Mot de passe oublié | Adhérer
Votre mail Votre mot de passe  
 



Posté le 04/12/2020 à 06:00 par Philippe Schwoerer - Lu 1866 fois - 4 commentaires


Aider ou pas l’hybride rechargeable : L’avis d’un utilisateur expert


La publication par l’ONG Transport & Environnement d’une étude à charge contre les véhicules hybrides rechargeables n’en finit pas de faire des remous. Utilisateur d’un des modèles pointés, Dominique Deslandes nous livre son avis sur la question après 5 ans d’utilisation d’un Mitsubishi Outlander PHEV. Pour lui, l’organisme n’a pas forcément tout faux.

Les 2 litres WLTP

Depuis l’achat du SUV japonais, Dominique Deslandes, très investi dans différents domaines touchant à la nature et à l’écologie, note scrupuleusement différentes données concernant son utilisation de l’engin. De quoi constater les progrès réalisés au fil du temps. Dans les 3 premières années, il est passé d’une consommation d’essence moyenne annuelle de 5,25 à 3,47 litres aux 100 kilomètres. Alors, les fameux 2 litres WTLP que le constructeur est autorisé à afficher : réaliste ou pas ? « Oui, bien sûr, c’est possible, dans des conditions particulières. Par exemple en effectuant un maximum de recharges, et en ne prenant pas en compte l’électricité consommée. Ca m’arrive de parvenir à une telle performance sur des déplacements plus ou moins longs. Pour 3.600 kilomètres, par exemple, il faut être prêt à réaliser une centaine de recharges », illustre-t-il. « Pour moi, le cycle mixte WLTP spécifique aux hybrides rechargeables, c’est vraiment n’importe quoi. Les critiques sur ce sujet sont justifiées », juge-t-il.

Surconsommations en mode recharge

Notre interlocuteur n’apprécie cependant pas les déductions rapides de la part de personnes qui ne connaissent pas vraiment les véhicules hybrides rechargeables ni la manière de les utiliser. « Il a été annoncé des consommations d’essence et des émissions de CO2 spectaculaires avec le mode recharge enclenché. Pour des relevés instantanés, oui, mais indique-t-on de telles valeurs pour des modèles thermiques dans les circonstances les plus défavorables ? », interroge-t-il. « J’effectue régulièrement des déplacements de plusieurs centaines de kilomètres avec mon Outlander, en empruntant l’autoroute. Je roule en hybride jusqu’au péage où j’arrive avec la batterie en grande partie vidée. Je force la recharge sur les 300 kilomètres d’autoroute. A la sortie, la batterie est régénérée au maximum possible sans surconsommation notable. Je peux ensuite rejoindre ma destination en mode hybride ou électrique », témoigne Dominique Deslandes qui n’hésite pas à atteler à son Mitsubishi une remorque plateau avec une petite voiture de type Jeep, Fiat 500 ou Citroën C1. « J’ai le permis B96 qui me permet de circuler ainsi, avec un poids total de l’ordre de 3,8 tonnes », souligne-t-il.



Profil de l’utilisateur d’un hybride rechargeable

« J’ai pris l’habitude de regrouper mes déplacements afin d’optimiser le fonctionnement en mode électrique. J’effectue des sorties relativement courtes autour de chez moi. Et très régulièrement je dois me rendre à 30 ou 40 kilomètres pour des raisons personnelles. Le trajet est effectué en mode VE uniquement, aussi bien à l’aller, qu’au retour puisque la batterie de mon Outlander est rechargée entre les 2 trajets », explique l’éleveur d’abeilles. C’est finalement un cas assez similaire à un salarié qui doit se rendre à son travail quotidiennement à 30, 40, 50 km de chez lui et qui peut recharger sur le parking de son entreprise. « Oui, bien sûr ! Et même si son bureau est à 60 ou 70 km, ce n’est pas grave, puisque le moteur thermique prendra le relais et qu’au final la consommation et les émissions seront peu importantes. Les 2 litres aux 1000 km, dans ces conditions, sont tenables », répond-il. « Et quand il devra aller plus loin, il ne sera pas gêné par l’absence de bornes de recharge ou leur défaillance », ajoute-t-il.

Aides aux particuliers…

« Je tiens à rapporter un problème qui touche particulièrement l’utilisation en mode VE des hybrides rechargeables, c’est l’augmentation des prix avec les bornes publiques. Les tarifs ne sont d’ailleurs pas toujours indiqués », déplore Dominique Deslandes. C’est particulièrement pesant lorsqu’un montant forfaitaire - par exemple 1 euro - est appliqué en plus d’une facturation au kilowattheure. La part fixe serait de 100 euros pour les 3.600 km du parcours type vu plus haut, soit quasi 3 euros pour 100 km, sans compter l’énergie délivrée. « Plutôt que des aides à l’achat, il faudrait faciliter la recharge des hybrides rechargeables. Ainsi en allouant l’enveloppe du bonus et de la prime à la conversion à l’installation de systèmes de recharge chez soi et en copropriétés, mais aussi pour compléter le maillage public », réfléchit-il. « Il faut absolument résoudre ce problème de galère des recharges. Multiplier les bornes à un tarif d’utilisation attractif. Le coût d’achat est une chose, le coût d’usage en est une autre. N’oublions pas que le diesel doit son succès uniquement à la défiscalisation du gazole », compare-t-il.

