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Cycle WLTP contre NEDC, nouveau malus, fiscalité des carburants Rédigé par Philippe Schwoerer le 05 Sep 2017 à 00:00 0 commentaires

C’est la rentrée, et avec elle son lot de nouveautés à venir ou déjà applicables en matière de voitures particulières. Le fameux cycle NEDC si décrié disparaît enfin au profit du WLTP qui va bouleverser la donne. C’est effectif depuis le 1er septembre dernier. Nombre de voitures essence ou diesel vont changer de catégorie selon le barème du bonus/malus, d’autant plus que sur le sujet, il y a aussi du nouveau. Enfin, la fiscalité du gazole va être alignée sur celle de l’essence dans 3 ou 4 ans.

Un cycle d’homologation incohérent…

Il en aura fait couler de l’encre ce fameux cycle européen NEDC, – pour New European Driving Cycle -, totalement irréaliste ! Et pourtant, depuis 1973, selon la procédure décrite dans la directive européenne 70/220/CEE1, il fait foi comme scénario réalisé pour reproduire les conditions moyennes de conduite automobile sur le vaste territoire. Ses valeurs étaient exploitées jusqu’à fin août de cette année 2017 pour fixer à chaque modèle de voiture des émissions de CO2 et une consommation selon 3 modes d’utilisation : urbain, extra-urbain, mixte. Tout le système du bonus/malus environnemental reposait sur lui. Presque 200 mètres pour atteindre les 50 km/h, une vitesse moyenne de 34 km/h : sont-ce des conditions réelles de conduite d’une voiture en Europe !? Non, bien sûr ! D’autant plus que les tests étaient réalisés la plupart du temps sur des bancs à rouleaux, avec des engins souvent dépouillés, dans des conditions idéales à tous points de vue : température extérieure comprise entre 20 et 30° C, tous accessoires coupés, pression des pneus au maximum des préconisations du constructeur, batterie 12 V chargée à fond pour réduire le fonctionnement de l’alternateur, etc. Imaginons que l’on définisse pour chaque pays le poids de ses habitants selon les critères les plus stricts des nutritionnistes locaux, sans tenir compte des habitudes installées et des goût culinaires !

…remplacé par un autre tout aussi théorique

Si le cycle WLTP (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures) reste tout aussi théorique, exploitant toujours les fameux bancs à rouleaux, il se base sur des variations plus fréquentes d’un régime moteur plus soutenu. Avec cette nouvelle norme portée également par le Japon et l’Inde, l’idée est d’arriver à une généralisation au niveau mondial des tests d’homologation des véhicules. Parmi les changements, une température de départ de 14° C, une plage au ralenti divisée par 2, 50% de temps de fonctionnement en plus pour un kilométrage à respecter de presque le double. Soit, en traduction des exigences sur ces 2 dernières valeurs, une puissance plus importante demandée au moteur lors des tests, et donc une vitesse moyenne plus élevée, fixée désormais à un peu plus de 46 km/h. Ce n’est pas tout, puisque le cycle WLTP prend en compte aussi la résistance au roulement (air, friction des pneus) ainsi que les équipements en option pour obtenir les chiffres des consommations en énergie et des émissions de CO2 et polluant à l’échappement. A ce jeu, on peut déjà déduire que ce sont les voitures les plus puissantes qui risquent de connaître les plus gros écarts de consommation entre les 2 normes, en grimpant d’une catégorie dans la grille du malus environnemental. Pas seulement ! Ce sera aussi le cas pour les moteurs downsizés et les motorisations incluant un dispositif stop&start.

Autonomie réduite sur les véhicules électriques

Les véhicules électriques ne risquent pas de migrer vers une catégorie environnementale du bonus/malus moins avantageuse. En revanche, l’autonomie affichée sur les documents de présentation des différents modèles va se trouver réduite de plusieurs dizaines de kilomètres. Pour son Ampera-e, Opel communique déjà sur les 2 normes : 520 kilomètres d’autonomie avec le cycle mixte NEDC, plus que 380 avec le scénario WLTP ! Evoquant son modèle 2020 de Zoé, Renault indique respectivement 600 et 400 km en distinguant les 2 standards, soit une amputation d’un tiers du rayon d’action. En conséquence, les autonomies alors annoncées dans les différents supports de communication seraient celles obtenues régulièrement par les électromobiliens.

Bonus/Malus

Si les voitures électriques ne craignent pas de quitter la plus avantageuse des catégories du bonus/malus, nombre de modèles de voitures essence et diesel risquent de perdre leur neutralité fiscale ! Un phénomène qui serait alourdi par une modification du dispositif gouvernemental dont on attend ce mois-ci les détails. Objectif : faire disparaître l’actuel déficit du système qui se chiffre déjà en centaines de millions d’euros à cette période de l’année 2017. En gros, à partir de 95 grammes de CO2 par kilomètre, – seuil qui devrait être imposé aux constructeurs pour 2021 -, un nouveau malus s’appliquerait, a priori en plus de celui existant dont le palier de taxation descendrait en parallèle de 127 à 122 grammes.

Fiscalité des carburants

Mercredi dernier, 30 août 2017, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a indiqué au micro de Franceinfo, que la fiscalité du gazole serait alignée sur celle de l’essence « dans les trois, quatre ans qui viennent ». Rappelant qu’il en va de « la santé humaine », il assure que l’opération sera accompagnée d’aides pour inciter les Français « à changer de véhicule ». Ce point fait partie intégrante d’un programme qui sera dévoilé au milieu de ce mois de septembre et comptera également l’évolution du bonus/malus dont la manne supplémentaire dégagée devrait permettre de financer ces nouvelles aides après absorption du déficit. Si l’on additionne tous les éléments qui vont peser de plus en plus lourdement sur les véhicules thermiques, la technologie électrique s’imposerait presque ! Acheter une voiture neuve va devenir un véritable casse-tête, car les automobilistes vont devoir viser loin en faisant leur choix. Voilà sans doute l’explication de la hausse d’environ 10% des immatriculations constatées pour juillet et août, par rapport aux mêmes mois de 2016, défiant les lois de la saisonnalité du marché. Une bonne affaire finalement !? Pas sûr, car la revente en occasion des modèles thermiques risque d’être délicate dans quelques années.

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