← Revenir aux actualités

Diesel : Les automobilistes auront été prévenus ! Rédigé par Philippe Schwoerer le 27 Déc 2016 à 00:00 0 commentaires

Un nouveau cran vient d’être atteint dans la volonté d’aller vers une politique de décroissance progressive des véhicules diesel dans le parc national français. Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, n’a pas exclu la formulation d’une interdiction de vente des voitures alimentées au gazole. Mais elle ne compte pas non plus étrangler les constructeurs, espérant qu’ils jouent le jeu d’un assainissement progressif de la flotte des automobilistes dans l’Hexagone. Et ça devrait commencer dans les concessions ! Autant dire que personne ne pourra se plaindre dans quelques années de difficultés à revendre une voiture diesel achetée neuve aujourd’hui ! On aura été prévenu !

Au diapason avec Anne Hidalgo

Selon la volonté de Anne Hidalgo, maire de Paris, la Capitale devrait être débarrassée des voitures diesel à horizon 2025. En charge d’un territoire beaucoup plus vaste, Ségolène Royal compte bien étendre la volonté de l’édile à la France entière. On savait déjà que la fiscalité sur les carburants allait évoluer, dans le sens d’une baisse de l’avantage au gazole. Dès le début de l’année 2017 prochaine, au-delà de la flambée du prix au litre en raison de la hausse de celui du baril de pétrole, le carburant des routiers devrait voir sa part fiscale augmentée de 4 centimes, alors que celle de l’essence serait allégée. Un premier pas qui ne fera toutefois pas pencher la balance vers un avantage à la technologie essence. Ce serait oublier un peu vite qu’un véhicule diesel consomme moins que son équivalent au SP95. Mais aussi qu’il se montre plus souple à l’usage, plus agréable à conduire depuis pas mal années déjà, et parfois même plus mélodieux à entendre, en particulier dans les petites cylindrées ! Tout un travail à refaire à l’envers pour les constructeurs qui vont devoir convaincre les automobilistes qu’une voiture à essence est plus plaisante à exploiter. Egalement qu’elle est plus vertueuse pour l’environnement, notamment en matière de rejets de microparticules à l’échappement. Ce qui n’est pas précisément le cas sur les motorisations à injection directe. A noter que l’emploi d’éthanol, et en particulier de bioéthanol, après pose d’un kit ou modification des paramètres du calculateur d’alimentation, serait une solution intéressante.

Le jeu de la politique

Certes, qui peut prédire ce que deviendront effectivement les vœux pieux de la ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer. Dans quelques mois, elle ne sera sans doute plus dans le gouvernement. On pourrait se rassurer en se disant que, sous la pression des institutions européennes et d’une partie grandissante de l’opinion publique, aucun candidat à la présidentielle ne se risquerait à contredire les propos de Ségolène Royal. Ca, c’était bon avant l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ! Désormais, il faut toujours viser plus loin, mais en prenant garde aux obstacles qui peuvent surgir à tout moment sur la route de la mobilité durable. S’ils n’ont en théorie qu’une durée de vie limitée, ils peuvent en revanche faire de très gros dégâts et emporter les nations les unes après les autres, à la manière de ces alignements de dominos qui tombent chacun en faisant basculer son voisin.

Anticiper

Quoi qu’il en soit, la logique voudrait tout de même que les toutes récentes annonces de Ségolène Royal soient appliquées après son départ. Et s’il s’agit aujourd’hui de faire dans la pédagogie, dans quelques années, il deviendra sans doute particulièrement difficile de revendre une voiture diesel à un prix correct pour son âge et son kilométrage. De plus en plus de villes et agglomérations leur auront progressivement fermé les portes sur des territoires de plus en plus étendus. Qui voudra encore d’une voiture qui ne permettra pas de circuler sans entraves dans Rennes, Bordeaux, Paris, Toulouse, Lille, Nancy, Marseille, Nice ou Strasbourg ? Ne pas anticiper risque de coûter très cher au final. Et à ce jeu, il convient d’être clairvoyant ! La mention hybride rechargeable ne garantit pas que l’on achète un véhicule vertueux ! Ainsi quand elle cohabite avec la technologie diesel. La bascule peut vite arriver. Même la filière GPL, mise à mal par de nombreuses contraintes supplémentaires ces dernières années, aussi bien sur les professionnels du ravitaillement que sur les automobilistes, semble susciter à nouveau l’intérêt. Quant aux poids lourds, qu’ils soient conçus pour le transport des marchandises ou des personnes, le mariage avec le gazole devrait être moins évident et systématique. Les engins alimentés au GNV ont été testés avec succès, et quelques flottes importantes sont déjà en cours de migration. Ainsi chez Casino, où 400 camions exploitant ce gaz vont être mis en service en deux temps : la moitié en 2017, l’autre en 2020.

Du diesel à l’électrique

Dans la tête de Ségolène Royal, comme dans celle de nombre d’électromobiliens qui ont déjà lâché la voiture thermique pour la plupart de leurs trajets, les VE, à batteries mais aussi à pile à combustible hydrogène, répondront aux problèmes posés sur l’environnement et la santé publique par les émissions à l’échappement, et donc aux différentes interdictions de circulation, restrictions d’accès, et pertes financières à la revente de modèles qui seront de plus en plus pointés du doigt. Une solution parmi d’autres, puisque nous sommes en train de vivre en quelque sorte une véritable révolution de la mobilité, accompagnée d’une palette de plus en plus larges de moyens de se mouvoir. On y retrouve les transports en commun également en pleine mutation (téléphérique, trolleybus, tram), la marche, le covoiturage, l’autopartage, et la pratique d’une foule de petits engins très divers, motorisés ou non.

Acheter un diesel aujourd’hui

Continuer aujourd’hui, avec tous les signaux qui annoncent leur mort, en tout cas avec leur technologie actuelle, à acheter des voitures diesel, c’est prendre une décision insensée qui pourra se payer en pertes financières importantes à la revente et en restrictions d’autonomie. Un comble, quand on se rappelle la raison pour laquelle la mobilité individuelle est majoritairement choisie : la liberté de mouvement ; et celle pour laquelle la technologie diesel est préférée : faire des économies !

partager cette actualité sur :

Commentaires

Laisser un commentaire

Veuillez noter s'il vous plaît

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rejoindre le réseau AVEM

Vidéos

Toutes les vidéos
Newsletter