Mot de passe oublié | Adhérer
Votre mail Votre mot de passe  
 

Posté le 25/04/2020 à 06:00 par EMMANUEL MAUMON - Lu 1573 fois - 9 commentaires


La France maintient le cap vers une société neutre en carbone


Alors que, compte tenu de la crise du Covid-19 et de la récession économique qui s’ensuivra, certains acteurs comme le MEDEF réclamaient un moratoire sur la préparation de nouvelles dispositions énergétiques et environnementales, le gouvernement vient au contraire de publier les décrets relatifs à la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Pour la Ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne : « La publication de ces deux textes structurants incarne la volonté du gouvernement de poursuivre la transition énergétique. Les transformations engagées depuis le début du quinquennat pour réduire globalement nos émissions de gaz à effet de serre dans les transports comme dans l’industrie, l’énergie ou les déchets sont aujourd’hui pleinement confirmées ».
La stratégie française pour l’énergie et le climat comporte deux composantes : la SNBC qui est la feuille de route pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 et la PPE qui est la trajectoire énergétique de la France pour les 10 prochaines années. Cette stratégie concerne de nombreux secteurs comme la construction, l’industrie, l’énergie et les transports, domaine sur lequel nous nous attarderons plus particulièrement. Les deux textes publiés jeudi ont par ailleurs vocation à être complétés pour intégrer des éléments encore en cours d’élaboration par la Commission européenne ou la Conventions Citoyenne pour le Climat qui n’a pas encore rendu ses conclusions du fait des mesures de confinement.



L’objectif d’une neutralité carbone en 2050

Instaurée par la loi de 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, la Stratégie nationale bas-carbone est la feuille de route de la France pour conduire la politique d’atténuation du changement climatique. Sur la base d’une trajectoire prospective à 2050, elle définit des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à court et moyen terme. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il sera notamment nécessaire de décarboner totalement la production d’énergie et de réduire fortement les consommations d’énergie dans tous les secteurs.
Concernant celui des transports qui est aujourd’hui le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre, la stratégie vise une réduction de 28% des émissions en 2030 et une décarbonation complète en 2050. Pour y parvenir, le scénario de référence de la SNBC envisage de donner au secteur des signaux prix incitant au développement d’une mobilité bas-carbone, mais aussi de fixer des objectifs ambitieux en termes de performance énergétique des véhicules (4L/100 km en 2030 pour les véhicules thermiques et 12,5 kWh/100 km, contre 17,4 kWh/100 km aujourd’hui, pour les véhicules électriques à l’horizon 2050). En complément de ces gains énergétiques, la SNBC fixe aussi des objectifs de décarbonation de l’énergie consommée par les véhicules, tels que : en 2040, 100% des véhicules légers vendus devront être zéro émission.



Une trajectoire énergétique pour les 10 prochaines années

La Programmation Pluriannuelle de l’Energie décrit les mesures qui permettront à France d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Avec deux plans de 5 ans (2019-2023, 2024-2028), les 10 prochaines années doivent permettre de prendre le virage qui rendra faisable cette ambition nécessaire. Ainsi à l’issue du premier plan en 2023, l’objectif dans le domaine des transports est d’avoir 1.2 million de voitures particulières électriques et hybrides rechargeables en circulation, ainsi que plus de 100 000 points de recharge publics. Par ailleurs, 1 million de français devront avoir bénéficié d’une aide pour changer de véhicule.
Au cours de ces deux premiers plans, diverses mesures sont envisagées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les transports. Figurent parmi elles le respect de l’objectif européen d’émission de 95 gCO2/km en moyenne pour les voitures neuves en 2021, mais aussi le maintien de la prime de la conversion ou le renforcement du système bonus/malus pour soutenir la vente de véhicules électriques. D’autres viseront à équilibrer le coût total de possession du véhicule électrique, tandis que des mesures réglementaires (développement des zones à faibles émissions, voies ou places de stationnement dédiées) favoriseront l’adoption d’une mobilité propre. Enfin, la mobilisation de divers outils de financement devra permettre le déploiement d’un réseau d’IRVE à même de soutenir la croissance visée du nombre de véhicules électriques.



Mots clés : Mobilité électrique | Véhicules électriques | Transition énergétique | Stratégie nationale bas-carbone | Programmation pluriannuelle de l’énergie | PPE
Catégories : Aides financières |

Commentaires

Posté le 25-04-2020 à 07:30:11 par Positron

C’est sûr qu’en faisant un chèque de 7 milliards à Air France, on va sortir du pétrole...

