Largement leaders sur leur marché intérieur, les constructeurs automobiles chinois ont aussi de grandes ambitions à l’international. Ils entendent notamment profiter de leur excellence technologique en matière de véhicules électriques pour s’imposer hors de leurs frontières. Bien engagée dans l’électrification de son parc automobile, l’Europe constitue pour eux une cible prioritaire. Au départ, ils comptaient sur des tarifs très bas pour s’imposer, mais la donne a quelque peu changé. En effet, face aux subventions jugées déloyales à sa filière électrique, l’Union européenne a considérablement relevé ses droits de douane. Au lieu des 10% standards, ceux-ci peuvent désormais atteindre jusqu’à 45,3% pour les constructeurs chinois. Pour contourner cet obstacle, les constructeurs ont fait évoluer leur stratégie et cherchent désormais à produire des véhicules en Europe. BYD, Dongfeng, Geely et XPeng ont multiplié les annonces sur ce sujet ces derniers temps, mais avec une approche différente.
Leader mondial du véhicule électrique, BYD a tout d’abord jeté son dévolu sur la Hongrie pour s’implanter en Europe. Le groupe a choisi la ville de Szeged pour y construire sa première usine européenne, sur plus de 300 hectares. Il y emploie déjà près de 1.000 salariés et va bientôt démarrer la production de la Dolphin, sa citadine électrique. A l’avenir, BYD compte produire 200.000 véhicules électriques par an au sein de cette usine. Un nombre encore insuffisant au vu des ambitions du constructeur sur le marché européen. Ainsi, pour augmenter ses capacités de production en Europe, BYD envisage d’abord la construction prochaine d’une deuxième usine en Turquie. Mais le groupe n’entend pas s’arrêter là et a entamé des discussions avec Stellantis pour racheter l’une de ses usines. Pour l’instant, il semble qu’une usine italienne tient la corde, mais rien n’est encore bouclé.
C’est aussi avec le groupe Stellantis que Dongfeng a conclu un accord pour produire un véhicule en France. Un accord assez logique puisque les deux constructeurs entretiennent des relations de longue date et viennent de renforcer leur partenariat. Cette fois, il ne s’agit pas de racheter une usine, mais plutôt de dynamiser le site breton de Rennes-La Jannais. Ce site historique de Citroën ne produit aujourd’hui que le C5 Aircross, un SUV de moyenne taille. De quoi inquiéter les 1.300 salariés de l’usine. Pour garantir leur emploi et tirer parti des capacités de production supplémentaire, Stellantis et Dongfeng viennent de valider un accord. Celui-ci prévoit la production au sein de l’usine d’un véhicule Dongfeng. Le modèle n’a pas encore été révélé, mais cela devrait être un véhicule du même segment que le C5 Aircross.
Le groupe Geely a choisi Ford comme partenaire pour s’implanter en Europe et plus précisément en Espagne. Là encore, il s’agirait de venir à la rescousse d’une usine sous-utilisée, en l’occurrence celle de Valence. En effet, Geely aurait signé un accord avec Ford Europe pour utiliser une partie de ses lignes de production. Sur cette chaine de montage, Geely envisagerait de produire des véhicules multi-énergies, à commencer par l’EX2. Une grande citadine qui est actuellement la voiture électrique la plus vendue en Chine. Cette voiture devrait faire son apparition sur le marché français avant la fin de l’année. Sa production en Espagne lui permettrait d’éviter des droits de douanes prohibitifs, mais aussi d’être éligible aux aides gouvernementales. Un moyen de renforcer sa compétitivité sur un segment de plus en plus fourni en Europe.
Ayant déjà une usine en Autriche, XPeng cherche néanmoins à acheter une autre usine pour accompagner son développement en Europe. Assez logiquement, XPeng se tourne vers Volkswagen qui détient une participation d’environ 5% à son capital. Ceci d’autant plus que le groupe allemand traverse une période de restructuration et souffre de surcapacités industrielles. Il est donc ouvert à des discussions avec des constructeurs chinois intéressés par ses usines sous-utilisées. Les discussions pourraient notamment concerner les sites allemands de Dresde et d’Osnabrück, mais XPeng n’a pas encore arrêté son choix. Néanmoins, le constructeur estime que certaines usines Volkswagen seraient un peu vieilles pour produire des véhicules électriques de nouvelle génération. Il pourrait donc opter pour une usine neuve, voire se tourner vers l’Espagne comme d’autres constructeurs chinois.
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