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L’explosion des tarifs de Ionity, une mauvaise affaire pour la mobilité électrique Rédigé par EMMANUEL MAUMON le 20 Jan 2020 à 00:00 0 commentaires

Ionity, le réseau européen de charge rapide et ultra-rapide vient d’annoncer sa nouvelle stratégie tarifaire qui entrera en vigueur le 31 janvier. Une stratégie marquée par une envolée des tarifs, en particulier pour les possesseurs d’un véhicule de marque n’appartenant pas aux constructeurs membres du consortium regroupant BMW Group, Mercedes-Benz AG, Ford Motor Company et Volkswagen Group, rejoints depuis peu par le groupe coréen Hyundai. Alors que depuis sa création en 2018, Ionity facturait 8€ la recharge, quelle que soit sa durée ou la quantité d’énergie délivrée, le tarif de base en payant via l’application Ionity passera à 0,79€/kWh. Une augmentation colossale puisque pour récupérer 50 kWh, il faudra bientôt débourser 39,50€ contre 8€ aujourd’hui.
Pour le Président de Ionity, Michael Hajesch, cette augmentation se justifie par la qualité de son réseau : « Nous disposons d’un réseau dense et ultra-rapide, faisant des voyages longues distances à travers l’Europe une réalité. Apporter un service de qualité incomparable est la clé de notre modèle économique ». Si avec ses plus de 200 stations offrant plusieurs points de charge délivrant jusqu’à 350 kW, le réseau Ionity est effectivement de qualité, même s’il n’a pas été totalement épargné par les incidents, l’augmentation qui peut facilement atteindre 500% semble totalement abusive.

Des tarifs différenciés selon les constructeurs

Une augmentation qui, outre le fait de pouvoir financer la poursuite de l’extension du réseau qui devrait compter près de 400 stations d’ici la fin de l’année, masque sans doute la volonté de donner un net avantage concurrentiel aux marques des constructeurs parties prenantes dans le consortium à l’origine de la création du réseau. Des constructeurs qui bénéficieront de tarifs privilégiés. Des tarifs qui ne seront néanmoins pas homogènes et seront différenciés en fonction de chaque marque. Ainsi, si Volkswagen devrait conserver une tarification au forfait, chez Audi et Porsche, les clients bénéficieront d’un tarif de 0,33€/kWh mais à condition de souscrire un abonnement facturé près de 17€/mois.
Pour les clients de BMW et de Mercedes, les tarifs devraient être de l’ordre de 0,30€/kWh avec sans doute un abonnement dont le prix n’a pas encore été communiqué. Les marques Hyundai et Kia, qui viennent de rejoindre le consortium n’ont pas encore communiqué sur les modalités d’accès au réseau Ionity, mais elles devraient bénéficier de tarifs privilégiés. Les autres constructeurs comme Renault, le groupe PSA ou Jaguar seront marginalisés et leurs clients devront payer le prix fort pour se recharger sur les bornes Ionity. Le réseau a toutefois indiqué qu’il restait ouvert à d’autres opérateurs de mobilité. Une manière sans doute de les inviter à mettre la main au portefeuille pour participer au financement du réseau.

Un mauvais coup porté à l’essor de la mobilité électrique

Visiblement, Ionity tente de profiter de sa position dominante sur les grands axes de circulation européens pour limiter l’accès au réseau aux clients des marques qui ont participé financièrement à sa mise en place. Une politique qui rappelle celle de Tesla avec ses Superchargeurs mais qui va à l’encontre des principes d’ouverture affichés lors du lancement du réseau et qui lui ont sans doute valu d’obtenir un financement de la part de l’Union européenne. S’il est logique que les marques fondatrices bénéficient de tarifs préférentiels, l’écart de prix avec les autres marques ne devrait pas être aussi conséquent.
Mais le plus grand tort de la nouvelle stratégie tarifaire de Ionity est qu’elle porte un mauvais coup à l’essor de la mobilité électrique. Un essor qui passe par la nécessité de briser certaines barrières psychologiques. Or, si le développement du réseau Ionity facilite l’itinérance et les voyages longues distances en véhicule électrique, la nouvelle stratégie tarifaire remet en question l’un des atouts majeurs de la mobilité électrique, à savoir son moindre coût d’utilisation. Un avantage réduit à néant par les nouveaux tarifs qui rendent les trajets sur autoroute parfois deux fois plus cher en électrique qu’en voiture thermique équivalente. Même s’il est logique qu’une recharge ultra-rapide soit assez onéreuse, c’est un très mauvais message envoyé par des constructeurs qui font de la mobilité électrique le pilier de leur développement futur.

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