Posté le 25-04-2020 à 09:32:52 par Christophe

La Stratégie Nationale Bas Carbone est disponible ici : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/strategie-nationale-bas-carbone-snbc
Le "mais aussi de fixer des objectifs ambitieux en termes de performance énergétique des véhicules (4L/100 km en 2030 pour les véhicules thermiques" semble provenir de ce document : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/19092_strategie-SNBC-2%20en%204%20pages_%20web.pdf
où je retrouve "avec un objectif de 4l/100 km réels en 2030 pour les véhicules particuliers thermiques".
4 l/100 km réel en essence cela donne 91 g/km et en diesel 100 g/km. Selon Sprimonitor, une Prius IV consomme plus. La seule solution est d’alléger les véhicules et d’améliorer l’aérodynamique. L’hybridation totale n’a aucun intérêt en dehors des villes, où les externalités sont telles qu’il faut y bannir la voiture, puisqu’alourdissant la voiture le petit gain obtenu est reperdu. C’est là où il y a une grosse incohérence avec "l’objectif européen d’émission de 95 gCO2/km en moyenne" qui impose un objectif plus contraignant aux véhicules les plus légers, imposant une hybridation, les alourdissant, véritable cercle vicieux. C’est pour cela que PSA est dans l’expectative pour la poursuite de la vente de ses mini-citadines. C’est bien pour cela que je dis que cette règle est débile.
Il est urgent de la revoir en appliquant à minima la même règle à tous les constructeurs quelquesoit leur masse moyenne donc un objectif pour tous à 95 g/km et en éliminant les boni VE et PHEV.
Il est ensuite nécessaire d’intégrer l’ACV dans l’évaluation de l’empreinte carbone des véhicules pour éliminer les VE à grosse batterie qui polluent beaucoup par leur masse roulante très importante.

Posté le 25-04-2020 à 10:06:27 par Christophe

Revenons à la trajectoire proposée par la Stratégie Nationale Bas Carbone pour atteindre la neutralité carbone (458 MtCO2eq en 2015 avec la répartition des émissions de 2017) :
– transport : 30 % (qui intègre le transport de personnes) soit 137 Mt en valeur absolue – à atteindre 4 ("décarbonation complète (à l’exception du transport aérien domestique)") soit une division par 40 environ,
– agriculture : 19 % soit 87 Mt en valeur absolue – à atteindre 47 soit une division par 2 environ,
– bâtiment : 19 % soit 87 Mt en valeur absolue – à atteindre 0 ("décarbonation complète"),
– industrie (hors énergie) : 17 % soit 78 Mt en valeur absolue – à atteindre 15 soit une division par 5 environ,
– énergie : 12 % soit 55 Mt en valeur absolue – à atteindre 0 ("décarbonation complète"),
– déchets : 3 % soit 14 Mt en valeur absolue – à atteindre 5 soit une division par 3 environ,
– importations 421 Mt en valeur absolue – à atteindre 0.

Il est prévu aussi de "maximiser les puits de carbone ((séquestration dans les sols, la forêt et les produits bois)" via notamment "Diminuer l’artificialisation des sols" et "Développer le boisement".

Pour le transport, le bâtiment et l’énergie, la décarbonation complète impose de faire appel uniquement à des énergies renouvelables.
Cependant pour en arriver là, il faut les développer, ce qui a une incidence sur les importations et l’industrie dont il faut pourtant réduire les émissions à 0 pour la première et par 5 pour la seconde.

De même il n’est pas envisageable d’alimenter les bâtiments en énergie renouvelable sans auparavant réduire leur consommation donc en les rénovant thermiquement de manière performante, ce qui a une incidence sur les importations et l’industrie dont il faut pourtant réduire les émissions à 0 pour la première et par 5 pour la seconde, ainsi que sur les déchets dont il faut pourtant réduire les émissions par 3.
Il est à noter que nombre de bâtiments sont soumis au bruit des infrastructures routières et qu’à ce titre il faut prévoir des matériaux acoustiques plus émetteurs à la fabrication et que leur rafraîchissement nécessitera une climatisation avec émissions à la fabrication et consommation. Beau cercle vicieux là-aussi.
Il ne faut pas négliger non plus le confort d’été dans les bâtiments basses consommations. Il faut éviter le cercle vicieux de la climatisation. Donc à ce titre il est préférable de végétaliser les villes en privilégiant la végétation de hautes tiges, ce qui représente des puits de carbone, ce qui permet de gérer les problèmes des îlots de chaleur réduisant d’autant le besoin de rafraîchissement.

