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Bornes de recharge – Les frémissements d’un maillage public Rédigé par le 29 Mai 2013 à 00:00 0 commentaires

Du Livre-Vert à la « Mission Hirtzman » en passant par les financements publics et les projets de déploiements, le Congrès de l’AMF sur le véhicule électrique, qui s’est tenu hier à Paris, a placé le déploiement des infrastructures de charge au cœur des débats. Un déploiement qui peut apparaître long à décoller mais dont on ressent, d’ores et déjà, les premiers frémissements. L’AVEM était invitée et vous livre ci-dessous un compte rendu des échanges.

Financements – Un AMI ouvert à toutes les collectivités

Avec un budget de 50 millions d’euros issu du Grand Emprunt, l’Etat souhaite dynamiser le déploiement des bornes sur le secteur public et a publié, début 2013, un nouveau dispositif d’aide rendant éligible l’ensemble des collectivités du territoire.

Qui dit « Grand Emprunt » dit aussi « Grand Projet » et seuls sont éligibles les projets déposés par les groupements de plus de 200.000 habitants et avec un budget supérieur à 400.000 €.

Sophie Garrigou et Philippe Hirtzman, ici en discussion Jacques Pelissard, Président de l’AMF, sont aux commandes du nouvel AMI « déploiement » lancé par l’ADEME en début d’année.

Les taux de subventions : comptez 50 % de financement pour les bornes lentes et accélérées (3-22 kVA) et jusqu’à 30 % pour la recharge rapide. Un financement qui comprend l’acquisition et l’installation de la borne mais pas les services associés qui restent à la charge de la collectivité.

« Il s’agit de rompre le cercle vicieux ‘pas de bornes, pas de voitures’ pour instaurer une dynamique de démarrage. Progressivement, le marché prendra le relais… » Précise Philippe Hirtzman, chargé de mission déploiement des infrastructures de charge pour VE et VHR, mandaté en octobre 2012 par une action conjointe des ministères MRP et MEDDE. Il est ce chef de file de la « Task-Force » gouvernementale souhaitée par Louis Nègre, Sénateur Maire des Alpes-Maritimes, lors de la publication de son Livre-Vert en 2011.

« Unissez-vous ne restez pas seuls » appel du Ministre du Redressement Productif aux maires

Les communes rurales ont accès aux financements, rappelle l’ADEME. Néanmoins, les petites communes devront se rattacher à des projets de plus grande ampleur (métropolitain, départemental ou régional).

« Il ne nous est pas possible, en tant qu’opérateur de l’Etat, de gérer les demandes de milliers de communes » justifie Sophie Garrigou, Responsable du Programme Véhicule du Futur au sein de la Direction des Investissements d’Avenir de l’ADEME, qui voit un véritable potentiel de déploiement du véhicule électrique dans les zones rurales. « Les maisons individuelles sont plus fréquentes en zones rurales et il est donc plus aisé pour l’utilisateur de s’équiper d’un VE et d’installer un dispositif de charge à domicile » ajoute t-elle.

« La cible économique et sociétale du VE est l’habitant de banlieue qui ne dispose pas du maillage en transports publics des habitants de l’hyper-centre » a également souligné Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement Productif, lors du discours de clôture.

Pour l’ADEME qui gère les dossiers de l’AMI, 2013 verra les premiers dossiers déposés au second semestre. Le ministre de redressement productif – qui a prononcé le discours de clôture -a précisé que le gouvernement « a fait le choix de la pertinence plutôt que celui de la vitesse » et que la progression en un an était tout de même spectaculaire, chiffres à l’appui.

« Nous comptions 1.800 points de charge déployés en 2012, aujourd’hui, nous en sommes à 6.000 et nous en prévoyons de 8.000 à 10 000 d’ici fin 2013 ». « Notre choix est de faire confiance aux collectivités locales » a précisé le Ministre Arnaud Montebourg dans son discours de clôture.

Des actions concrètes et des déploiements en cours

Hormis les témoignages de territoires déjà équipés comme Angoulême, Rouen ou encore La Rochelle, les débats se sont orientés vers les grands projets de déploiements avec les témoignages du Syndicat d’Energie de la Vendée et de la Région Nord Pas de Calais. Un échelon qui s’inscrit dans la logique du maillage et dont les acteurs avaient donnés la primeur de leurs démarches lors des 2èmes Assises Nationales des Infrastructures de charge organisées par l’AVEM.

Vendée – Un schéma de déploiement révélé fin juin

« Sur 282 communes, 193 ont répondu à notre appel ce qui correspond à environ 350 bornes de recharge identifiées » précise Pascal Houssard, directeur Adjoint du SYDEV qui révélera le schéma de déploiement des bornes en Vendée le 21 juin prochain à La Roche Sur Yon. Les premiers travaux auront lieu en fin d’année et le SYDEV compte sur l’implication des acteurs privés – supermarchés, hôtellerie etc… – pour venir compléter ce maillage public.

Nord Pas de Calais – Un cahier des charges en cours d’élaboration

Initié fin 2012, le projet de maillage de la Région Nord Pas de Calais est en cours de construction et les travaux se concentrent sur la mise en place d’un cahier des charges commun et à la définition d’un plan d’implantation.

D’ici 2015, la région espère avoir installé 2.500 points de charge sur son territoire afin d’alimenter quelques 10.000 véhicules électriques.

Impact sur le réseau – « Un défi qui n’est pas si simple »

Isabelle Rivière, Présidente de l’AVEM, en discussion avec Patrick Corral, Directeur du Développement d’ERDF, lors du congrès organisé par l’AMF le 28 mai à Paris.

Pour Patrick Corral, Directeur du Développement d’ERDF, le déploiement des bornes de recharge à grande échelle est « un enjeu à relever mais aussi un défi qui n’est pas si simple », rappelant que la problématique du réseau n’est pas liée à la consommation mais à l’appel de puissance demandé.

Une recharge classique en 3kVA est maîtrisable sur le réseau et correspond à la consommation d’un ballon d’eau chaude. En revanche, la puissance demandée en charge rapide, en 22 ou 44 kVA, représente l’appel de puissance de plusieurs logements voire d’un immeuble entier et peut entraîner « des risques de déséquilibre ».

Plusieurs milliards d’euros de coûts de renforcement

« Cela impliquera des investissements et des travaux de renforcement du réseau qui pourraient coûter plusieurs milliards d’euros non budgétisés » précise Patrick Corral qui appelle les collectivités à tenir compte des contraintes du réseau pour la définition de l’emplacement des bornes. Un facteur qui peut faire varier les coûts d’installation et de raccordement de « plusieurs milliers d’euros » par borne mise en place.

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