…et aux entreprises

« Pour moi, les aides au développement des hybrides rechargeables sont justifiées, mais difficiles à contrôler chez les particuliers. C’est bon pour ceux qui jouent le jeu, car la réduction des consommations et des émissions de CO2 et polluants est bien là. Pour les autres, ça ne sert à rien d’avoir une voiture comme ça », se positionne notre interlocuteur. « Dans le cas des professionnels, il faudrait imposer une carte énergie comme la GR de Total et conditionner les exonérations fiscales à la bonne utilisation du véhicule, une surveillance étant possible grâce à cet abonnement », suggère-t-il.



Conseils aux automobilistes

« Il faut expliquer aux automobilistes comment fonctionne les hybrides rechargeables. J’ai d’ailleurs proposé de le faire à la concession Mitsubishi de mon secteur, près de Meaux, en Seine-et-Marne. J’ai réalisé des documents pour cela. Une prise en main est impérative », met en avant Dominique Deslandes. Quels seraient les 3 conseils que vous donneriez à un nouvel utilisateur de ces véhicules ? « Recharger la batterie le plus souvent possible pour exploiter au mieux le mode électrique, rouler au maximum en éco-conduite, et choisir les itinéraires les moins énergivores », conclut-il.

L’Avem et moi-même remercions chaleureusement Dominique Deslandes pour son témoignage, ses conseils, et avoir répondu favorablement et immédiatement à notre sollicitation.



Pour plus d'information

M Motors Automobiles France
Service Relation Clientèle
Parc d'Activités des Béthunes
1 avenue du Fief - CS 60006 Saint-Ouen l'Aumone
95067 CERGY PONTOISE CEDEX

Tel : 01.34.35.84.85 ou 01.34.34.84.90
Mail : relation_clientele@mitsubishi-motors.fr
Site : http://www.mitsubishi-motors.fr

M Motors Automobiles France est adhérent de l'AVEM et soutient nos actions.
Accéder à la fiche adhérent de M Motors Automobiles France


Mots clés : hybride rechargeable | Mitsubishi | Outlander | PHEV | Dominique Deslandes | véhicule | voiture
Catégories : Voiture hybride rechargeable |

Commentaires

Posté le 04-12-2020 à 11:15:00 par ActiVE

Quoi que l’on en dise l’hybride est dépassé !!!
Les contrainte pour être efficient sont plus importantes que l’usage d’un VE 100% électrique !! et les cou^t d’investissement similaire.
Les expériences de certains utilisateurs en voyant les nouvelles versions électriques à grande autonomie, ces possesseurs d’hybrides (PHEV) avouent que !!!

Le prix très élevé de ces voitures hybrides engendre néanmoins une dépense très importante de carburants.
l’hybridation d’un véhicule thermique augmente nettement la complexité donc la fiabilité. En multipliant les pièces il n’y a pas de secret.
L’entretien général du véhicule nécessite l’intervention de spécialistes, celui du moteur conserve les coûts classiques d’une pétrolette sans les avantages liés à celui électrique.
L’usager reste sur sa faim, apprécie le silence de l’électrique mais manque de puissance et d’autonomie.
La revente de ces voitures hybrides est difficile par rapport aux nouvelles occasions de VE avec des autonomies bien au-delà de 300 km
Les testes WLTP sont faussés plus d’info sur ce lien
Alerte ! certaines hybrides vont faire face à une interdiction

Posté le 04-12-2020 à 15:17:34 par Marlot

J’ai lu récemment que 55 % des conducteurs de PHEV les rechargeaient à peine une fois par mois.

Le problème, semble-t-il, tient au fait qu’on ne voit pas comment obliger les conducteurs de PHEV à recharger leur batterie chaque fois que c’est possible.

