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Renault fait revivre en concept électrique la légendaire R8 Gordini Rédigé par Philippe Schwoerer le 25 Sep 2026 à 06:00 0 commentaires

Depuis quelques années, Renault puise dans son histoire pour faire revivre en concepts électriques des modèles qui ont marqué leur époque. Après la R17 restomod du designer Ora-ïto, voici la R8 Gordini proposée par l’équipe d’Alexandre Malval, directeur du design pour le Losange.

 

La Gorde des sixties

Pour ceux qui ont eu à conduire ou à voyager comme passager dans les anciennes Renault 8, plein de souvenirs. Cette voiture a diversement été appréciée en raison de ses spécificités. En architecture propulsion avec le moteur à l’arrière, la tenue de route pouvait être problématique sur les chaussées glissantes.

Bien des conducteurs ont mis dans le coffre à l’avant des sacs de sable ou de ciment pour revoir l’équilibre du véhicule. Passer les vitesses n’était pas toujours simple avec le fin levier, à moins de préférer une rare version automatique avec des boutons au tableau de bord qu’on ne retrouvera pas sur la R8 Gordini.

Les divers points faibles de cette berline qui a aussi servi de base à la curieuse R10 n’ont pas empêché le sorcier Amédée Gordini d’en faire dès 1964 un bolide pour circuits ou pour la route. Changement de culasse pour caresser les 95 ou 110 chevaux (à partir de 1966, le moteur passant à une cylindrée de 1 300 cm3) pilotés par une boîte à 4 ou 5 rapports, selon les versions.

L’engin était ainsi capable d’accrocher les 170 à 175 km/h. Des chiffres qui font sourire devant le moteur de 270 ch (arrondissons à 200 en kW) du concept électrique d’aujourd’hui. Ce bloc aussi trouve sa place à l’arrière de la voiture bleue à bandes blanches.

 

Coupé d’aujourd’hui contre berline d’hier

Est-ce que de côté la Renault 8 Gordini Concept vous fait aussi penser à la Peugeot e-Legend de 2018 ? Pourtant, ni Nicolas Brissonneau, ni Matthias Hossann, ni Gilles Vidal n’ont mis la main à la pâte ici. Cette impression vient aussi d’une présentation en coupé deux portes qui ne correspond pas aux lignes taillées à la serpe de la berline à quatre ouvrants latéraux.

C’est surtout à l’avant que la ressemblance avec la Gorde des sixties est criante, grâce à la nervure centrale dans la longueur du capot ainsi que les quatre optiques en face avant, les deux de l’intérieur étant plus petites. Toutefois la forme est étirée, plus fine, accordant visuellement une meilleure assise au concept.

On l’explique facilement avec les libertés prises concernant les dimensions. La caisse de légende présentait une empreinte au sol de 4,00 x 1,49 mètres pour une hauteur de 1,37 m. Le concept est moins haut de 10 cm (1,27 m), mais plus large de presque 40 cm (1,88 m). En longueur, on n’a que 12 cm de plus (4,12 m).

« La silhouette caractéristique de la Renault 8 quasi symétrique entre l’avant et l’arrière a été réinterprétée et dynamisée en plaquant la voiture au sol avec une cabine plus fluide, des voies larges, des ailes proéminentes et des tailles de roues qui atteignent 19 pouces à l’avant et 20 à l’arrière », explique Alexandre Malval.

A comparer à la monte en 15 pouces au siècle dernier : « Le choix des roues plus grandes à l’arrière qu’à l’avant génère visuellement un effet propulsif : clin d’œil à l’architecture ‘tout à l’arrière’ qui fut la signature du comportement joueur du modèle originel ».

 

Intérieur séduisant

On ne pourra pas dire que le tableau de bord du concept de 2026 est une copie fidèle de celui des années 1960. Mais il en est une bonne évocation avec un volant à trois branches, la courbe de la casquette, l’emploi de l’aluminium brossé et un style relativement épuré.

« Nous nous sommes inspirés de la planche de bord originelle de la Renault 8, en reprenant les marqueurs classiques que nous avons ensuite revisités. La traditionnelle plaque en métal percée de cadrans ronds est ici repositionnée à plat pour soutenir et mettre en valeur une série d’écrans ronds parfaitement alignés », traduit Stéphane Maiore, responsable du design intérieur chez Renault.

Concept R8 Gordini électrique

La console qui sépare les sièges avant est en revanche une pure création qui va ici très bien. « Dans l’habitacle, le nombre de pièces est limité et chacune d’entre elles est particulièrement soignée et épurée. Elles font à la fois partie de la structure et du décor. Il n’y a rien de superflu », met en avant Robin Biondi, designer intérieur.

Le résultat est là, alléchant, et l’on s’imaginerait très bien s’installer dans le siège baquet du conducteur, mettre le contact, et goûter du circuit avec le concept électrique. Le velours de la sellerie et les parties en alcantara dans les contreportes et sur le tableau de bord amènent une finesse que l’on ne connaissait par sur l’ancêtre bien plus spartiate.

 

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