement. Un esprit d’informaticien aimerait bien jeter un coup d’œil dans une log pour décrypter les données sur lesquelles le FSD s’est appuyé pour vouloir s’engager au mépris de la signalisation.

 

Quand le doute s’installe

En dehors de quelques erreurs manifestes, on est également témoins en suivant la vidéo d’un comportement général qui peut ne pas être de tout repos pour les passagers. C’est par exemple la vitesse avec laquelle la voiture aborde les ralentisseurs ou va raser le bas-côté en projetant des gravillons.

Sans doute plus inquiétante l’allure avec laquelle le véhicule passe devant des priorités à droite sans visibilité. Lors de l’essai, jamais aucun véhicule ne s’est présenté. On se demande donc quelle aurait été la réaction de la Tesla : Freinage musclé bien désagréable pour les passagers ? Coup de volant brusque à gauche tout autant déstabilisant ? Collision ? Mais peut-être que le système avait la pleine connaissance de l’environnement. Le doute est cependant bien là.

Bons comportements, bonnes réactions, mais aussi situations inquiétantes, doutes, etc. : Tout cela est à découvrir dans cette vidéo qui ne manque pas d’humour et qui a déjà été visionnée plus de 40 000 fois en seulement trois jours après sa mise en ligne. Sébastien validerait-il l’épreuve de la conduite pour le FSD ? C’est sans doute la partie la plus intéressante de la conclusion !

 

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