L’entreprise l’avait annoncé en décembre 2025 : elle a décidé de développer une nouvelle technologie de batterie grâce au « Sodium-Ion ». Nous avons souhaité en savoir plus et nous leur avons posé quelques questions.
Le Lithium est devenu aujourd’hui la référence, mais celui-ci a un impact écologique conséquent et nécessite l’usage du cuivre. Le Sodium, quant à lui, fonctionne sans cuivre, utilisant uniquement de l’aluminium, ce qui réduit drastiquement son impact environnemental. C’est là que réside la différence principale.
De plus, le Sodium est bien plus abondant sur terre que le Lithium, ce qui permet d’abaisser son coût. D’autre part, il offre une bien meilleure stabilité thermique, ce qui signifie que le risque d’emballement thermique est fortement retardé.
Le choix de SIG Energy Technology pour la technologie Sodium-ion repose sur notre volonté à apporter des solutions nouvelles sur le marché.
Ce choix s’inscrit également dans une logique de complémentarité de gamme. Pour les marchés du stockage stationnaire et de la mobilité maritime ou routière, la priorité est donnée à la sécurité et à l’efficacité. En travaillant avec le Sodium-ion, SIG Energy Technology compte se positionner sur des solutions durables, sûres et économiquement plus accessibles.
L’intégration du Sodium-ion dans le secteur automobile ne relève désormais plus de la simple théorie, mais d’une réalité industrielle en cours de déploiement. Depuis 2020, l’intensification des efforts R&D a permis de confirmer une viabilité commerciale aujourd’hui attestée par des publications récentes.
Parallèlement, des études techniques démontrent la pertinence de la technologie Sodium-ion pour les véhicules de faible et moyenne mobilité.
Cette transition industrielle s’incarne aujourd’hui avec des acteurs majeurs tels que CATL qui a officiellement lancé la production de masse de sa batterie « Naxtra ». Pour que la technologie Sodium- Ion équipe la Changan Nevo A06, marquant le passage définitif de la technologie du stade de prototype à celui de produit commercialisé en série dès cette année 2026.
Le stockage stationnaire, les transpalettes, le réseau (grid) et l’industrie constituent les usages optimaux, car ces secteurs sont moins soumis aux contraintes de dimensions.
Le Sodium-ion va s’y imposer par ses avantages : facilité de transport à 0V (sur un court terme), sécurité thermique face aux risques d’emballement, une stabilité de cyclage avec une capacité quasi intacte sur les 500 premiers cycles, ainsi qu’une excellente tenue aux basses températures.
Banc de test de SIG
Oui, la compétitivité face aux marchés asiatiques est atteignable en privilégiant l’innovation.
Les laboratoires européens travaillent déjà sur des solutions prometteuses, comme les batteries tout-solide. En combinant un électrolyte solide à une anode en lithium métallique, elles offrent une densité énergétique accrue tout en réduisant le risque d’emballement thermique.
En parallèle, les batteries Lithium-Soufre représentent une autre voie majeure avec une densité pouvant atteindre 2 500 Wh/kg. Cette solution utilise des matériaux bien plus abordables que les métaux utilisés actuellement, réduisant ainsi notre dépendance extérieure.
Ses principaux avantages résident dans une sécurité renforcée et une logistique facilitée, notamment par la possibilité de transporter les cellules à 0V sur un court terme et un retardement d’emballement thermique. À cela s’ajoute une excellente tenue aux basses températures, une plus grande résilience en situation de courant élevé et une linéarité des courbes de décharge qui simplifie nettement le paramétrage du BMS.
Sur le long terme, l’abondance du sodium constitue également un levier économique puissant, promettant des coûts inférieurs à ceux du lithium.
Toutefois, cette technologie souffre d’inconvénients notables, au premier rang desquels figure une densité énergétique plus faible, imposant des contraintes de volume importantes.
De plus, ses tensions de fonctionnement plus basses obligent à adapter la conception des systèmes, tandis que le défi de monter en échelle industrielle reste à relever pour atteindre la maturité des standards actuels.
Les batteries Sodium-ion affichent des performances remarquables, avec une longévité estimée à environ quinze ans pour les cellules prismatiques, et une dizaine d’années pour les formats cylindriques..
Concernant le recyclage, si la technologie est facile à traiter via les filières existantes en raison de l’absence de métaux rares, sa viabilité économique demeure le véritable enjeu. En effet, la faible rareté des matériaux composant ces cellules limitent la valeur marchande des matières récupérées, posant un défi de rentabilité similaire à celui rencontré par la technologie LFP.
Ainsi, le déploiement effectif du recyclage dépendra de la création d’un écosystème capable de structurer la demande pour ces matériaux réutilisés afin de garantir un modèle économique viable à long terme.
Un grand merci à Antony LAURENT pour le temps qu’il a consacré à répondre à nos questions.
INFOS
SIG Energy Technology
3 rue de l'arrivée
75015 Paris
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *
Constructeurs, importateurs, collectivités, entreprises ou particuliers, rejoignez-nous et bénéficiez des nombreux avantages accordés à nos membres.
Vous souhaitez rester au courant des dernières nouveautés et recevoir une notification dès qu'un article est publié, inscrivez-vous à notre newsletter !