Pourtant la solution existe.
Il suffit d’obliger les constructeurs de PHEV à les équiper d’une carte SIM grâce à laquelle des données du véhicule sont collectées et centralisées sur un ordinateur central.
Ce système existe depuis 2012 sur les Tesla Model S ; c’est ainsi que, pour chaque voiture Tesla (sauf les Roadsters), cet ordinateur sait quand le conducteur roule en Autopilot ou pas.
Tous les kilomètres parcourus en Autopilot sont comptabilisés, ainsi que les autres kilomètres parcourus sans Autopilot, ce qui permet à Tesla d’écrire :
"In the 3rd quarter (2020), we registered one accident for every 4.59 million miles driven in which drivers had Autopilot engaged. For those driving without Autopilot but with our active safety features, we registered one accident for every 2.42 million miles driven. For those driving without Autopilot and without our active safety features, we registered one accident for every 1.79 million miles driven. By comparison, NHTSA’s most recent data shows that in the United States there is an automobile crash every 479,000 miles." Voir https://www.tesla.com/VehicleSafetyReport

On peut imaginer que sur les PHEV, on pourrait comptabiliser le nombre de kilomètres parcourus en mode électrique pur et ceux parcourus avec assistance du moteur thermique.
1 ou 2 mois après la fin de chaque trimestre, le conducteur pourrait télécharger sur le site du constructeur un ticket montrant le pourcentage de kilomètres parcourus en mode électrique pur par rapport au nombre total de kilomètres parcourus.
Étant entendu que toutes les aides octroyées lors de l’achat d’un PHEV seraient supprimées, le conducteur pourrait obtenir une réduction d’impôt calculée en fonction du pourcentage attesté sur ce ticket.

Ainsi les subsides aux PHEV seraient justifiés et coûteraient moins cher à l’État, ne serait-ce que par le fait que des conducteurs oublieraient de télécharger les tickets évoqués ci-dessus.

Posté le 10-12-2020 à 13:42:10 par JP02

Non je ne crois pas que l’hybride soit dépassé, je viens de prendre livraison de ma captur qui remplace 2 véhicules 1 C0 et une clio
la C0 était utilisée pour les petits déplacements c’est à dire 80% de ceux-ci
la Captur en mode E-Pure : 100% électrique remplit cette tâche
nous n’avions plus les moyens de payer 2 assurances et la clio s’abimait dehors à ne pas rouler.
le prix de la recharge sur borne et leur disponibilité nous a bloqué pour acheter une 100% électrique. chez nous la recharge c’est peanuts.
le prix d’un câble de recharge sur borne= 3 ans d’électricité pour la captur

Posté le 10-12-2020 à 14:45:10 par robby

@Active
d accord avec toi que c est une usine à gaz mais cela ne veut pas dire forcément une baisse de fiabilité. mon outlander est vraiment fiable, le moteur thermique est peu sollicité.
c est clairement une étape et il faut vite passer au VE quand on aura des bornes digne de ce nom sur l autoroute … pour les non Tesla.. et des prix abordables. on y arrive avec les nouvelles techno de batteries qui arrivent bientôt. regardez les dernieres batteries dévelopées par Tesla en chine qui acceptent une charge presque perpétuelle de 100%.



Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo

Mail

Votre commentaire

Je souhaite recevoir une notification par mail si d'autres internautes commentent cette actu
Copiez ce code avant de valider le formulaire (anti-spam)



Newsletter de l'AVEM Notre lettre d'information hebdomadaire

Alertes quotidiennes par mail

S'abonner au flux RSS actualités
Rejoindre le réseau AVEM Devenez adhérent de l'association
Constructeurs, importateurs, distributeurs, collectivités, écoles, entreprises ou particuliers, rejoignez dès à présent le réseau d'adhérents de l'association et bénéficiez des nombreux avantages accordés à nos membres...

Découvrir les avantages adhérent AVEM

Formulaire de demande d'adhésion

A lire également / sur le même thème Une pelle hydraulique électrique Komatsu de classe moyenne pour 2023
Spécialisée dans la conversion à l’électrique de véhicules de transports en commun, la société américaine Proterra va permettre au spécialiste japonais des engins de...
A Contresens : La vérité sur les voitures électriques diffusée sur Tipik
Entre l’émission jeu Stress en cuisine, et la comédie Le doudou avec Kad Merad et Guy Marchand, la chaîne de télévision belge Tipik diffuse ce mardi 26 janvier 2021 à...
Shell veut s’offrir le spécialiste de la recharge sur lampadaire Ubitricity
Pour l’instant, le protocole d’accord signé entre les 2 entreprises est encore soumis à l’aval des autorités compétentes. Mais le pétrolier énergéticien espère pouvoir...
Véhicules branchés : Bonus majoré de 1.000 euros pour les outre-mer
Entré en vigueur mercredi 20 janvier 2021, le décret n°2021-37 relatif aux aides à l’acquisition ou à la location de véhicules peu polluants indique un bonus relevé de...
La future Renault 5 électrique sera construite en France à Douai
Intégrée au plan stratégique Renaulution présenté il y a quelques jours par Luca de Meo à la tête du Losange, la nouvelle R5 électrique a immédiatement déchaîné les...
 
 

Actualités

Vidéos

Catalogue véhicules électriques et hybrides

Revendeurs véhicules électriques

Petites annonces véhicule électriques

Thématiques

L'association AVEM

Agenda du transport électrique

Liens

Contact