C’est débarrassé de son moteur biturbo V6 essence 3,5 litres que le Toyota DKR GR Hilux participera en 2027 au rallye Dakar. Avec à la place une motorisation électrique à pile hydrogène, il sera l’un des véhicules engagés dans la catégorie « Dakar Future Mission 1000 » dédiée aux engins expérimentaux.
Pour l’édition 2026 du Dakar, la division sport automobile de Toyota Gazoo Racing avait engagée trois exemplaires de son DKR GR Hilux. Respectivement pilotés par Toby Price, Seth Quintero et Henk Lategan, ils ont décrochés les huitième, neuvième et vingt-et-unième places du classement à l’arrivée. En 2027, l’engin basé sur l’emblématique pick-up Hilux produit depuis 1968 va passer à l’électrique.
Pas avec une grosse batterie, mais avec une pile à combustible dont le constructeur japonais ne compte pas décrocher. Entre le 1er et le 15 janvier prochains, ce prototype en cours de réalisation et d’essais en Belgique devra courir contre la montre sur mille kilomètres à cumuler en treize étapes au Dakar. Cette évolution s’accompagne du nom un peu allongé de « DKR GR FC Hilux », avec « FC » signifiant « Fuel Cell », c’est-à-dire « Pile à combustible ».
« L’engagement dans la catégorie ‘Dakar Future Mission 1000’ constitue une nouvelle étape dans les efforts de Toyota pour atteindre la neutralité carbone en sport automobile et développer le potentiel des technologies liées à l’hydrogène », justifie le constructeur dans son communiqué de presse daté du 24 juillet 2026.
Employer l’énergie de l’hydrogène en compétition n’est pas une nouveauté pour Toyota. La première fois, c’était en 2021 au championnat japonais Super Taikyu avec l’ORC Rookie Corolla H2 Concept dont le moteur thermique était alimenté exclusivement avec des molécules H2. Recette identique l’année suivante mais avec la GR Yaris H2 qui a démontré son potentiel lors du Rallye d’Ypres en Belgique, puis lors du Rallye de Finlande 2025 et du Monte-Carlo 2026 au gré des améliorations apportés sur le nouveau proto GR Yaris Rally2 H2.
Même le Dakar a déjà connu un épisode hydrogène avec Toyota en 2024 et l’année suivante grâce aux buggys HySE-X1 et HySE-X2 engagés par HySE (Hydrogen Small mobility & Engine technology Association), une cellule de recherche technique à laquelle participe Toyota Motor Corporation. N’oublions pas les tours de démonstration effectués avec le prototype TR LH2 Racing lors des 24 Heures du Mans 2026.
Qu’est-ce que le DKR GR FC Hilux apporte de nouveau pour le constructeur peu enclin à se lancer commercialement dans des voitures électriques convaincantes que l’on branche ? Cette fois-ci, il ne s’agit pas de moteur thermique fonctionnant à l’hydrogène, mais d’un FCEV, c’est-à-dire un véhicule électrique à pile hydrogène. Associer ce vecteur énergétique et la PC H2 est donc une première dans les activités de sport automobile de Toyota.
Cette participation au Dakar est une nouvelle occasion d’entretenir aux yeux du monde l’intérêt de la solution FCEV à laquelle tient tant Toyota. Puisque ce serait possible dans « l’environnement hostile du Dakar, avec des températures élevées, des pistes accidentées et de longues étapes », ce serait donc aussi applicable dans des conditions moins sévères pour les voitures, les camions, les autobus et autocars, les trains et bateaux.
Le constructeur compte d’ailleurs profiter du terrain d’essai du Dakar pour améliorer la technologie par la nécessité de disposer de performances élevées « de façon sûre et fiable dans ces conditions extrêmes ». Les pistes de perfectionnement annoncées concerne la réduction de la taille de la pile à combustible, l’optimisation du refroidissement, la durabilité du système, et la gestion de l’énergie.
Dommage, le communiqué de presse ne précise pas comment l’hydrogène consommé dans son DKR GR FC Hilux sera obtenu. Il devra forcément provenir d’une source renouvelable pour que cette participation soit crédible. Ne pas émettre de CO2 en roulant et juste rejeter de l’eau sur son passage ne seraient pas suffisants en 2027 face aux effets du dérèglement climatique qui s’imposent désormais à nous de façon criante.
Par ailleurs, on ne peut que croiser cette participation au Dakar avec la volonté de Toyota de rejoindre le groupe Volvo et Daimler Truck AG au capital de Cellcentric, une coentreprise créée en 2021 pour développer et commercialiser des modules de pile à combustible, en particulier pour le transport lourd sur et hors route.
L’objectif clairement annoncé par cette encore jeune société « est de devenir un fabricant mondial et l’un des principaux fournisseurs de modules de pile à combustible, contribuant ainsi à un transport durable, sans impact sur le climat ». Cellcentric emploie déjà plus de 560 collaborateurs dans ses équipes interdisciplinaires réparties sur les sites allemands de Kirchheim unter Teck, Esslingen et Stuttgart ainsi qu’au Canada à Burnaby. Déjà 700 brevets déposés par cette structure !
Avec Toyota qui vient de signer un accord exécutoire avec le groupe Volvo et Daimler Truck, Cellcentric serait détenu à parts égales (un tiers) par les trois partenaires. Ce nouvel engagement fait suite à un premier accord non astreignant signé fin mars 2026. Parmi les bénéfices de la nouvelle organisation : « soutenir activement le développement de l’approvisionnement en hydrogène et de l’infrastructure connexe, ainsi que le déploiement de l’écosystème » dédié.
Cela, en s’appuyant sur diverses parties prenantes sur toute la chaîne de valeur de l’hydrogène. La finalisation de l’opération qui devrait intervenir vers la fin de l’année 2026 ou au début 2027 (pendant le Dakar ?) reste soumise à l’obtention des autorisations réglementaires.
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *
Constructeurs, importateurs, collectivités, entreprises ou particuliers, rejoignez-nous et bénéficiez des nombreux avantages accordés à nos membres.
Vous souhaitez rester au courant des dernières nouveautés et recevoir une notification dès qu'un article est publié, inscrivez-vous à notre newsletter !