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Quel marché espérer en 2015 pour le véhicule électrique ? Rédigé par Philippe Schwoerer le 09 Jan 2015 à 00:00 0 commentaires

+7,8%

Avec une progression de 7,8% en 2014 par rapport à l’année précédente, le marché des utilitaires et voitures particulières électriques s’est développé en deçà des espérances des professionnels concernés et des électromobiliens les plus attentifs au sujet. Avec de nouveaux modèles très intéressants, comme les BMW i3, Volkswagen e-up! et e-Golf, mais aussi les annonces de diverses collectivités pour déployer un maillage plus fin en bornes de recharge, et des médias qui ne voient plus obligatoirement le VE comme un Ovni, on pouvait s’attendre à mieux.

Des signaux contradictoires

Encore limité à des chiffres relativement modestes, le marché des véhicules électriques réagit nerveusement, dans un sens ou l’autre, à nombre de stimuli : commandes publiques, reportages télévisés, évolution du bonus, mesures de gratuité du stationnement urbain, conjoncture économique, prix du baril de pétrole, etc. A ce sujet, 2014 a été plutôt une année en demi-teinte. Il y a d’abord eu la réduction du bonus de 7.000 à 6.300 euros et un certain flou, pourtant rapidement dissipé, sur la question de son attribution si l’automobiliste opte pour une formule de location. Les craintes sur l’autonomie glissent progressivement vers des attentes de plus en plus fortes concernant les infrastructures de recharge. Qu’a découvert le public néophyte l’année dernière à ce sujet ? Que nombre de programmes ont pris du retard, que bien des bornes privilégient quelques modèles de voitures électriques et en excluent d’autres, que leur déploiement à l’échelle nationale attend un opérateur, et que faire le plein des batteries aura un coût qu’on ne connaît pas encore.

Une actualité déroutante

L’année 2014, c’est aussi celle de la liquidation de Mia Electric dont Ségolène Royal, ministre de l’écologie, avait fait tout un symbole, des incertitudes maintenant obsolètes sur le réseau KiWhi qui vise l’interopérabilité des bornes, du chahut autour de l’écotaxe au point d’inquiéter quant au financement des mesures en faveur de la mobilité durable, de la rémanence du relatif emballement médiatique autour de quelques VE qui ont pris feu dans des conditions vraiment très particulières.

Plus de 15.000 VE

En bref, avec 20% de ventes de voitures particulières électriques en plus par rapport à 2013, le marché s’est plutôt bien comporté en 2014. Ce sont ainsi 10.968 exemplaires qui ont été nouvellement immatriculés l’année dernière, si on tient compte des BMW i3 avec prolongateur d’autonomie trop souvent exclues des chiffres. La barre symbolique des 10.000 a été franchie. Et même celle des 15.000, si on ajoute les 4.479 utilitaires vendus sur la période. Soit un total de 15.447 VE. Des résultats qui pourraient être encore meilleurs si la plupart des constructeurs concernés n’affichaient pas un délai d’attente de plusieurs mois pour livrer leur production à zéro émission locale. Il faut, par exemple, attendre le printemps pour recevoir une Kia Soul EV, Volkswagen e-Golf, ou une Nissan Leaf commandée aujourd’hui.

Prendre décembre comme référence ?

On pourrait s’appuyer sur les chiffres assez exceptionnels de décembre dernier pour envisager un marché qui explose enfin, multipliant par 2 les ventes d’une année à l’autre. Ce serait oublier un peu vite que les choses ne sont pas aussi simples. Entre les retards à la livraison, les promotions et rabais de dernière minute pour privilégier les bilans d’exploitation des concessionnaires et constructeurs, la crainte de l’évolution du bonus, etc. : décembre n’est vraiment pas un mois de référence.

Des signes encourageants

S’il faut envisager l’évolution du marché, c’est à travers ce qui se dessine déjà pour 2015. Superbonus dès cet été pour ceux qui résident dans une zone couverte par un plan de protection de l’atmosphère et qui peuvent se débarrasser d’un vieux diesel, communications des collectivités pour le déploiement d’infrastructures de recharge sur leurs territoires, candidature de Bolloré pour gérer le maillage national, annonce d’EDF pour l’implantation de bornes sur les autoroutes, installations effectives et encore en cours des superchargeurs Tesla, dispositions officielles qui imposent de prévoir l’accès aux prises dans les programmes immobiliers, intégration des systèmes de charge dans le crédit d’impôt des particuliers, important contrat conclu entre Renault et la Poste pour la livraison de 5.000 Kangoo Z.E., développement des services d’autopartage autour de la Bluecar et d’autres modèles branchés, prises de positions contre le gazole, électromobiliens de plus en plus visibles dans les rues, intensification des campagnes du marketing des constructeurs concernés, manifestations et rallyes dédiés, projets qui placent la voiture électrique au centre des réseaux de distribution de l’électricité, véhicules autonomes qui peuvent se ressourcer seuls en énergie, etc.

+++ 50% ?

L’année 2015 offre déjà à la mobilité électrique nombre d’atouts pour abattre de nouveaux records. A condition de ne pas la ternir par de faux débats biaisés et stériles. Quelle évolution espérer par rapport à 2014 ? Largement plus des 20% enregistrés cette année-là pour les VPE par rapport à 2013. Pronostic personnel : bien au-delà des 50% de progression VP+VU. Trop optimiste ? Je reste fidèle à une image que m’avait communiquée Charlotte de Silguy, peu de temps après avoir transmis son poste de secrétaire générale de l’Avere France. Il s’agit de percevoir le marché des véhicules électriques se développant comme un feu qui couve et rencontrera prochainement l’oxygène indispensable pour l’embraser !

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