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Sud Livraisons, une société engagée dans la conversion à l’électrique de sa flotte de véhicules Rédigé par Emmanuel Maumon le 10 Déc 2020 à 00:00 0 commentaires

Fondée à Nice en 1998 par Michel Raccah et son frère, la société Sud Livraisons est spécialisée dans la messagerie express. Elle travaille en sous-traitance pour de grands donneurs d’ordre comme TNT, FedEx ou DHL. Elle dispose à l’heure actuelle d’une flotte de 30 véhicules dont une partie a commencé à être électrifiée en 2018. Rencontre avec Michel Raccah pour évoquer les raisons qui l’ont incité à s’engager dans cette voie, mais aussi les contraintes qu’il a rencontrées ainsi que son degré de satisfaction. Une satisfaction bien réelle qui lui donne envie d’aller plus loin dans l’électrification de sa flotte de véhicules, à condition que certains obstacles, notamment au niveau de la recharge, soient levés.

Michel Raccah, quelles sont les raisons qui vous ont poussé à intégrer des premiers véhicules électriques dans votre flotte ?

La première raison figurait dans le cahier des charges de l’appel d’offres lancé par DHL en juillet 2018. L’une des conditions impératives à remplir était d’avoir des véhicules 100% électrique pour effectuer les livraisons dans Nice. De plus, par rapport à la problématique des livraisons dans le centre de Nice, il est vrai que nous sommes moins embêtés avec des véhicules électriques, surtout dans la perspective de la prochaine mise en place d’une ZFE. Enfin, ce choix était également dicté par des raisons économiques et écologiques.

Quel et le modèle que vous avez retenu pour vos premiers véhicules électriques ?

Nous avons opté pour le Nissan eNV200 qui était le seul véhicule alliant fiabilité, tarif abordable, volume de chargement et autonomie correspondant à nos besoins. A l’époque, nous avions de très mauvais retours concernant l’autonomie des Renault Master ZE ou Kangoo ZE. Même si la version disponible à ce moment n’était dotée que d’une batterie de 24 kWh n’autorisant une autonomie réelle de 100 à 110 km, cela s’est avéré suffisant car nous effectuons des livraisons essentiellement sur Nice à partir de l’aéroport où se trouve l’entrepôt de DHL.

Quel est le nombre de kilomètres parcourus chaque jour par vos véhicules électriques ?

Pour les véhicules n’effectuant des tournées que sur Nice, la moyenne se situe entre 50 et 80 km/jour. Pour ceux qui effectuent la navette entre Nice et Monaco, nous utilisons désormais nos nouveaux véhicules qui sont équipés d’une batterie de 40 kWh avec une autonomie réelle d’environ 250 km. Ces véhicules effectuent un premier trajet aller-retour vers Monaco, puis tournent ensuite sur Nice et roulent environ 170 km/jour. Ainsi, pour tous nos véhicules électriques, nous ne rechargeons qu’une fois/jour durant la nuit chez DHL.

« Si nous trouvons une solution à notre problème de recharge, nous souhaitons pouvoir convertir rapidement à l’électrique 80% de notre flotte »

Je crois néanmoins que vous rencontrez quelques problèmes concernant la recharge de vos véhicules ?

En fait, nous souhaitons depuis près d’un an convertir l’essentiel de notre flotte à l’électrique, notamment nos véhicules travaillant pour le compte de TNT à partir du PAL (Parc d’Activités Logistiques) de Nice Saint-Isidore. Mais pour cela j’ai besoin de disposer de bornes de recharge sur le site du PAL d’où partent les transporteurs. Or je ne parviens pas à obtenir l’accord de la CCI (gestionnaire du PAL) pour les installer, même en prenant les frais à ma charge. Nous n’avons qu’un bureau sur le PAL où nous chargeons directement chez nos clients. Comme nous ne sommes pas propriétaire du parking, il nous faut l’autorisation de la CCI pour installer ces bornes pour pouvoir recharger la nuit afin d’être opérationnel le lendemain matin.

Si la situation se débloque, combien de véhicules électriques supplémentaires envisagez-vous de mettre en service ?

Mon objectif immédiat est de mettre en service au minimum 6 véhicules pour TNT afin d’effectuer les tournées dans l’hyper centre de Nice. Ceci d’autant plus qu’il existe aujourd’hui de nouveaux véhicules électriques que j’ai déjà pu essayer chez Peugeot et qui sont parfaitement adaptés à nos besoins pour le centre-ville de Nice avec un volume de chargement de 6 m3. J’espère vraiment trouver une solution rapidement car le problème risque de devenir critique avec la mise en place imminente d’une ZFE sur Nice pour laquelle nous avons d’ailleurs une réunion en vidéoconférence dans quelques jours.

« Pour les Nissan e-NV200, la faiblesse du coût d’entretien nous permet d’amortir le surcoût à l’achat qui reste important »

Quels sont les nouveaux modèles qui correspondent mieux à vos besoins et envisagez-vous d’en faire l’acquisition prochainement ?

Si nous trouvons une solution à notre problème de recharge, nous souhaitons convertir rapidement à l’électrique près de 80% de notre flotte. J’ai déjà les devis concernant ces véhicules et je suis prêt à les acheter dès demain. Nous sommes particulièrement intéressés par les versions électriques du Peugeot Expert et du Citroën Jumpy. Nous regardons également avec attention le Volkswagen e-Crafter qui dispose d’un plus grand volume de chargement, mais dont le prix est pour l’instant inabordable pour nous. A plus de 40 000 € HT, il est presque deux fois plus élevé que celui d’un véhicule thermique équivalent. Cela rend impossible son amortissement dans notre activité où les marges sont très faibles.

En termes de coût total de possession, un véhicule électrique est-il néanmoins aujourd’hui compétitif pour votre activité ?

Pour le moment je dirais oui, notamment en raison d’un coût d’entretien très inférieur à celui d’un véhicule thermique. L’entretien est en effet beaucoup plus restreint car sur un véhicule électrique il n’y a pas de boite de vitesses, pas d’embrayage, de vidange à effectuer, mais aussi peu d’usure de freins avec un freinage dynamique en récupération d’énergie. Pour les Nissan e-NV200, la faiblesse du coût d’entretien, mais aussi le fait que nous n’avons plus de carburant à acheter, nous permet d’amortir le surcoût à l’achat qui reste important. Pour vous donner un ordre de grandeur la version thermique du Nissan NV200 est facturée 13 400 € HT contre 24 000 € pour la version électrique (bonus écologique déduit).

Avez-vous bénéficié de certaines aides, notamment de la part de la Région Sud, pour vous équiper en véhicules électriques ?

J’ai appris récemment par l’intermédiaire de l’Avem que ces aides de la Région Sud existaient. Pour l’instant, j’ai acheté 9 véhicules électriques sans jamais toucher une aide de la Région. Je vais en bénéficier pour les prochains, mais je regrette de ne pas avoir été informé avant, notamment par mon concessionnaire Nissan, car j’ai fait cette année l’acquisition de 3 véhicules électriques dont un au mois d’octobre et j’aurais certainement pu profiter de cette aide qui s’élève tout de même à 3 000 euros par véhicule pour les Nissan eNV200 ou les Citroën ë-Jumpy. L’aide est même supérieure pour l’e-Crafter, ce qui va peut-être nous donner la possibilité de l’acquérir.

Rappel du montant des aides de la Région Sud :

Télécharger ici les détails du dispositif : « Aide à l’acquisition de véhicules utilitaires propres » de la Région Sud.

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