Il faut donc bien intégrer que cela nécessitera des changements importants, indiqués par exemple par :
- "Favoriser le report vers les modes de transport de personnes et de marchandises les moins émetteurs (transports en commun, train) et soutenir les modes actifs (vélo…)",
- "Diminuer l’artificialisation des sols",
- "Maîtriser la demande en énergie via l’efficacité énergétique et la sobriété".

Changer sa voiture thermique par une voiture électrique ne sera pas suffisant. C’est là qu’il y a une grosse incohérence de la part de nos politiques, ils écrivent la loi, la vote, en ayant normalement compris les tenants et les aboutissants mais ensuite ils ne sont pas courageux pour tenir les discours nécessaires.
Mais si ils procèdent comme cela, c’est qu’ils savent que leurs électeurs ne veulent pas entendre les discours qui fâchent, qu’ils préfèrent croire que des petits gestes seront suffisants.

Pour ma part, je suis persuadé que l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone au plus tard en 2050, a le plus de chance d’aboutir en mettant le paquet sur le poste le plus émetteur celui des transports et lui faisant atteindre son objectif de décarbonation complète le plus rapidement possible et ce sans augmenter les émissions du poste industrie. Dans le même temps, il faut s’attaquer au poste bâtiments en veillant à ne pas augmenter les émissions du poste industrie. Là on aura forcément fait baisser le poste énergie que l’on pourra faire évoluer vers la décarbonation complète. Idem avec l’agriculture vers son objectif final.

Posté le 25-04-2020 à 11:35:35 par Christophe

@Positron
Le document cité ci-avant indique : "TRANSPORTS OBJECTIFS de RÉDUCTION des ÉMISSIONS de GES PAR RAPPORT À 2015, 2030 : - 28 %, 2050 : décarbonation complète (à l’exception du transport aérien domestique)."
Ne pas oublier que la France ce n’est pas que la métropole, ce sont aussi des territoires (au sens large) d’outre-mer pour lequel le transport aérien est plus que nécessaire.
Si les 7 milliards servent à maintenir une compagnie nationale pour les desservir mais que dans le même temps on y fait les réformes nécessaires pour arrêter les autres liaisons, il est où le problème ?
Le pont aérien avec la métropole fait partie de la continuité territoriale, réalisée en bateaux avec les îles plus proches (côte Atlantique, Chausey et Corse par exemple), malgré tout les évacuations sanitaires sont réalisées en hélicoptère ou avion.
On peut citer aussi le transfert entre hôpitaux pendant la pandémie actuelle (dont certains ont été réalisés en TGV pour les longues distances).

Posté le 25-04-2020 à 11:24:20 par electronlibre

S’attaquer au problème environnemental par la décarbonation est une très grosse erreur, le carbone n’est et n’a jamais été le problème.
Encourager le chauffage au bois c’est augmenter la pollution aux particules, les VE idem...
La fabrication et installation des éoliennes et des panneaux PV restant très polluant, ne sont pas la solution pour le futur.
D’ici 2050, j’espère que la France, ainsi que le reste du monde, aura compris que la neutralité carbone n’est qu’un gouffre à pognon bien inutile et qu’il faut mettre les moyens pour diminuer la pollution aux particules et aux molécules toxiques.

Posté le 27-04-2020 à 14:58:02 par Christophe

@electronlibre
Pour "diminuer la pollution aux particules et aux molécules toxiques", la stratégie n’est pas totalement différente :
- transport : supprimer les voitures,
- bâtiment : les rénover thermiquement de manière performante,
- industrie et énergie : supprimer les procédés à combustion.
Le confinement en cette période nous a montré que la quasi disparition de la circulation automobile et la réduction de l’activité industrielle faisaient diminuer la pollution de l’air.
Sur l’Ile de France, par exemple, cela a permis d’éviter un pic de pollution aux particules. Par contre le contributeur bâtiment était encore fort émetteur, une rénovation thermique performante amènerait forcément à une réduction des émissions de polluants (dont particules) puisque moindre recours à de la production de chaleur. Là aussi la réduction de la circulation automobile a des incidences positives sur la rénovation des bâtiments (voir message précédent).

Posté le 28-04-2020 à 12:13:39 par electronlibre

@Christophe
"Par contre le contributeur bâtiment était encore fort émetteur, une rénovation thermique performante amènerait forcément à une réduction des émissions de polluants (dont particules) puisque moindre recours à de la production de chaleur."
C’est une réalité qu’il faut prendre en compte dans la pollution environnementale. L’isolation extérieure des bâtiments peu se réaliser par végétalisation, comme vous le proposez pour les surfaces au sol potentiellement devenus inutile après réduction forte des VP.
Le taux de CO2 actuel permettrait une croissance rapide des végétaux dans les centres urbains. Mais l’entretien demandera plus de resources humaines et en énergie...

