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2015 : l’année de la bascule pour les voitures électriques ? Rédigé par Philippe Schwoerer le 18 Mai 2015 à 00:00 0 commentaires

Chaque mois, les électromobiliens et les détracteurs de la mobilité électrique, les journalistes et bloggeurs, mais aussi les constructeurs concernés, se posent cette même question : « Est-ce que c’est désormais bien partie pour la voiture électrique ? ». Il est bien trop tôt pour affirmer que l’histoire retiendra 2015 comme étant l’année de la bascule dans le domaine. Pour autant, de nombreux indicateurs témoignent que le marché a changé, perdant un peu de la fébrilité qui constituait un frein, pour gagner en sérénité.

Elles sont dans les rues…

L’indice majeur qui tend à démontrer que les voitures électriques ne sont plus réservées à quelques initiés, est qu’elles se voient de plus en plus dans les rues. En déambulant pendant une heure à peine au sein d’une ville moyenne, on en croise désormais plusieurs… à condition de les identifier ! Qu’est-ce qui ressemble plus à une Volkswagen e-Golf, qu’une Golf thermique, à une Renault Zoé, qu’une Clio ? Quant à imaginer reconnaître, absolument et sans une attention aiguisée, un VE dans la circulation par son silence, c’est peine perdue : le bruit des pneus couvre souvent celui du moteur. Mais l’observateur qui s’intéresse vraiment à la mobilité électrique finit par remarquer qu’elles sont bien là, autour de nous, les voitures branchées ! Leurs ventes suivent depuis quelques mois une croissance permanente, que les aides de l’Etat à l’achat n’expliquent pas à elles seules !

…et se font discrètes !

Il y a quelques années, lorsque les constructeurs concernés voulaient signifier qu’ils savaient produire des VE, ils couvraient la carrosserie de stickers repérables de loin. Il s’agissait avant tout d’un artifice de communication pour « verdir » un peu leur image auprès du public. Aujourd’hui, c’est tout différent. En particulier parce que les conducteurs des voitures électriques ne sont plus exclusivement des postiers, des agents EDF, des employés de collectivités, etc. Ce sont aussi des mères de famille, des cadres et salariés d’entreprise au volant de leur engin personnel, des artisans qui montrent qu’ils s’engagent pour le développement durable, des infirmiers en libéral, des usagers des services d’autopartage, etc. En bref, les véhicules survoltés ne sont plus des supports de démonstration, mais bien des modèles comme les autres. Les nouveaux utilisateurs ont fait un choix de chaîne de traction parmi celles disponibles, souvent sans chercher à communiquer sur le sujet, ni même à être reconnus comme pionnier ou se souciant plus que d’autres de l’avenir de la planète.

La presse est globalement plus juste avec le VE

Il y a encore quelques années, la presse, au mieux, ignorait les voitures électriques, au pire, en cassait quasi systématiquement l’image. Désormais, l’électromobilité est traitée comme n’importe quel sujet classique, avec des angles très différents. Même les articles à charge sont mieux construits, après une recherche plus approfondie. Certes, il existe encore des dossiers très injustes et orientés, mais réalisés par des équipes qui ne produisent de toute façon que sur ce mode, et qui rendraient tout autant indésirables le bio, la restauration des meubles anciens ou les nouveaux programmes scolaires !

L’arme des Etats pour l’environnement et la santé publique

L’Europe veut désormais des résultats en matière de réduction de la pollution et des gaz à effet de serre. Les pays membres se doivent d’agir sur plusieurs fronts. Voilà comment et pourquoi la voiture électrique s’impose dans les différents programmes imaginés pour préserver l’environnement et réduire les facteurs qui pèsent lourdement sur la santé. Localement, au moins, elle ne rejette ni particules, ni polluants, ni CO2. En Chine, et aux Etats-Unis, et ailleurs encore, les politiques publiques qui se mettent en place vont dans le même sens. Le développement mondial du VE n’est pas l’œuvre de quelques Etats isolés, mais bien dicté par de réels besoins mis au jour après des années de réflexion qui n’ont d’abord débouché que sur de frileuses prises de décision. Aujourd’hui, les actions en cours sont d’envergure. Aide à l’achat, maillage du territoire en bornes de recharge, obligation de prévoir un accès à la prise dans les programmes immobiliers, nouveaux panneaux de signalisation, etc. : telles sont quelques-unes des initiatives prises au plus haut niveau pour accompagner le déploiement des engins branchés.

Les batteries des VE pour réguler les besoins électriques

La demande en électricité est très importante à travers le monde. Qu’elle s’intensifie ou non, la recherche de sa production avec les moyens les plus vertueux possibles tend à rendre incontournable l’exploitation des batteries embarquées dans les voitures branchées. Cette année, particulièrement, les Assises IRVE ont mis en relief certaines des recherches en faveur des architectures de type Smart Grid : Vehicle to Home (V2H), Vehicle to Grid (V2G). Les VE s’inséreraient naturellement par ces moyens dans une chaîne qui permettrait à la fois de limiter les productions d’électricité à perte, mais aussi de sécuriser les réseaux exploitant exclusivement ou massivement les énergies vertes en gommant les effets de l’absence de vent ou d’ensoleillement.

L’engagement des constructeurs

Nissan, Tesla, et Renault sont les constructeurs dont les politiques en faveur de la mobilité électrique sont les plus lisibles : publicités convaincantes, participations très actives au déploiement des infrastructures de recharge, implication dans nombre de manifestations dédiées, actions auprès des professionnels de la presse et bloggeurs, communication intense sur le Web avec des pages dédiées, etc. Volkswagen et BMW suivent, d’autant plus près qu’on acceptera de faire se côtoyer VE et hybrides rechargeables. Auquel cas on pourrait ajouter à notre liste Mitsubishi, Volvo, et, au rattrapage, Mercedes. En revanche, ça reste très flou du côté de Citroën, Peugeot… et surtout Toyota qui communique actuellement sur ses hybrides dont le point fort serait qu’on n’a pas besoin de les brancher ! Un message plutôt contre-productif, qui dessert quelque peu la Prius Plug-In Hybrid.

Un bilan attendu en fin d’année

La fin du premier semestre arrive, sans doute avec encore quelques indicateurs pour prouver que la voiture électrique avance. Mais ce sera à la fin de l’année qu’on y verra plus clair. En particulier parce que la plupart des constructeurs impliqués dans l’électromobilité accusent actuellement et depuis quelques mois des délais de livraison importants. Les chiffres des immatriculations que nous relayons sont donc en retrait par rapport aux contrats de vente et de location réellement signés par les automobilistes. Les vacances d’été pourraient aussi soutenir le marché, pour peu que le maillage en bornes permette de rendre les VE plus visibles sur les routes !

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