Posté le 29-04-2020 à 09:55:29 par Christophe

Une voiture intéresse 3 à 4 postes :
- le poste transport,
- le poste énergie,
- le poste industrie,
- éventuellement le poste importations.
Une voiture électrique en remplacement d’une voiture à essence permet :
- la décarbonation du poste transport,
- la réduction par 2 à 3 du poste énergie (en France) dont l’objectif est la décarbonation totale.
Mais qu’en est-il pour le poste industrie (avec un objectif de division par 5) et éventuellement le poste importation (avec une objectif de 0) ? Prenons un exemple où il existe les deux versions, la DS3 CB assemblé à Poissy :
- essence 110 ch - 1170 kg = 6 450 kg CO2e à la fabrication,
- électrique (60 kW en P2 du CI) = 1 525 kg dont 330 de batterie soit 6 570 kg CO2e pour la voiture sans batterie et 10 000 kg CO2e pour la batterie (production des cellules en Chine - 5 000 si production française) soit au total 2,5 fois plus que la version essence (1,8 fois plus avec une fabrication française de la batterie).

Comme la voiture électrique augmente le poste industrie ( et importations), pour atteindre l’objectif visé, il va falloir réduire le nombre de véhicules produits (en France tout en privilégiant une production locale). Les émissions de l’industrie devant être divisées par 5 et la voiture électrique émettant 1,8 fois plus, il faut donc une division par au moins 9 de la production de voitures.

Posté le 05-05-2020 à 14:35:00 par Christophe

Maintenant faisons le calcul avec la Citroën AMI2, 490 kg avec une batterie de 5,5 kWh pesant environ 35 kg.
On obtient 2 500 kg CO2e pour la voiture sans batterie et 1 100 kg CO2e pour la batterie (production des cellules en Chine – 550 si production française) soit au total 1,53 fois moins qu’une citadine de 1 t (1,8 fois moins avec une fabrication française de la batterie).
Cette proposition permet :
– la décarbonation du poste transport,
– la réduction par 4 à 6 du poste énergie (en France) dont l’objectif est la décarbonation totale,
– la réduction par presque 2 des émissions de l’industrie.
Cette proposition permet donc l’atteinte de la neutralité carbone avec une division par 2,5 de la production de voitures.



Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo

Mail

Votre commentaire

Je souhaite recevoir une notification par mail si d'autres internautes commentent cette actu
Copiez ce code avant de valider le formulaire (anti-spam)



Newsletter de l'AVEM Notre lettre d'information hebdomadaire

Alertes quotidiennes par mail

S'abonner au flux RSS actualités
Rejoindre le réseau AVEM Devenez adhérent de l'association
Constructeurs, importateurs, distributeurs, collectivités, écoles, entreprises ou particuliers, rejoignez dès à présent le réseau d'adhérents de l'association et bénéficiez des nombreux avantages accordés à nos membres...

Découvrir les avantages adhérent AVEM

Formulaire de demande d'adhésion

A lire également / sur le même thème Une version 100% électrique pour la nouvelle Citroën C4
Citroën vient de présenter sa nouvelle C4 qui, outre les modèles essence ou diesel, aura également une déclinaison 100% électrique. Avec la ë-C4, la marque aux chevrons...
La Citroën Ami - 100 % ëlectric fait son entrée chez Darty
Pour répondre aux nouvelles attentes de la mobilité urbaine, Citroën a lancé l’Ami – 100% ëlectric, un quadricycle léger de 2,41 m de long, ce qui facilite son...
Avec Enel, un mois de recharge illimitée dans toute l’Europe pour 30 euros
Si vous envisagez de partir en itinérance en Europe avec votre véhicule électrique durant le mois de juillet, l’offre promotionnelle d’Enel est susceptible de vous...
Opel dévoile son SUV 100% électrique
Opel vient de dévoiler la seconde génération du Mokka qui sera le premier véhicule de l’histoire de la marque à être disponible en version 100% électrique dès son entrée...
Peugeot ouvre une boutique éphémère pour promouvoir la mobilité électrique
Chopard Groupe Automobile, qui depuis un an et demi commercialise les marques du Groupe PSA sur la Côte d’Azur, vient d’ouvrir une boutique éphémère au sein du centre...
Retrouvez nous sur Facebook

 
 

Actualités

Vidéos

Catalogue véhicules électriques et hybrides

Revendeurs véhicules électriques

Petites annonces véhicule électriques

Thématiques

L'association AVEM

Agenda du transport électrique

Liens

Contact